La haute direction de Génome Québec démissionne

Le p.-d.g. de Génome Québec, Paul L'Archevêque, qui tenait les rênes de cet organisme depuis huit ans, et la vice-présidente, Carole Jabet, chargée des affaires scientifiques depuis six ans, ont démissionné hier de leur poste. Selon le nouveau directeur par intérim, un désaccord sur le style de gestion prévu dans le nouveau plan d'affaires de l'organisme est à l'origine de ces démissions.

La rumeur d'un mécontentement des universités et de certains chercheurs quant au style de gestion des fonds accordés courait depuis quelques semaines dans la communauté scientifique. «Génome Québec interdit de transférer l'argent d'une ligne budgétaire à une autre, même si cela est justifié scientifiquement», soulève un chercheur. Il exige des rapports financiers — effectués par une firme comptable spécialisée — tous les trois mois, ce qui est très inhabituel. Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), par exemple, demandent à voir les résultats obtenus au terme des trois ans que dure la subvention et décideront de renouveler celle-ci en fonction du succès obtenu. Les universités avaient aussi leurs récriminations, mais aucun vice-recteur à la recherche n'a voulu nous préciser leur teneur.

Jean-Marc Proulx, président du conseil d'administration de Génome Québec, qui assure l'intérim, a pour sa part expliqué en entrevue que Génome Québec a élaboré il y a quelques mois un nouveau plan d'affaires «qui lui permettrait d'améliorer la compétitivité du Québec en génomique. Car Génome Québec est en concurrence avec six autres centres de génomique au Canada pour obtenir du financement de Génome Canada», a-t-il expliqué. «Le contenu de ce nouveau plan d'affaires qui prévoit un nouveau style de gestion avec nos partenaires, [...] plus de flexibilité, de collaboration et d'écoute de part et d'autre, a été longuement discuté avec nos différents partenaires, que sont les universités, les chercheurs, les bailleurs de fonds, tels que les gouvernements du Québec et du Canada et des entreprises privées. Or M. L'Archevêque et Mme Jobet se sont sentis mal à l'aise avec cette nouvelle façon de faire et ont alors donné leur démission.»

Jusqu'à maintenant, Génome Québec subventionnait les projets que les chercheurs proposaient de mener dans leur propre champ d'expertise ou d'intérêt, a aussi souligné M. Proulx. Or Génome Canada a commencé à changer sa manière de faire et cible désormais des domaines qu'il juge prioritaires, comme notamment les biocarburants et l'agriculture. «Stratégiquement, il faut canaliser nos énergies à la bonne place et c'est ce qu'on essaie de faire dans ce nouveau plan d'affaires», a-t-il souligné.

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