L'INRS en fête - La recherche scientifique a depuis 40 ans son institut

Malgré sa petite taille, l’INRS, constituante de l’Université du Québec, se situe dans le peloton de tête des universités canadiennes quant à son intensité de recherche. <br />
Photo: Marie-Hélène Tremblay - Le Devoir Malgré sa petite taille, l’INRS, constituante de l’Université du Québec, se situe dans le peloton de tête des universités canadiennes quant à son intensité de recherche.

Les enjeux déterminants du développement social, économique et culturel sont au cœur de la mission de l'Institut national de recherche scientifique. Et ce, depuis 40 ans.

Quatre décennies de recherche fondamentale et appliquée, d'innovation à la fine pointe de la technologie et de formation universitaire de haut calibre: telle est la contribution de l'Institut national de recherche scientifique (INRS) au développement de la société québécoise. Avec ses quatre centres de recherche situés à Québec et dans la grande région de Montréal, l'organisme se distingue par une imbrication de ses axes de recherche dans un contexte de recherche-action et de partenariat avec l'industrie et les gouvernements.

«Depuis sa création, la dimension multidisciplinaire était importante pour l'INRS, souligne son nouveau directeur scientifique, Alain Fournier. Elle permet un arrimage très intéressant des différents secteurs de recherche.» Cela se traduit par le regroupement de ses équipes scientifiques au sein de quatre centres stratégiques, soit Eau Terre Environnement, Énergie Matériaux Télécommunications, Urbanisation Culture Société, ainsi que Santé humaine, animale et environnementale (INRS-Institut Armand-Frappier).

Chacun de ces centres est composé de plusieurs disciplines, tel l'Institut Armand-Frappier, qui étudie les maladies infectieuses, l'immunologie, la toxicologie, la biologie de l'environnement et la pharmacochimie moléculaire.

Reconnaissance et collaboration

Malgré sa petite taille, l'INRS, constituante de l'Université du Québec, se situe dans le peloton de tête des universités canadiennes quant à son intensité de recherche. «Bon an, mal an, on se retrouve entre la première et la troisième place en ce qui concerne l'octroi de subventions, ce qui démontre l'excellente performance de nos équipes de recherche», soutient M. Fournier. La qualité de la recherche à l'institut se manifeste aussi par la reconnaissance du travail de son corps professoral. À titre d'exemple, l'International Water Association a décerné, le 22 septembre dernier, son prestigieux prix au professeur-chercheur Rajeshwar Dayal Tyagi, du Centre Eau Terre Environnement, pour ses travaux sur la valorisation des boues d'épuration et des eaux usées par la bioconversion.

La collaboration entre l'INRS et différents projets et établissements est un autre indicateur de sa vitalité au sein du milieu scientifique. Notamment, le partenariat entre le Centre Énergie Matériaux Télécommunications et le projet Advanced Laser Light Source (ALLS) en est un d'envergure. Basée à Varennes, cette infrastructure laser regroupe des chercheurs provenant du Québec, du Canada et de plusieurs organisations internationales et leur permet de manipuler la matière à volonté et de sonder optiquement sa dynamique. ALLS donne également l'occasion d'établir des liens directs entre des unités de recherche de divers pays ainsi qu'entre différentes disciplines, telles que la chimie, la médecine, la physique, l'ingénierie, la biologie et l'informatique.

En santé

L'INRS-Institut Armand-Frappier, quant à lui, gère depuis 2001 l'un des laboratoires de l'Agence mondiale antidopage (AMA), le deuxième en importance au monde et le seul en sol canadien que reconnaît le Comité international olympique. Grâce à son expertise, notamment en développement des méthodes et en détection et identification d'agents dopants, il a permis aux Jeux olympiques de 2010 à Vancouver de bénéficier d'un laboratoire satellite pour réaliser des analyses hautement sophistiquées.

Le Réseau international des Instituts Pasteur a aussi fait une place à l'INRS-Institut Armand-Frappier en 2005. C'est le seul institut en Amérique du Nord qui s'est joint à ce réseau, dont l'objectif est de lutter contre les maladies infectieuses à l'échelle mondiale.

Étudiants partenaires

Autre élément spécifique de l'INRS: seuls les étudiants de deuxième ou troisième cycles y sont admissibles. «Cet aspect nous différencie des autres universités et vient appuyer notre mission, qui consiste à former de futurs chercheurs hautement qualifiés», s'enorgueillit M. Fournier.

Depuis la fondation de l'INRS, ce sont ainsi au-delà de 2000 diplômés qui y ont développé leurs compétences de recherche. Certains cen-tres, tel qu'Urbanisation Culture Société, comptent relativement peu de diplômés, s'étant adonnés principalement à la recherche plutôt qu'à la formation. Cette année, ce sont 640 étudiants qui sont inscrits aux programmes de maîtrise, de doctorat et de stage postdoctoral.

Avec ses 160 professeurs-chercheurs, le ratio maître-étudiant devient un atout majeur. «Il est entendu qu'à l'INRS le lien entre le personnel enseignant et l'étudiant est privilégié. Dans leur travail de recherche quotidien, nos professionnels considèrent leurs étudiants comme des partenaires», ajoute le directeur scientifique. Par ailleurs, les professeurs-chercheurs consacrent leur temps exclusivement à l'INRS et favorisent par le fait même un meilleur encadrement de leurs apprentis.

Le principal défi qu'Alain Fournier compte relever consiste à pousser encore plus loin le caractère transversal des activités scientifiques au sein de l'INRS. «Pendant mon mandat, je souhaite exploiter au maximum les possibilités de collaboration, d'en arriver à un arrimage très serré des sujets de recherche. Donner un coup de pouce à la démarche thématique est la base même de ma pensée.»

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Collaboratrice du Devoir