Plus de filles naissent sous les Tropiques

Les couples vivant sous les Tropiques donnent plus souvent naissance à des filles que ceux habitant à des latitudes plus élevées, a découvert une chercheuse de l'Université de Géorgie aux États-Unis. Son étude ne dit toutefois pas si un séjour romantique dans un pays tropical peut augmenter les chances d'une femme d'avoir un bébé de sexe féminin.

L'endocrinologue Kristen Navara de l'Université de Géorgie à Athens a comparé l'indice de masculinité (sex ratio) des naissances, c'est-à-dire le rapport entre le nombre de naissances masculines et la somme des naissances masculines et féminines, enregistré entre 1997 et 2006, dans 202 pays, allant de l'Europe du Nord à l'Afrique équatoriale. Elle a ainsi relevé que, dans les pays situés les plus près de l'équateur, on recensait en moyenne la naissance d'un nombre significativement moins élevé de garçons (51,1 %) annuellement que dans les pays des latitudes tempérées et subarctiques (51,3 %). En République centrafricaine, l'indice de masculinité ne dépassait pas les 49 % — il s'agit du seul pays du monde qui produit plus de filles que de garçons — tandis qu'en Chine, où le climat est plus tempéré, il atteignait les 53 % en faveur des garçons. Au Canada, il était de 51,4 % en 2006.

Dans l'espèce humaine, l'indice de masculinité des naissances se situe normalement à 51,5 %, soit la naissance de 106 garçons pour 100 filles. Cet indice qui favorise légèrement les garçons serait le moyen que la nature a trouvé pour contrebalancer le nombre accru de morts prématurées chez les embryons et les nouveau-nés de sexe masculin et ainsi en arriver à un nombre équivalent de filles et de garçons en âge de procréer. Des études ont en effet montré que les foetus de sexe féminin sont moins fragiles que les foetus mâles, lesquels sont plus sensibles aux effets de l'environnement qui s'exercent sur leur mère durant la gestation. En période de guerre, par exemple, les naissances de filles dépassent souvent celles de garçons.

Sachant que les hommes produisent autant de spermatozoïdes portant le chromosome X que de spermatozoïdes portant le chromosome Y et que le sexe est déterminé par le type de spermatozoïde qui fertilise l'ovule, les scientifiques n'arrivent toujours pas à expliquer ce biais en faveur des garçons à la naissance.

La chercheuse soutient dans son article publié dans le Royal Society journal Biology Letters que l'effet de la situation géographique sur la proportion de filles et de garçons à la naissance est clairement indépendant des facteurs socioéconomiques et culturels qui peuvent jouer en faveur d'un sexe, comme dans certaines sociétés asiatiques, par exemple, où il se pratique beaucoup d'avortements sélectifs étant donné que les bébés garçons sont favorisés au détriment des filles. Pour expliquer ces différences dans l'indice de masculinité en fonction de la latitude, la chercheuse soulève l'effet que pourraient avoir la température et la durée du jour sur la qualité du sperme et le taux de fausses couches.

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