École de technologie supérieure - La demande de stages des entreprises dépasse le nombre de candidats !

L’École de technologie supérieure
Photo: Jacques Grenier L’École de technologie supérieure

Ralentissement, baisse, crise économique ou pas, l'École de technologie supérieure (ÉTS) assure! Tirant son expertise en ingénierie d'application et en technologie dans la foulée du réseau de l'Université du Québec, l'établissement se concentre sur l'enseignement coopératif et convoite notamment le développement de nouvelles technologies et leur application en entreprise. Se classant parmi les plus reconnues au Canada, l'école montréalaise du génie accueille depuis 1974 des techniciens diplômés. Plein feu sur une formule plus que gagnante.

Claude Olivier, directeur des affaires académiques de l'ÉTS, s'en réjouit... La crise, l'ÉTS la sent passer comme tout le monde. Toutefois, aux dires de M. Olivier, l'établissement se trouve actuellement dans une très bonne position.

Au cours des dix à quinze dernières années, l'École de technologie supérieure a réussi à nouer d'excellentes relations avec le milieu des affaires et le secteur industriel et entretient désormais des liens privilégiés avec les grandes entreprises et les PME, pour la plupart québécoises. Par conséquent, ces nombreuses entreprises continuent à travailler avec eux malgré le ralentissement. «L'an dernier, tous stages confondus, on a reçu trois mille demandes provenant des entreprises au Québec pour un total de deux mille candidatures, donc, on n'est même pas capables de fournir», admet Claude Olivier, responsable de l'ensemble des programmes des départements.

Les inscriptions et le taux de placement

Même s'il y a réduction des effectifs et du rendement dans les entreprises, l'ÉTS est encore capable de placer ses étudiants. «Avec un placement de 1000 étudiants dans des stages, l'été 2008 a été notre meilleur à vie! Et, pour 2009, on va être 800, ce qui vient enregistrer une légère baisse de 20 %, mais, pour nous, ce n'est pas critique, car si on remonte à deux ans c'était autour de 800 aussi. Ça fluctue un peu dans le temps, ces trucs-là», renchérit ce dernier. À l'inverse, en ce qui a trait au nombre d'étudiants qui s'inscrivent, l'ÉTS est en train de battre un autre record. Cette année, l'établissement connaîtra une hausse des demandes pour l'automne.

En vérité, les suites du ralentissement économique ont un effet plutôt positif sur le développement et la bonne santé de l'ÉTS. Comme, à l'arrivée, tous les étudiants sont des techniciens diplômés dans une technique après trois ans d'études collégiales, de toute évidence, si l'économie ne se maintient pas bien, il s'avère plus difficile pour ces derniers de se placer. «Puisqu'ils ont de la difficulté à décrocher un emploi, plusieurs décident de poursuivre leurs études au niveau du baccalauréat. Le chiffre actuel pour l'automne à venir a augmenté d'à peu près 25 % par rapport à l'an passé. Donc, on est largement au-dessus des années précédentes», ajoute-t-il fièrement.

L'ÉTS gagne donc en popularité et on peut expliquer cette hausse par le fait que les entreprises québécoises sont très satisfaites du service rendu. «On ne sent pas de différence concernant le taux de placement. Pour ce qui est de cette année, on n'a pas encore les chiffres, mais l'an dernier on recevait en moyenne trois offres d'emploi par diplômé», avance Claude Olivier. Ralentissement économique, certes, mais, au vu des bons résultats enregistrés au cours des années passées, il reste toujours de l'espace pour absorber cette légère baisse.

Les domaines en vogue

«Pour ce qui est du portrait global de l'ÉTS, les domaines du génie civil et de la construction sont en pleine expansion, tandis que, du côté du génie dans le domaine manufacturier, c'est plus difficile. On parle entre autres du génie mécanique et de production, par exemple, au niveau de l'industrie aérospatiale.» Cela pourrait s'expliquer simplement par les investissements massifs que font les gouvernements dans les infrastructures en période de crise économique... «Les gens consomment moins, ils sont un peu au neutre, alors c'est le même scénario pour les entreprises», renchérit-il.

Avec ses vingt-cinq ans de service au sein de l'ÉTS, Claude Olivier peut également affirmer qu'il y a une augmentation de la fréquentation au niveau de la maîtrise et du doctorat. «Dans les faits, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Une récession est probablement ce qu'il y a de mieux pour une entreprise afin de former ses employés et de voir à leur perfectionnement», admet-il. Pour ce faire, l'employeur les incite souvent à retourner aux études de façon temporaire, parce qu'il ne veut pas les perdre. «L'autre jour, je discutais avec des professeurs de l'Université de Sherbrooke et de l'École polytechnique et ils sentent moins les effets. On pourrait expliquer cela par le fait que leurs étudiants viennent du secteur des sciences de la nature. Ils ne peuvent donc pas vraiment travailler avec un DEC général en sciences de la nature, tandis qu'à l'ÉTS nos étudiants sont déjà formés en tant que techniciens.»

Comptant près de 25 % du nombre total des étudiants inscrits au baccalauréat en génie à travers la province, l'ÉTS figure au premier rang des établissements qui offrent cette formation, tandis qu'au Canada elle se situe au troisième rang sur un total de trente-cinq écoles ou facultés de génie. L'ÉTS doit notamment sa renommée mondiale à la collaboration de ses professeurs spécialisés avec des collègues oeuvrant dans divers établissements à travers le monde, à ses activités de coopération à l'étranger et à ses programmes d'échanges internationaux.

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Collaboratrice du Devoir

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