Réseau ACTION TI - L'avenir de l'économie passe en grande partie par le numérique

Le Réseau ACTION TI valorise et mobilise les différents acteurs du secteur des technologies de l'information au Québec. Cette industrie est composée de personnes qui font preuve d'une créativité remarquable. À court terme, elle devra attirer les jeunes pour prendre la relève d'une main-d'œuvre compétente et maintenir son rythme de croissance dans un monde où «l'avenir de l'économie est numérique», assure Patrice-Guy Martin, président-directeur général de ce regroupement.

Le Réseau ACTION TI compte dans ses rangs environ 2500 membres et rejoint quel-que 10 000 personnes d'influence ou dirigeants du monde des TI: «Ce sont des gens qui participent à nos événements, qui assistent à nos activités, qui ne sont pas nécessairement membres mais qui se situent en périphérie de l'association comme telle.» Le Réseau entend valoriser l'industrie: «Le concours des Octas en est un exemple: il s'agit de mettre en valeur des projets et des développements informatiques significatifs pour celle-ci, pour l'économie et pour la société québécoise.»

Il fournit un exemple récent: «Le cas de la société De Marque (Octas de l'excellence) en est un bon dans ce sens-là, parce que cette entreprise solide est en train de se tailler une place dans un marché en émergence, qui est celui du livre numérique.» Il ajoute: «C'est intéressant de mettre en évidence celle-ci et de montrer aux jeunes le genre de travail qu'on peut accomplir avec les technologies; de la sorte, on peut les attirer dans des métiers, dans des professions qui contribuent à l'avenir du Québec.»

Le Réseau s'applique aussi à la mobilisation des ressources: «On regroupe les gens et on favorise les échanges et la transmission du savoir entre eux. On les mobilise par la reconnaissance de la profession; par exemple, on gère des titres professionnels et on reconnaît de la sorte que les personnes portant ces titres-là possèdent un certain profil, suivent un code d'éthique professionnel, s'adonnent à de bonnes pratiques d'affaires, etc.» À l'heure actuelle, il est largement question d'un Québec et d'un Canada numériques, et le Réseau mobilise ses adhérents dans cette direction politique en voie d'élaboration: «Les ministères consultent la population et les groupes de pression pour savoir ce que doit contenir une politique de soutien au développement de l'industrie. C'est le genre de dossier dans lequel on peut prendre une position et on peut consulter le large groupe de 10 000 personnes dont je parlais un peu plus tôt pour y arriver. Il est possible d'aller chercher leur opinion, de devenir un porte-parole de notre milieu, de faire valoir son point de vue et d'influencer le cours des choses sur le plan politique.»

L'invention et la réserve

En s'appuyant sur son expérience d'une vingtaine d'années dans l'univers des TI, Patrice-Guy Martin dégage une des forces majeures de l'industrie: «Je dirais que c'est la créativité.» Dans un marché relativement petit par rapport à celui d'un géant comme les États-Unis, cette affirmation prend ce sens: «Dans un tel cas, c'est justement de pouvoir être plus flexible, plus créatif, de faire preuve d'entrepreneuriat en trouvant la bonne solution et en la développant rapidement tout en la rendant disponible; on voit cela sur le plan du jeu et de toutes sortes de manières. Les ressources québécoises sont absolument créatives, et c'est un talent qu'on a qui ne se retrouve pas nécessairement autant concentré ailleurs.»

Il en veut pour preuve le témoignage du président d'honneur du concours des Octas, Robert Proulx, ex-dirigeant des systèmes d'information de Bombardier: «Il mentionnait, après avoir dirigé des informaticiens partout à travers le monde, qu'ils sont tous compétents. Pour leur part, ce qui fait la différence, c'est que les informaticiens au Québec sont créatifs et capables de s'adapter à l'autre; on doit souvent travailler dans des équipes multidisciplinaires, et il semble que ce soit une qualité de ceux-ci d'évoluer dans un tel environnement, ce qui résulte en des projets fort intéressants.»

Il émet cette réserve en présence de telles performances: «Le défaut des Québécois, c'est d'avoir presque honte de leurs succès. Apparemment, nous n'avons pas ce réflexe ou cette culture d'être fiers de nos réalisations et de les valoriser.» Il s'inquiète de plus, dans le registre des limites de l'industrie, de la pénurie de main-d'oeuvre compétente à laquelle cette dernière pourrait faire face à court terme, soit à compter de 2012. Dans cette perspective, le Réseau Action TI multiplie les efforts auprès des jeunes pour les attirer vers ce secteur prometteur: «C'est un message qu'on a transmis au gala des Octas. On est fier des entreprises gagnantes et de leurs projets; on leur demande justement d'afficher cette fierté dans leur environnement et d'en faire la démonstration pour peut-être attirer des jeunes vers l'industrie.»

Des lendemains reluisants

Les TI sont bien loin d'atteindre un point limite dans leur progression constante et fulgurante, croit Patrice-Guy Martin, dont la phrase fétiche refait surface: «L'avenir de l'économie est numérique. Encore une fois, on le voit avec le livre, avec Internet et avec tous les outils intelligents; bientôt, on ne regardera plus sa télé de façon traditionnelle parce qu'elle passera par la Grande Toile. Toutes ces mutations, toutes ces évolutions nous obligent à développer des technologies de plus en plus performantes.»

Les environnements de travail ne sont plus les mêmes: «Ils sont éclatés et cela met une pression sur les technologies qui doivent performer davantage. Il en va de même pour les réseaux; on fait tout par Internet. Donc, je ne vois pas à court terme comment il pourrait y avoir un ralentissement des TI, car l'utilisation de celles-ci est en train de devenir courante dans à peu près tous les domaines. Voilà pourquoi on a besoin de ressources.»

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Collaborateur du Devoir