Quand les biscuits Leclerc nourriront la terre

Québec — Grâce à des recherches menées par l'Institut national de recherche scientifique (INRS), les résidus de biscuits qui se perdent dans la chaîne de production de Biscuits Leclerc pourraient nourrir des champs où l'on cultivera des bleuets ou des graines de lin qui serviront à cuisiner une nouvelle génération de gâteries.

«C'est un cycle parfait, il n'y a pas vraiment de pertes», résumait hier Élaine Boutin de l'INRS qui a mené les recherches sur le sujet à la demande de la compagnie. «Par contre, si les déchets sont enfouis, ils ne se dégradent pas aussi bien, ils dégagent du méthane et des gaz à effet de serre.»

Avec les résidus de biscuits, d'écailles de cacao et de céréales de la compagnie, la jeune chercheuse de 23 ans a réussi à créer un compost de haute qualité au cours d'expériences menées l'été dernier. Elle doit bientôt reprendre le travail sur de plus gros échantillons en compostant deux piles de 20 tonnes de déchets organiques.

Non content de nourrir la population avec des gâteries, on se prépare donc à faire la même chose avec la terre. Sous une nouvelle apparence toutefois. «Les retailles de biscuits se décomposent, alors on ne les reconnaît pas dans le compost», précise Mme Boutin. «Ça ressemble vraiment à de la terre, c'est brun foncé, ça sent la terre.»

Biscuits Leclerc est une entreprise familiale bien connue de Québec qui, en plus des biscuits, produit des barres tendres et du chocolat. Elle possède également des terres agricoles dans la région où le compost issu des usines pourrait servir notamment à la production de lin ou encore de bleuets, explique la chercheuse.

«Il y a des entreprises spécialisées dans le compostage au Québec, mais il n'y a pas beaucoup d'usines en agroalimentaire qui développent leur programme maison», souligne-t-elle.

Visiblement résolue à faire un virage vert, Biscuits Leclerc a également financé une recherche pour améliorer son système de traitement des eaux usées. Hier, une autre chercheuse de l'INRS, Véronique Turcotte a démontré comment les résidus organiques issus du traitement de l'eau pouvaient, eux aussi, être réutilisés comme compost. Ses résultats ont également été très concluants et elle doit cet été faire de nouveaux tests à plus grande échelle.
1 commentaire
  • Marc Lavallée - Inscrit 6 mai 2008 23 h 48

    Il reste un effort à faire du côté de l'emballage

    L'année dernière, j'ai écris à la compagnie Leclerc pour demander quand l'emballage serait entièrement recyclable, et on m'a répondu que les clients achèteraient moins si il n'était pas reluisant... C'est compliqué, parce qu'une partie de l'emballage est compostable, donc jetable (les plateaux à l'intérieur), l'autre recyclable (le papier ondulé à l'intérieur), mais le sac lui-même doit être jeté.