La recherche a elle aussi un agenda

Normand Thériault Collaboration spéciale
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Plus d'un et d'une a déjà inscrit des dates à son agenda. Pour Lyon, ce sera du 19 au 25 novembre, et pour Montréal, une double inscription: du 10 au 14 mai et du 28 mai au 4 juin. Que recouvrent ces dates? De grandes rencontres où le savoir s'affiche, que ce soit aux Entretiens Jacques-Cartier, au congrès de l'Acfas ou à celui de la Fédération des sciences humaines du Canada. Quand les universitaires et les chercheurs s'exposent sur la place publique.

Qui s'est déjà rendu à Lyon en une fin de novembre et s'est donné pour mandat de «trouver» les sites que les Entretiens Jacques-Cartier envahissent sait qu'il aura de la route à faire. Car là, combien d'universités, de grandes écoles ou de lieux de culture sont mis à contribution? Et les colloques se déroulent, entre autres lieux, au Conseil général, à l'École nationale vétérinaire, à l'Université catholique, à Jean-Moulin, à l'Insa, à Claude-Bernard, à Centrale, à Normale supérieure, à l'Opéra, voire à Saint-Étienne, Chambéry ou Grenoble.

Et qui y sera cette année, du 19 au 25 novembre, sait qu'il aura à se confronter à une panoplie de sujets. Si, pour poursuivre leur réflexion annuelle, les recteurs, présidents et directeurs de grande école discourront sur le modèle québécois, français et canadien à propos d'innovation et de valorisation de la recherche, il restera encore beaucoup de thèmes à aborder et à développer.

Car il y a plus: technologie de la santé (Université Claude-Bernard), économie solidaire (IEP de Grenoble), nouveaux investisseurs (Chambre de commerce et d'industrie), diversité culturelle (EM Lyon Business School), design (Cité du design), Arctique (Conseil régional), changements climatiques (École nationale supérieure). Liste partielle, car en tout ce sont 22 colloques qui prendront l'affiche et dont les intervenants proviennent de part en part de l'Atlantique, comme de l'Asie et d'ailleurs. En fait, comme l'a déjà dit Pierre-Marc Johnson, le président du Centre Jacques Cartier, «on vise des Entretiens qui touchent le monde francophone, avec l'Asie, l'Amérique latine et l'Afrique». Et les experts prennent place aux tables: exposés techniques et échanges thématiques ont ainsi droit de cité.

De l'Acfas aux sciences humaines

Mais s'il est question de recherche et de la transmission de ses résultats, en cette année 2010 Montréal ne sera pas en reste. Deux grands congrès s'y dérouleront ainsi en succession.

Si Lyon accueille les 23es Entretiens, c'est à l'Université de Montréal et à l'École polytechnique que, pour une 78e fois, l'Acfas, l'Association francophone pour le savoir, convie les chercheurs du monde des études supérieures au plus grand rassemblement francophone, où les sciences et les arts sont conviés pour cinq jours de communications: les sciences pures, certes, mais aussi les sciences humaines, les lettres, les sciences sociales ou l'éducation sont autant de domaines que le thème retenu, «Découvrir aujourd'hui ce que sera demain», tente de rassembler. Et, cette année, comme il est maintenant devenu habituel, ce seront donc plus de 5000 universitaires et chercheurs qui se rendront, du 10 au 14 mai prochains, dans la métropole québécoise.

Et d'autres les suivront,

en plus grand nombre même, quand ils répondront à l'invitation de la Fédération canadienne des sciences humaines de séjourner en fin mai à Montréal pour assister à ce «Savoir branché» qui fera de l'Université Concordia une ruche où bourdonneront près de 10 000 universitaires, répondant ainsi pour une 79e fois à l'invitation lancée par 70 associations qui oeuvrent dans le vaste monde des humanités et des sciences sociales. Littérature, histoire, théâtre, sociologie, sciences politiques, éducation ne sont ainsi que quelques-uns des domaines qui, du 28 mai au 4 juin, seront abordés lors des milliers de rencontres qui ponctuent une fois de plus l'année universitaire. Et où, pour une Nancy Huston qui devise, il y aussi un chercheur qui communique les conclusions d'une recherche menée auprès d'une collectivité sise dans le Grand Nord.

Vaste portée

La recherche a besoin de ces rencontres. Il y a là occasions répétées d'une transmission directe. Mais il y a plus. Les rencontres de Lyon, et leur pendant montréalais et québécois jusqu'ici aux quatre ans, ont ainsi permis de mettre en place des réseaux, d'instaurer des réflexions (et le maire Tremblay de parler vélo, tramway ou aménagement de berges) et de tisser des liens qui dépassent souvent la simple fraternité pour déboucher sur des réalisations concrètes qui débordent plus d'une fois du cadre universitaire.

La recherche se fait alors pratique, même «utile». Et universitaires et chercheurs d'avoir ainsi en retour un public.