Nouvelle protection contre les ACV

Des chercheurs québécois et allemands ont découvert une nouvelle stratégie permettant de limiter les dommages cérébraux occasionnés par un accident vasculaire cérébral (AVC). Leur trouvaille fait l'objet d'une publication dans la version en ligne de la revue Nature Medicine.

Plus précisément, ces chercheurs ont démontré que les cellules T régulatrices (Treg) de l'immunité possèdent des propriétés neuroprotectrices insoupçonnées, qui pourraient être exploitées pour diminuer les dommages. «Lorsqu'elles sont présentes sur le site d'un traumatisme vasculaire cérébral, ces cellules préviennent environ 20 % des effets secondaires qui surviennent dans les jours qui suivent une attaque cérébro-vasculaire», a précisé le professeur de l'Université Laval, Serge Rivest.

L'AVC provoque dans un premier temps la mort des cellules qui sont privées d'oxygène en raison de l'interruption de l'irrigation sanguine. On ne peut prévenir ces premiers dommages car l'accident est soudain, a expliqué le neuroimmunologue. À la suite de ces premiers dommages, se met en branle un important processus inflammatoire qui sollicite de nombreuses cellules de l'immunité. Ces cellules sécrètent des molécules neurotoxiques qui détruisent les zones avoisinantes. «Des cellules microgliales de l'immunité sont dépêchées sur les lieux pour y faire un nettoyage. Mais cette réaction qui est normale peut s'emballer et provoquer des effets secondaires importants, [soit la destruction de 20 à 25 % des régions avoisinantes]. Ces dommages subséquents peuvent affecter la locomotion, la vision et la parole. Nous démontrons qu'en recrutant ces cellules Treg, on pourrait prévenir jusqu'à 20 % de ces dommages secondaires et ainsi empêcher que des fonctions motrices soient perdues de façon permanente, a expliqué M. Rivest. La beauté des cellules Treg est que, dès leur arrivée dans le tissu cérébral, elles vont contrôler la réaction inflammatoire de façon naturelle, ce qui en fait un outil thérapeutique de choix.»

Les cellules Treg sont naturellement attirées vers le cerveau à la suite d'une lésion, mais leur nombre n'est pas suffisant. Il faut donc accélérer et accroître leur production rapidement chez les patients afin qu'elles atteignent le cerveau, où elles manifesteront leur effet bénéfique.

Les chercheurs connaissent déjà des molécules, des cytokines de la famille du TGF-bêta, qui stimulent la prolifération des cellules Treg. Reste à déterminer la combinaison et les concentrations adéquates qui favoriseront uniquement la stimulation des cellules Treg — ayant un effet neuroprotecteur — et non pas celle des autres cellules de l'immunité, qui pourraient provoquer des dommages.

La stimulation des cellules Treg pourrait aussi empêcher les conséquences négatives de l'exagération de la réponse immunitaire qui survient dans les traumatismes et les infections, comme l'encéphalite et la méningite. Dans les cas de sclérose en plaques, elle permettrait également de freiner l'hyperstimulation des autres cellules immunitaires qui dans le cerveau s'attaquent à la myéline, cette gaine isolante qui entoure les neurones et permet la conduction de l'influx nerveux.

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