Édition 2003 - Le partage du savoir

C'est à Rimouski que l'Association francophone pour le savoir (Acfas) tiendra, du 19 au 23 mai, la 71e édition de son congrès annuel, où près de 3500 congressistes sont attendus. Les activités scientifiques se dérouleront principalement à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), l'établissement hôte, ainsi qu'au Cégep de Rimouski et à l'Institut maritime de Rimouski. Présentation de «Savoirs partagés».

La 71e édition du congrès de l'Acfas donnera l'occasion de découvrir les plus récentes recherches menées dans le monde, par le truchement d'une centaine de colloques et de quelque 2400 communications scientifiques, le tout sous l'égide du thème retenu par l'UQAR: «Savoirs partagés».

Les domaines qui seront abordés vont des sciences de la vie et de la santé aux sciences physiques en passant par les mathématiques, les arts, les lettres, la génomique et le clonage humain, les régions et la mondialisation, les femmes, l'environnement et l'éducation, notamment. «Pour déterminer le thème du congrès, on a fait une réflexion à l'interne [UQAR], et ce thème faisait référence au besoin de partage entre les universités et leur milieu. Donc, c'est l'idée d'un savoir qui n'est pas exclusif mais plutôt inclusif» explique Michel Bourassa, le président du congrès et secrétaire général de l'UQAR.

Du même avis, le président du comité scientifique et professeur d'histoire à l'UQAR, Benoît Beaucage, reconnaît «qu'il y a une tentative de rendre la diffusion de cette connaissance [ scientifique] accessible au plus grand nombre, d'où le thème. Ce n'est pas un thème plaqué qu'on a mis là; ça vient d'une préoccupation qui est importante».

Continuité

Pour la plupart des disciplines, ce congrès s'inscrit dans une certaine continuité par rapport aux précédents. Par ailleurs, précise Michel Bourassa, le comité organisateur du l'UQAR a mis l'emphase cette année sur les créneaux d'excellence de l'UQAR: le développement régional et les sciences de la mer — qui mènent au programme de doctorat. D'autre part, «on a essayé d'identifié pour nous, dans l'Est-du-Québec, des problématiques qui nous sont particulières et qui pouvaient avoir une certaine incidence sur le développement de notre région». L'UQAR fête cette année 30 ans de formation en développement régional par l'entremise du Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional de l'Est-du-Québec (GRIDEQ).

Il faut, poursuit-il, sortir de l'idée que les régions ressources ne sont que des régions de ressources naturelles et comprendre qu'elles sont aussi des régions de ressources humaines et technologiques. «Il s'agit vraiment de faire éclater la notion de régions ressources du savoir; et c'est ça le défi qu'on a» lors du congrès. Sur la centaine de colloques, 28 seront sous la responsabilité de professeurs de l'UQAR. Ce dernier inscrit l'Acfas «dans ce rôle» qu'ont les universités en région de démontrer leur savoir-faire.

«Les universités en région ont été fondées d'abord avec des missions d'enseignement; par la suite, elles ont développé parallèlement des créneaux dans lesquels elles prétendent être des chefs de file», soutient pour sa part Benoît Beaucage. Sans pour autant créer une "compétition" mais plutôt une "émulation", parce que la science exclut la jalousie!»

Acfas pour les jeunes

L'Acfas innove cette année avec un espace dévolu aux jeunes scientifiques. Le comité Acfas-jeunesse s'est donné pour mandat de créer des activités qui sauront stimuler l'intérêt des jeunes du 3e et du 4e secondaire. Ainsi, quelque 1200 élèves pourront profiter de conférences qui porteront sur les fonds marins, les avalanches, la forêt, le tourisme d'aventure, la biologie marine, la chimie des fruits de mer, le design industriel et le génie civil (21 et 22 mai).

«L'Acfas-jeunesse, ça va être leur Acfas à eux. On va aller directement dans les écoles [...] pour leur démontrer qu'ils peuvent faire tout leur curriculum de formation en science en région [...] et de rester par la suite.» Une façon de contrer l'exode des jeunes, de dire M. Bourassa.

Selon le Conseil permanent de la jeunesse, la principale raison invoquée pour expliquer la première migration vers une autre région pour l'ensemble des jeunes Québécois est la poursuite de leurs études. Chez les Gaspésiens et les Madelinots, la proportion est de 66,7 %, de 72,1 % sur la Côte-Nord et de 60,3 % dans le Bas-Saint-Laurent, comparativement à 49,8 % pour l'ensemble du Québec.

De son côté, Benoît Beaucage voit dans cette «belle fenêtre» qu'est l'Acfas-jeunesse l'occasion de démontrer aux jeunes professeurs qu'il est possible de faire carrière à Rimouski étant donné «que nous sommes, comme ailleurs au Québec, en plein renouvellement du corps professoral, un élément qui n'est pas à négliger», admet-il.

Activités spéciales et culturelles

Dans le cadre d'activités spéciales, le grand public est invité à assister à des conférences publiques. Ainsi, Anny Cazenave, membre de l'Académie des sciences (France) abordera les problèmes de réserves d'eau de la planète et le changement climatique (20 mai); Claude Villeneuve, spécialiste de la question du réchauffement de la planète, proposera une réflexion sur le thème «Les changements climatiques: une deuxième décennie pour le protocole de Kyoto» (20 mai); et Lise Bissonnette, présidente-directrice générale de la Bibliothèque nationale du Québec, s'interrogera sur le rôle des institutions qui donnent accès à des espaces vivants de découverte et d'apprentissage (21 mai).

Aussi, et pour souligner le caractère maritime de la région, le volet «Fenêtre maritime» englobera une foule d'activités, dont une exposition sur les sciences de la mer, une croisière dans l'estuaire du Saint-Laurent, une projection de film sur l'expédition North Water dans l'Arctique, des visites guidées du navire de recherche le Coriolis II et de l'Institut Maurice-Lamontagne; et, enfin, des festins de la mer seront servis.

Les congressistes pourront d'ailleurs profiter d'activités culturelles telles qu'une exposition de métiers d'art, de photographies et de peintures, une foire du livre scientifique et un spectacle de jazz.

«On reçoit ce congrès avec beaucoup d'enthousiasme et d'empressement», a dit au Devoir Michel Tremblay, le maire de Rimouski. Ce congrès est pour lui une question de «rayonnement» pour sa ville. Les retombées économiques pour la région immédiate sont estimées à plus de quatre millions de dollars.