Les drôles de moineaux du Biodôme

La diète du caméléon se compose d’insectes, dont plusieurs variétés de vers. Mmmmmmm...
Photo: Jacques Grenier La diète du caméléon se compose d’insectes, dont plusieurs variétés de vers. Mmmmmmm...

Derrière la vitrine ou dans les volières, la faune du Biodôme grouille de vie sous les yeux des visiteurs fascinés par les couleurs de l'arlequin plongeur et le déhanchement du manchot royal. Ce week-end, en plus de s'extasier devant ces bijoux de la nature, le public pourra observer de drôles de moineaux s'agiter, ceux-là dans les coulisses de l'institution montréalaise.

Ils sont préposés aux installations techniques ou aux soins de santé, animaliers, vétérinaires, animateurs, mais surtout, ils sont passionnés par leurs pensionnaires, les bêtes. Ces drôles de moineaux fourmillent dans le sous-sol du Biodôme, aux petits soins pour leur collection vivante.

Jusqu'à dimanche, les portes marquées du «Réservé au personnel autorisé» seront grandes ouvertes, autorisant les petits et les plus vieux curieux à mettre le nez dans les gamelles de la tortue charbonnière, à jeter un coup d'oeil à la clinique médicale où sont soignés les traumatismes de l'esturgeon et à devenir des experts en reproduction des raies. Tout ça dans le Rallye des coulisses, qui revient après une pause de quatre années.

Alors que les manchots et pingouins s'empiffrent de poissons devant les visiteurs, les autres animaux nagent, volent, rampent, s'accrochent aux arbres ou font leur toilette. La faune diurne a dîné avant même l'arrivée du public grâce aux bons soins des préposés, comme Josée. Chaque semaine, elle concocte les petits plats de sa marmaille, composée de près de 4000 animaux.

Josée décongèle un gros rat blanc et des harengs pour les caïmans, tandis que des souriceaux et des cubes de fruits satisferont l'appétit des oiseaux. Le caméléon, lui, a une diète de gros vers. Et l'un des types de vers semble particulièrement juteux. Mmmmm!

Sur le présentoir, où les gamelles démonstratives sont posées, on remarque que les aliments coupés sont de tailles différentes, selon l'animal auxquels ils sont destinés. Question de taille, certes, mais aussi pour en faciliter la manipulation dans le cas de certains animaux. Avec ses deux doigts terminés en griffes, le paresseux doit pouvoir «accrocher» ses aliments, lui qui n'a pas de dextérité manuelle. Les préposés coupent donc ses pommes et son... tofu en bâtonnets pour en faciliter la préhension.

En plus de voir ce qui se trouve dans les assiettes de la collection vivante, le public pourra découvrir la manière dont les animaux sont alimentés, grâce aux explications des employés sur place ainsi qu'au support visuel d'une vidéo explicative.

Le Biodôme a sa propre clinique médicale au sous-sol, le «sans rendez-vous» le plus rapide en ville. Pouponnière, radiologie, salle de chirurgie et — finalement — salle d'autopsie sont sur place pour permettre aux vétérinaires de prodiguer les principaux soins de santé. Des soins pour la plupart préventifs, mais les animaux ne sont pas à l'abri des maladies et blessures, des problèmes souvent liés à la captivité.

Des oiseaux qui se heurtent aux vitrines, ce n'est pas commun dans la nature. Ni un castor au régime, à l'aube de l'hiver. Métabolisme oblige, l'emblème du Canada se gave avant de se terrer dans sa hutte pour la froide saison. Comme l'hiver du Biodôme est moins rude que celui hors les murs, son alimentation doit être réduite en gras afin qu'il ne s'étouffe pas dans sa graisse.

Dans un environnement contrôlé comme le Biodôme, tout est interrelié. L'alimentation, la médecine, la qualité de l'eau, du sol, des plantes. L'un ne va pas sans l'autre. C'est pourquoi les employés travaillent en étroite collaboration pour que ce véritable laboratoire vivant soit le plus adéquat possible pour ses habitants.

Le Rallye des coulisses complète la visite régulière du Biodôme. Des animateurs jalonneront les quatre écosystèmes en plus des entrailles de l'ancien vélodrome afin de faire découvrir au public les différents types de sols, de le sensibiliser aux espèces endémiques comme le chevalier cuivré et de certaines plantes menacées telles que l'ail des bois. Au Biodôme, toute l'attention n'est pas dirigée que sur les animaux.

C'est également la dernière chance de voir l'exposition La Grande Visite de Madagascar, dont l'attraction principale réside dans la grande maison de bois typique à ce pays. C'est là que les lémurs catta de Madagascar se grattent le dos, s'adonnent à la position du lotus pour se réchauffer des quelques rayons solaires qui traversent le toit et tentent de grimper sur les visiteurs (au grand dam des animaliers) depuis juin dernier. En plus de ces primates, bien connus des jeunes grâce à l'émission Zooboomafoo, l'expo présente des geckos et des photos. Sans oublier le caméléon mangeur de vers.

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Biodôme

4777, avenue Pierre-De Coubertin

Montréal

514 868-3000