Les centres de biotechnologies profiteraient de garanties de revenus

Après avoir accordé une garantie de revenus de 38 millions au multimédia et au commerce électronique, le gouvernement du Québec remet en question la possibilité d'étendre cette nouvelle formule d'intervention aux centres de développement des biotechnologies.

L'intention première du ministère des Finances était de limiter le risque de certains promoteurs d'immeubles abritant de petites entreprises naissantes en biotechnologies (start-ups), fragiles sur le plan financier. Tout comme à la Cité du multimédia et à la Cité du commerce électronique, la garantie de revenus locatifs aurait permis d'indemniser les promoteurs des centres de développement des biotechnologies incapables de louer une partie de leurs locaux commerciaux.

Or il semble que l'aide gouvernementale ciblée pour des immeubles désignés crée un certain remous dans le milieu des affaires. Ce qui ne semblait être qu'un simple délai d'application semble devenu un nouveau champ de bataille.

Au sein même du gouvernement, il y aurait des divergences d'opinion sur la question. Certains craindraient les éventuels effets pervers d'une telle mesure, dont de possibles pressions de la part des institutions financières désireuses de prendre le moins de risque possible. D'autres personnes prôneraient au contraire cette forme d'interventionnisme, question de forcer la création d'emplois dans la «nouvelle économie».

Comme le précise le sous-ministre adjoint aux politiques économiques et fiscales au ministère des Finances, Luc Monty, la question n'est pas tranchée. «Il y avait eu une annonce faite dans le discours du budget [en mars dernier], mais ce n'est pas encore en vigueur. Il y a encore des discussions au gouvernement. On réévalue la possibilité de l'appliquer en biotechnologies», a confirmé M. Monty au Devoir.

Actuellement, quatre centres de développement des biotechnologies sont accrédités par Québec: à Sherbrooke, Laval, Saint-Hyacinthe et Lévis. D'autres promoteurs tentent toutefois de percer le marché. De plus, un vaste projet de biotechnologies serait sur les planches à dessin en lien avec l'éventuelle construction du nouveau CHUM dans le quartier Petite-Patrie.

La garantie de revenus locatifs a été inventée pour la Cité du multimédia. Son promoteur bénéficie d'une garantie de 13 millions. Il peut réclamer une aide à cinq reprises au maximum sur une période de dix ans. La garantie de revenus a permis la construction rapide d'édifices sans trop de risque pour le promoteur, un consortium formé de la Société de développement de Montréal, la SOLIM (Fonds de solidarité) et la SITQ (Caisse de dépôt et placement). Ce faisant, le gouvernement assure le prêteur hypothécaire du paiement de la dette même si une partie des locaux devait rester vide.

Cette aide financière gouvernementale a par la suite été accordée à la Cité du commerce électronique. Par décret gouvernemental, son promoteur, Desjardins, jouit d'une garantie de revenus locatifs de 25,7 millions sur dix ans. L'aide a trait à une superficie de 400 000 pieds carrés sur les 925 000 existants actuellement.

La garantie de revenus locatifs s'ajoute à l'arsenal des mesures d'encouragement fiscal déjà en place (subventions directes, garanties de prêts, crédits d'impôt pour la création d'emplois et congés fiscaux). Le problème semble résider dans le fait que les garanties de revenus locatifs sont réservées à certains promoteurs, laissant les autres sans grands moyens d'attirer les entreprises.