Financement de la recherche - Les trois fonds québécois conserveront leur autonomie

La communauté des chercheurs est soulagée. Les trois fonds qui assurent le financement de la recherche au Québec ne seront pas fusionnés, tel que le prévoyait à l'origine le projet de loi no 130. Même s'ils sont désormais chapeautés par un scientifique en chef nommé par le gouvernement, ils conserveront leur intégrité et leur autonomie. Une ombre au tableau toutefois: l'abolition du Conseil de la science et de la technologie (CST) a été confirmée.

L'appellation des trois fonds sera légèrement modifiée, mais «la nouvelle désignation des Fonds n'apporte aucun changement de personnalité aux Fonds. Ces Fonds continuent leurs activités sous leur nouveau nom, sans autre formalité», lit-on dans l'amendement au projet de loi no 130 qui a été adopté cette semaine en commission parlementaire.

Le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ), le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) et le Fonds québécois de la recherche sur la nature et la technologie (FQRNT) conserveront chacun leur conseil d'administration respectif, qui sera toutefois présidé par le même scientifique en chef. Ce dernier «conseillera le ministre en matière de développement de la recherche et de la science», il devra «assurer le rayonnement de la recherche québécoise aux plans canadien et international» et la «coordination des activités de recherche intersectorielles». Il sera également «chargé de l'administration des ressources humaines, matérielles, financières et informationnelles des trois Fonds». Il veillera au «regroupement et à l'intégration des activités administratives des trois Fonds». Bien que les fonds fonctionneront de façon autonome, ils devront en effet mettre en commun leurs services administratifs, informatiques et de gestion du personnel.

Abolition du CST

L'abolition du Conseil de la science et de la technologie (CST) a également été confirmée en commission parlementaire. Aux dires de la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, le CST sera remplacé par «un comité stratégique en science et innovation qui exercera un rôle similaire». Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de Conseil du trésor, de fonction publique et de services gouvernementaux, Sylvain Simard, a toutefois fait remarquer que le CST avait «la qualité d'être indépendant, alors que le comité qui lui succédera n'aura pas cette distance institutionnelle». Ce sera donc «un recul, car le nouveau comité se retrouvera dans le périmètre ministériel. L'abolition du CST ne présente aucun progrès de gouvernance, aucune avancée démocratique», contrairement à ce que permettent des conseils extérieurs et autonomes comme le CST. «On devra instituer une nouvelle commission de l'éthique qui relèvera directement du ministre. Là encore, il y a une possibilité que le ministre exerce son influence», a fait remarquer M. Simard.

À voir en vidéo