Une étude relativise le lien entre C. difficile et les antibiotiques

Toronto — L'assertion voulant que la bactérie C. difficile soit intrinsèquement liée à la prise d'antibiotiques est mise en doute par une nouvelle étude canadienne.

Dans cette étude portant sur des personnes infectées dans leur communauté et non à l'hôpital, les chercheurs de l'université McGill ont constaté qu'une portion significative de ces gens n'avaient pas pris d'antibiotiques dans les 45 jours précédant l'apparition de symptômes.

Les chercheurs ont analysé les dossiers de santé de 836 Québécois âgés de 65 ans et plus qui ont contracté l'infection dans leur communauté avant d'être hospitalisés avec une diarrhée sévère et d'autres symptômes. Les résultats de l'étude ont été publiés cette semaine dans le journal de l'Association médicale canadienne. La docteure Sandra Dial a tenu à préciser que l'étude ne démontrait pas que la C. difficile représentait un problème majeur à l'extérieur des murs de l'hôpital, mais que ces participants avaient été choisis afin d'éclaircir le lien entre la C. difficile et la prise d'antibiotiques.

À l'hôpital, la proximité des patients et la prise d'antibiotiques favorisent la transmission de la maladie. Mais dans les communautés, d'autres facteurs entreraient en ligne de compte, comme les maladies intestinales, les systèmes immunitaires déficients et des dérèglements de la flore intestinale qui empêcherait normalement la bactérie C. difficile de se reproduire en assez grande quantité pour produire des toxines.