Internet - Timide percée des téléphones intelligents

Au Québec, la croissance des téléphones du genre iPhone ou BlackBerry est freinée par les prix élevés imposés par les marchands de cellulaires.
Photo: Agence Reuters Robert Galbraith Au Québec, la croissance des téléphones du genre iPhone ou BlackBerry est freinée par les prix élevés imposés par les marchands de cellulaires.

La croissance est significative: en un an, le nombre d'adultes possédant un téléphone dit intelligent, permettant d'inscrire sa vie dans les espaces numériques de communication, a grimpé de 65 % au Québec. Mais la percée de cette technologie reste encore «timide», contrairement à ce qui se passe dans le reste du monde, en raison d'importantes contraintes forfaitaires imposées par les marchands de cellulaires, indiquent les récentes données de l'enquête annuelle NETendances 2009, dévoilées hier à Montréal.

Le portrait quantitatif du Québec numérique est clair, mais sans surprise. En 2009, «la mobilité a gagné du terrain», avec désormais 13 % de Québécois équipés pour se promener sur la Toile dans un autobus, un parc, une voiture ou à un coin de rue, selon cette enquête conduite par Léger Marketing pour le compte du Centre francophone d'informatisation des organisations (CEFRIO). Ils n'étaient que 8 % un an plus tôt. Au total, 57 % des adultes du Québec possèdent un téléphone cellulaire, de tout type.

Téléphone intelligent en main, 7,6 % de la population — soit plus de la moitié des propriétaires d'iPhone, de BlackBerry et consorts — était donc considérée en 2009 comme des «mobinautes», ces internautes qui fréquentent le Web par l'entremise d'un téléphone mobile. Cela représente 472 000 personnes, dont plus des deux tiers sont devenues de «véritables accros» qui se connectent «plusieurs fois par jour», dit l'étude.

«Il y a encore du chemin à parcourir», a résumé Najoua Kooli, responsable de l'enquête au Centre, qui rappelle que l'Europe, avec 28 % de mobinautes, et les États-Unis (34 %), où le coût des communications sans fil est moindre qu'au Canada, sont largement en avance sur nous.

«Nous avons du retard, mais nous le rattrapons, a commenté hier Pierre Proulx, directeur général de l'Alliance numérique, un groupe de professionnels qui fait la promotion des technologies de l'information au pays. Pendant longtemps, la bande passante [la capacité du réseau sans fil] n'était pas au rendez-vous, mais les géants de la téléphonie ont corrigé le tir. La mobilité devrait donc prendre encore plus son essor à l'avenir.»
2 commentaires
  • Michel Thibodeau - Inscrit 9 avril 2010 10 h 17

    Avance ou recul!

    Si le téléphone mobile était vraiment intelligent, il ne dérangerait pas les rencontres réelles et n'aurait pas à être éteint ou négligé quand la plus élémentaire politesse du moment l"exige à son utilisateur-porteur. Est-ce vraiment une "avance" que de pouvoir s'évader de la sorte du moment présent et des personnes qui sont prêts de soi?

  • pabe01@hotmail.fr - Abonné 9 avril 2010 10 h 41

    Nous n'avons rien compris !

    En Europe, on a vraiment l'impression quand on se promène dans la rue ou quand on prend le métro que tout le monde a un téléphone cellulaire branché à l'oreille.

    Bon ou mauvais, la réalité est là et elle est encouragée par des pratiques tarifaires pour les télécommunications qui n'ont rien à voir avec celles en vigueur au Canada où la concurrence ressemble plutôt à de la collusion de la part de entreprises sous l'oeil bienveillant de nos autorités gouvernementales.

    Même si les territoires ne se comparent pas et que la densité de population en Europe est nettement plus importante (en France par exemple, 27 fois plus dense qu'au Québec), est-ce la seule raison qui explique qu'un abonnement Télé-téléphone-Internet coûte 3 à 4 fois plus cher chez-nous que dans ce pays ?

    Exemple ? : Pour un abonnement de base avec Internet haute-vitesse, 40 chaînes de télé et interurbains illimités en France et dans 55 pays dans le monde, 24h/24, 7 jours/7, il en coûte 30 Euros, soit 42 $ par mois, toutes taxes comprises !

    On laisse jouer la concurrence et on la contrôle en Europe !

    À quand notre tour ?