Un seul Québécois parmi les aspirants astronautes choisis par l'Agence spatiale

Parmi les 5351 curriculum vitae que l'Agence spatiale canadienne a reçus alors qu'elle recherche deux nouveaux astronautes, celui d'un Québécois, un seul, continue de faire son chemin. Après une série de tests, David Saint-Jacques et quinze autres candidats aux expériences professionnelles hétéroclites sont encore en lice pour un éventuel décollage.

Ils ne sont plus que 16 finalistes au concours mené par l'Agence spatiale canadienne (ASC) dans le cadre de sa campagne nationale de recrutement visant à sélectionner les deux prochains astronautes canadiens. Parmi les étoiles montantes, un seul Québécois: David Saint-Jacques.

Depuis deux ans, l'homme de 39 ans est médecin de famille à Puvirnituq, dans le nord du Québec, et enseigne aussi à l'Université McGill. «C'est comme si on m'avait offert soudainement de réaliser un rêve de petit garçon. Je n'ai pas hésité une seconde», raconte-t-il, la voix enjouée.

Ce titulaire d'un doctorat en astrophysique n'était pas le seul à entretenir ce rêve. Sur la ligne de départ, en mai 2008, ils étaient 5351 à avoir manifesté leur intérêt, en ligne, espérant endosser un jour l'uniforme d'astronaute.

Au fil des entrevues, des examens médicaux et de divers tests d'aptitudes physiques et psychologiques, de résistance au stress, de tests de pilotage et de calcul mental, le nombre de candidats a décliné. Après chaque épreuve, tout au long du processus qui s'est étalé sur dix mois, M. Saint-Jacques a eu le bonheur de recevoir un courriel lui disant: «Vous êtes encore sur la liste.»

L'homme originaire de Saint-Lambert reconnaît que les tests qui composent la sélection sont là pour lui faire repousser ses limites. «C'est tough, mais la chose la plus difficile, c'est le fait que le processus de sélection est très long. C'est dur sur la motivation», a-t-il confié. «Ce sont des montagnes russes émotives.»

Un projet emballant

Parmi les éléments qui l'intéressent particulièrement dans le projet de l'Agence spatiale canadienne, il y a la pratique de la médecine dans l'espace où «les astronautes doivent se débrouiller avec les moyens du bord et l'aide de spécialistes au sol».

En outre, M. Saint-Jacques apprécie que «le plus gros projet de collaboration internationale en place» permette de travailler avec des gens formidables de tous les pays. «Pour une fois que les pays s'assemblent pour autre chose que la guerre, pour un projet positif», s'emballe-t-il.

S'il n'ose pas s'avancer sur les conditions gagnantes de ce processus de sélection, le médecin admet que, jusqu'ici, tous les candidats ont semblé posséder une chose en commun: de la volonté. «Tous les candidats veulent vraiment. On est tous très motivés», a-t-il indiqué.

Si sa candidature est retenue, il ne sera plus question pour lui de retourner oeuvrer dans le Grand Nord. «La carrière d'astronaute est à vie. L'astronaute ne va pas uniquement dans l'espace. Une grande part du travail consiste à soutenir les autres astronautes, à les aider à préparer leur mission, à faire de la recherche. Certains ont des tâches administratives, d'autres techniques ou politiques, de lobbying. Si on s'embarque dans cette carrière, on s'embarque.»

Avec La Presse canadienne

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