Une boussole guidée du ciel dans votre poche

Les récepteurs de radionavigation par satellite ne se retrouvent plus seulement dans les cabines de pilotage des avions ou des voitures de taxi, ils se glissent même dans la poche des randonneurs. Bientôt, on les insérera dans les téléphones cellulaires, le collier de votre chien ou le bracelet de votre enfant.

La localisation par satellite est rapidement devenue un outil indispensable dans les transports. Un outil qui permet d'optimiser la gestion des flottes de camions, d'autobus et de taxis.


Les taxis parisiens, par exemple, sont aujourd'hui tous gérés par le système GPS. «Grâce à la localisation par satellite, les centrales savent en permanence où sont les voitures et peuvent ainsi désigner aisément le véhicule le plus proche du client demandeur, souligne Bernard Mathieu, délégué au programme de radiocommunications du Centre national d'études spatiales (CNES) à Paris. De plus, si le chauffeur est agressé, il peut appuyer sur un bouton qui alertera la police. Et les agents pourront alors le retracer sans difficulté.»


Les avions de ligne sont bien sûr équipés d'un récepteur GPS qui a permis de réduire la largeur des couloirs aériens. Un atout important alors que l'espace aérien est de plus en plus encombré. Toutefois, en raison de l'absence d'informations sur l'intégrité des signaux, le GPS n'est pas employé lors des manoeuvres délicates comme l'atterrissage. Les pilotes font alors appel à deux autres systèmes de guidage: des centrales à inertie ainsi que des balises radioélectriques disposées au sol.


On peut également envisager d'installer à bord des automobiles des dispositifs semblables à des boîtes noires, qui pourraient révéler les circonstances d'un accident. «Grâce aux informations de positionnement de la voiture au mètre près fournies par le système de radionavigation par satellites, on pourrait ainsi reconstituer la trajectoire de la voiture et ainsi savoir qui était en tort, explique M. Mathieu. Mais, pour cela, il faut bien sûr garantir l'intégrité du signal.»


Un récepteur GPS tiendra bientôt sur une puce électronique. Sous peu, on l'intégrera dans les téléphones portables ce qui facilitera le repérage des personnes lançant des appels d'urgence. En plus d'offrir un service de navigation, «cette puce GPS ou Galileo vous indiquera la pharmacie la plus proche, les restaurants du quartier, les horaires de bus de la région, autant d'informations pour lesquelles on doit savoir où vous êtes», précise l'ingénier du CNES.


On développe même des dispositifs pour les aveugles. Un non-voyant qui se balade dans la ville saura au coin de quelles rues il se trouve et les boutiques qui se situent à proximité de lui. Et pourquoi ne pas équiper le bracelet d'un enfant d'un de ces minuscules récepteurs? Ou même le collier de votre chien ou de votre chat? D'autant que maints adeptes de la randonnée et de la navigation de plaisance incluent désormais un récepteur GPS dans leur équipement. En l'occurrence, le positionnement par satellite représente une aide précieuse à la recherche et au sauvetage des rescapés de naufrages depuis déjà quelque temps.





Outre la localisation, le temps


Mais la localisation n'est pas le seul enjeu du GPS et de Galileo. La diffusion d'un temps précis est tout aussi stratégique. Elle constitue une donnée extrêmement précieuse sur le plancher de la Bourse, par exemple. En l'espace d'une seconde, des millions de dollars peuvent en effet échapper à un cambiste.


Par ailleurs, la précision de la référence de temps fournie par les satellites GPS sert depuis peu dans les télécommunications à la synchronisation des réseaux téléphoniques. «Un jour ou l'autre, on synchronisera Internet. Ce qui permettra d'accroître les débits», affirme Bernard Mathieu, avant de souligner qu'on fait également appel aux horloges du GPS pour synchroniser de multiples opérations d'aiguillage au sein du réseau de distribution d'électricité.


Galileo et le GPS modernisé offriront à terme des performances nettement améliorées par rapport à ce qui se fait aujourd'hui en matière de radionavigation par satellite, conclut le spécialiste. Le positionnement atteindra une précision se rapprochant du mètre pour les civils. Les horloges tinteront au rythme de quelques nanosecondes (10-9 seconde). Les signaux émis par Galileo devraient mieux résister aux brouillages volontaires ou involontaires. La disponibilité du système et de ce fait sa fiabilité devraient également autoriser son utilisation pour les atterrissages de précision des avions.