Des activistes québécois prennent la défense de Wikileaks

Cyberguerre au nom de la liberté d'expression. Près de 200 activistes québécois auraient pris part dans les derniers jours aux attaques informatiques lancées contre les détracteurs du site de coulage d'information Wikileaks et son créateur, Julian Assange. C'est du moins ce qu'a indiqué hier au Devoir un de ces pirates informatiques engagés, membre d'un groupe international baptisé Anonymous.

«Anonymous est préoccupé par la liberté d'expression, résume Philippe (prénom fictif). Notre militantisme vise à dénoncer les entraves à cette liberté et les cas de censure dont Wikileaks est victime actuellement.»

Cette semaine, les sites Web de PayPal, de Visa, de MasterCard, pour avoir bloqué l'accès à des sources de financement pour Wikileaks, tout comme le site du gouvernement suédois qui a mené Assange devant les tribunaux, ont été dans la ligne de mire des Anonymous, qui agissent à travers le monde comme des cellules dormantes prêtes à se réveiller pour leur cause.

«Nous agissons sur une base individuelle, dit Philippe, qui déplore que les Anonymous aient été présentés jusqu'à maintenant dans plusieurs médias comme une armée à la solde du fondateur de Wikileaks. Ce n'est pas le cas. Nous ne sommes au service de personne.»

Par le passé, ce groupe d'«hacktivistes» s'est fait remarquer pour des attaques informatiques lancées contre l'Église de scientologie ou encore contre le réseau de télévision ultra-conservateur Fox News. Chaque fois, les Anonymous ont planifié leurs coups par l'entremise d'un programme libre de coordination de cyberattaque appelé LOIC (pour Low Orbit Cannon), que n'importe quel internaute peut installer volontairement dans son ordinateur pour augmenter la force de frappe des Anonymous. Cette méthode est jugée plus «propre» que les attaques organisées par «botnet», une technique qui consiste à prendre le contrôle d'un ordinateur à l'insu de son propriétaire pour attaquer un site Web.

Toutefois, peu importe la technique utilisée, l'attaque de sites Internet, au nom de la liberté d'expression ou pas, reste une activité illégale et punie par la loi au Canada.