Galileo - Financement et calendrier

Le 26 mars dernier, le conseil des ministres des Transports de l'UE lançait officiellement la phase de développement-validation de Galileo, qui comportera la construction et le lancement de quatre satellites et qui consistera somme toute à démontrer d'ici 2005 la faisabilité du projet.

Plusieurs pays sont très intéressés à se joindre au projet, souligne Serge Plattard, directeur des relations internationales du CNES. Parmi ceux-ci se trouvent la Chine et la Russie, qui dispose de son propre système de navigation par satellites, nommé GLONASS (GLObal NAvigation Satellite System), développé durant la guerre froide. Glonass est aujourd'hui passablement désuet et mal en point en raison des difficultés économiques que connaît le pays depuis quelques années.


Le Canada a pour sa part participé à la phase de définition du projet Galileo, qui pour prendre véritablement son envol devait obtenir l'accord de la Commission européenne, l'organe exécutif de l'UE. Ce qui s'est concrétisé en mars dernier.


Le Canada avait manifesté sa volonté de poursuivre son implication dans le projet lors d'une réunion du conseil de l'Agence spatiale européenne (ESA) en novembre 2001, rappelle Gilles Leclerc, directeur intérimaire à la gestion des technologies spatiales de l'Agence spatiale canadienne. «Or, ajoute-t-il, le 17 mai dernier, [le Canada] a confirmé qu'il accordait une contribution de 11 millions sur cinq ans à l'ESA pour le projet Galileo. Cela n'en fait toutefois pas automatiquement un participant du projet. Des arrangements juridiques doivent être conclus avec l'ESA et l'UE.»


Cette participation canadienne à l'aventure européenne est motivée principalement par les retombées industrielles que le Canada en tirera, indique M. Leclerc. «La valeur des contrats que nous confiera l'ESA dans le cadre de Galileo sera grosso modo équivalente à la contribution qu'aura versée le Canada.»


La réalisation du projet Galileo est évaluée à 3,4 milliards d'euros (4,76 milliards $CAN), dont 140 millions ont déjà été engagés au cours de la phase de définition. L'ESA et l'UE financeront à parité les 1,1 milliard requis pour la phase de développement, qui s'est mise en branle le 26 mars dernier. Un financement entièrement public, fait remarquer Bernard Mathieu, du CNES, qui ne compte pas beaucoup sur l'appui d'investisseurs privés pour rassembler les fonds nécessaires à l'étape finale du projet. «Aujourd'hui, dans les systèmes de haute technologie, les investissements privés ne fonctionnent que s'il y a un retour garanti à un horizon inférieur à trois ans. Dans Galileo, cet horizon ne sera pas avant 2008, dit-il. De plus, face au modèle américain du GPS, où les signaux sont gratuits et l'infrastructure payée par les contribuables américains, on ne peut envisager un autre modèle en Europe.»


Les Européens sont néanmoins confiants de trouver le financement. Leur préoccupation immédiate est plutôt celle du calendrier qu'ils se doivent de respecter s'ils ne veulent pas perdre les bandes de fréquence pour lesquelles ils détiennent actuellement l'antériorité. Si tout se passe comme prévu, l'ensemble de la constellation sera déployée en 2008 et des services opérationnels seront offerts à la fin de cette même année.