Le Réseau action TI succède à la Fédération de l'informatique du Québec

Au cours de la dernière année, l'organisateur du gala des Octas, la Fédération de l'informatique du Québec (FiQ), a adopté un nouveau nom: Réseau action TI. Un nouveau visage est également arrivé à la présidence et l'organisme a redéfini sa mission. Bref, tout un virage a été entrepris.

«A la suite d'un sondage réalisé auprès de nos membres, de nos anciens membres et de nos clients, il y a environ deux ans, nous nous sommes rendu compte qu'une réorientation s'imposait», indique d'emblée Jacques Topping, président du Réseau action TI. Les critiques qui ont fait le plus mal ? «On s'est fait dire qu'on manquait de leadership, qu'on ne prenait pas position et qu'on était un peu comme un club social», affirme-t-il. Il était donc devenu évident que des mesures devaient être prises pour améliorer le mandat de l'organisme. L'équipe est aussi arrivée à la conclusion qu'un changement de nom s'imposait.

Prises de position

Devenir un organisme de prises de position était un défi particulièrement important pour le Réseau action TI. «Le domaine des technologies de l'information et des communications (TIC) compte 160 000 travailleurs au Québec qui, mis ensemble, amènent une valeur d'environ 20 milliards au Québec. Ce n'est pas rien. Nous croyons que beaucoup plus pourrait être fait pour valoriser la profession et augmenter le recrutement, mais nous avons besoin d'un coup de main des gouvernements et de l'industrie notamment, parce que nous n'avons pas les moyens des ordres professionnels qui font de grandes campagnes de publicité», indique M. Topping.

Cela résume un peu la première prise de position officielle du Réseau action TI, effectuée lors de la campagne électorale provinciale en décembre dernier. Depuis, la voie est tracée. «Nous voulons vraiment devenir le porte-parole de l'ensemble des travailleurs du domaine des TIC au Québec», précise Jacques Topping.

Mobilisation

Pour devenir le véritable porte-parole du secteur des TIC au Québec, le Réseau action TI se doit d'abord d'arriver à mobiliser la collectivité pour ensuite être à son écoute. La principale stratégie utilisée est le Web. «Nous nous sommes donné pour défi de devenir la société de TIC la mieux branchée à travers le monde. Nous avons choisi le réseau social LinkedIn et nous encourageons les gens du secteur des TIC à y adhérer. Déjà, nous avons réussi à attirer plusieurs nouveaux membres, mais nous continuons et, d'ici la fin de 2009, nous croyons que nous aurons réussi à aller chercher un nombre important de personnes», affirme-t-il.

C'est donc à travers ce réseau social que le Réseau action TI a l'intention de valider de l'information avec les gens de l'industrie, de recevoir leurs suggestions, d'aller chercher des appuis, etc. Des efforts seront aussi déployés, toujours du côté du Web, pour améliorer les connaissances des différents membres de l'industrie et pour favoriser l'échange. «Nous organisions auparavant de très belles activités pour améliorer les connaissances de nos membres, mais les gens devaient se déplacer pour y participer, ce qui réduisait le nombre de participants», explique le président.

Désormais, le Réseau action TI souhaite prendre le virage du Web 2.0 en créant des communautés de pratique virtuelle autour de différents enjeux et intérêts. Des outils en ligne, comme les webconférences, seront utilisés pour diffuser l'information vers le plus grand nombre possible de personnes présentes dans le secteur des TIC au Québec, dans le but d'améliorer la formation continue.

Dès l'automne, le site Internet du Réseau action TI devrait d'ailleurs mettre ces différents outils à la disposition de la collectivité.

Valorisation

Grâce au gala des Octas, qui récompense les projets et les sociétés qui innovent dans le domaine des TIC, le Réseau action TI réussit tout de même à bien valoriser le domaine, croit Jacques Topping. Il précise d'ailleurs que cette année, malgré la récession, un nombre record de candidatures ont été déposés pour les Octas.

«C'est donc signe que l'industrie réagit bien à notre repositionnement. Toutefois, si les Octas fonctionnent bien, nous souhaitons tout de même continuer à développer l'événement. Par exemple, nous étudions la possibilité d'ajouter de nouvelles catégories», ajoute-t-il.

Toutefois, M. Topping croit qu'il faut faire plus pour valoriser les professions du domaine des TIC. Il fait allusion notamment à la certification Expert agréé en technologies de l'information (EATI) que le Réseau action TI octroie aux professionnels qui satisfont aux critères. «Le titre n'est pas assez connu du grand public et des entreprises. Il faut multiplier les efforts pour donner de la valeur et de la portée au titre», affirme M. Topping.

Si tant d'énergie est dépensée pour tenter d'améliorer l'image de la profession, c'est qu'il semble que les besoins du Québec dans le domaine sont croissants. «D'après la firme TECHNOCompétences, environ 8000 postes seront à combler au Québec dans le domaine des TIC chaque année pendant les trois prochaines années. Toutefois, seulement 4000 étudiants du cégep et de l'université graduent chaque année dans le domaine, alors les besoins de main-d'oeuvre sont importants», remarque M. Topping.

D'ailleurs, il affirme que certaines entreprises du secteur doivent se résigner à aller chercher de la main-d'oeuvre à l'étranger. «Cela a un impact sur l'économie du Québec. Il faut vraiment réussir à valoriser le secteur pour y attirer davantage de talents», ajoute-t-il.

Le Réseau action TI compte près de 2500 membres, dont plus de la moitié sont des Montréalais. La FiQ a été fondée en 1977 et le changement de nom s'est effectué en septembre dernier.

Collaboratrice du Devoir