Mobilisation contre la fermeture de l'Observatoire du Mont-Mégantic

Un grand mouvement de mobilisation s'est mis en branle hier matin à l'Observatoire du Mont-Mégantic (OMM) pour dénoncer la décision du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) de supprimer les subventions qu'il lui accordait jusqu'ici. Un tel manque à gagner compromet la survie même de ces infrastructures de recherche uniques au Canada, qui servent notamment à la mise au point d'instruments d'observation utilisés dans les plus grands observatoires du monde.

Les maires de la région, les préfets des deux MRC qui hébergent le Parc national du Mont-Mégantic, la directrice de Tourisme Cantons-de-l'Est de même que le directeur exécutif de l'OMM sont intervenus en conférence de presse pour souligner la réputation scientifique et touristique de l'Observatoire. Le préfet de la MRC du Granit, Maurice Bernier, a sollicité l'intervention du député de la région, le ministre fédéral des Travaux publics, Christian Paradis, qui s'est dit «surpris et choqué d'apprendre que le CRSNG coupait les fonds à l'Observatoire». La députée libérale du comté provincial, Johanne Gonthier, a pour sa part présenté à l'Assemblée nationale une motion — adoptée à l'unanimité — exigeant du gouvernement fédéral qu'il revoie sa décision.

Dans son budget annuel d'environ un million de dollars, l'OMM recevait ces dernières années 325 000 $ annuellement du CRSNG. Or l'organisme fédéral a annoncé qu'il n'accorderait que 184 000 $ pour l'année 2009 et ne verserait plus aucune autre subvention pour les années ultérieures.

Ouvert en 1978, l'OMM a suscité de nombreuses carrières scientifiques en astronomie, a souligné Pierre Goulet, directeur du Parc du Mont-Mégantic. «Il s'agit d'un important banc d'essai pour le développement de l'instrumentation d'observation. On y construit des instruments, on les y calibre, teste et raffine avant de les exporter dans les autres observatoires du monde.» L'OMM a en effet de nombreux contrats avec le télescope spatial James Webb, les télescopes France-Hawaii, Gemini et William Herchler, ajoute Olivier Hernandez, chercheur postdoctoral à l'Université de Montréal. «On y reçoit aussi une formation technique en même temps que scientifique complète. Beaucoup d'étudiants qui ont été formés à l'OMM se retrouvent aujourd'hui à des postes clés dans les grands observatoires du monde.»

Au CRSNG, on nous a confirmé que la décision de ne pas renouveler les subventions était définitive et sans appel. Le comité d'experts qui a révisé le dossier a jugé que la qualité scientifique de la demande de l'OMM était excellente, mais l'organisme fédéral a décidé l'an dernier de ne plus subventionner «les ressources régionales et de réserver son soutien à des projets nationaux et internationaux».

«On ne s'attendait pas à ce que notre projet soit considéré comme régional. Notre mandat excède clairement le Québec», s'est étonné Robert Lamontagne, directeur exécutif de l'OMM.

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