La sociabilité a son coin de cerveau

Sur une terrasse, quelques Montréalais sont seuls à leur table. Une nouvelle étude montre que le volume de l’amygdale des hommes et des femmes est proportionnel à la taille et à la complexité de ses réseaux sociaux. <br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Sur une terrasse, quelques Montréalais sont seuls à leur table. Une nouvelle étude montre que le volume de l’amygdale des hommes et des femmes est proportionnel à la taille et à la complexité de ses réseaux sociaux.

Le degré de sociabilité de chaque humain serait inscrit dans son cerveau, révèle une nouvelle étude, qui montre que l'amygdale, structure du lobe temporal du cerveau, est de taille supérieure chez les individus ayant une vie sociale riche et variée.

Pour en arriver à une telle conclusion, l'équipe de chercheurs états-uniens a demandé à 58 hommes et femmes âgés de 19 à 83 ans de fournir un portrait de l'étendue de leurs réseaux sociaux en remplissant un questionnaire permettant de comptabiliser le nombre de relations régulières qu'ils entretenaient et le nombre de groupes sociaux différents auxquels appartenaient leurs contacts. Les participants ont ensuite subi une imagerie par résonance magnétique dans le but de recueillir des détails sur la structure des diverses structures clés de leur cerveau.

Il est ainsi apparu que le volume de l'amygdale était proportionnel à la taille et à la complexité des réseaux sociaux des différents participants. Cette corrélation positive entre d'une part la grosseur de l'amygdale et d'autre part l'abondance et la complexité des réseaux sociaux était présente tant chez les hommes que chez les femmes, et ce, peu importe leur âge.

La taille de l'amygdale n'était toutefois pas reliée à d'autres variables de la vie sociale des individus, telles que la satisfaction sociale. Et cette structure du système limbique, qui intervient dans la gestion des émotions, était la seule région du cerveau à présenter une association claire avec la sociabilité. «Cette découverte s'apparente à ce qui avait déjà été observé chez d'autres espèces de primates grégaires qui forment de grands groupes sociaux», a souligné la chercheuse Lisa Feldman Barrett, du Massachusetts General Hospital Psychiatric Neuroimaging Research Program, qui a dirigé l'étude, dont les résultats sont publiés dans la dernière édition de Nature Neuroscience.

Les chercheurs tentent maintenant de comprendre comment des anomalies de cette région du cerveau peuvent entraver le comportement social des personnes atteintes de certaines maladies neurologiques et psychiatriques.
4 commentaires
  • Jacques Morissette - Inscrit 28 décembre 2010 10 h 04

    Sociabilité: Je vais poser une question simple.

    Lequel des deux est le plus sociable?
    1. Une personne seule assis à une table de terrasse en train de boire une bière fraîche en se disant que la journée est vraiment magnifique.
    2. Nous sommes dans un party d'entreprise et des dirigeants ensemble, et qui s'aiment beaucoup, sont en train de manigancer pour soit donner ou recevoir une enveloppe brune?

  • Frédéric Chiasson - Inscrit 28 décembre 2010 10 h 30

    Précisions

    Est-ce que l'étude mentionne le caractère «inné» ou «acquis» de la grosseur de l'amygdale, soit si une amygdale plus grosse favorise une plus grande sociabilité, ou si au contraire une plus grande sociabilité développe l'amygdale ?

  • Jacques Morissette - Inscrit 28 décembre 2010 10 h 58

    Sociabilité innée?

    Une naissance, ce n'est pas la fin de quelque chose, c'est le début d'un potentiel qui dort. D'autre part, d'un point de vue neuro-anatomique, la grosseur de l'amygdale associée à la sociabilité est très réducteur.

    Je vais simplifier! L'acquis et un arbre psycho-affectif qui pousse ensemble avec les autres et plus droit est mieux qu'un arbre psycho-affectif qui pousse tout seul (individualisme) et tout croche. Et la sociabilité acquise est reliée au psycho-affectif.

  • Jacques Morissette - Inscrit 28 décembre 2010 17 h 34

    Sociabilité : individu dans le groupe.

    Supposons un groupe qui pense que volez une banque, ce serait une bonne affaire. Et que dans ce groupe, il y en a un qui dit: "Non, ce ne serait pas bien!" Par rapport à ce groupe qui veut voler une banque, celui qui refuse de la faire est aussi un peu asocial par rapport à ce groupe.

    Donc, sociabilité, c'est surtout par rapport à un groupe donné et à la représentation de ses valeurs. Vous, que feriez-vous dans ce groupe? Un voleur très social ou celui qui s'en abstient au détriment du groupe? Donc, entre en jeu aussi la notion d'obéissance à la personne dans le groupe.