Architecture - Sur un site naturel spectaculaire

La résidence contemporaine conçue par les architectes Gavin Affleck et Richard de la Riva sur la colline Minton à North Hatley surplombe le lac Massawipi.
Photo: La résidence contemporaine conçue par les architectes Gavin Affleck et Richard de la Riva sur la colline Minton à North Hatley surplombe le lac Massawipi.

Une résidence de facture contemporaine sur un site naturel spectaculaire à North Hatley en Estrie. Remarquée au Québec et à l'étranger, la maison Minton Hill a reçu plusieurs distinctions. L'agence Affleck + de la Riva architectes vient en outre de rafler le Prix de l'Institut de design Montréal (IDM) dans la catégorie Architecture.

Une maison de bois «trouée», permettant de contempler le magnifique paysage. La résidence contemporaine construite sur la colline Minton à North Hatley surplombe le lac Massawipi. Cette maison, conçue par Affleck + de la Riva architectes, a fait l'objet de reportages dans des publications spécialisées au Québec, ailleurs au Canada, aux États-Unis et en Espagne. Finaliste 2004-2005 aux Prix d'excellence en architecture de l'Ordre des architectes du Québec, le projet a reçu en 2004 un Prix d'excellence du Conseil canadien du bois.

«On a construit cette maison sur un site qui n'avait pas besoin d'architecture pour être spectaculaire», mentionne l'architecte Gavin Affleck. La colline Minton offre une vue panoramique et le paysage est à couper le souffle. «C'était un défi d'y intégrer une maison», dit l'architecte, qui connaît ce lieu depuis son enfance.

Maison « trouée » et toit en forme d'ailes

La maison de la côte Minton comporte deux parties: le lieu de travail et le lieu de résidence. Le toit chapeaute les deux sections. Le propriétaire de la maison doit sortir à l'extérieur pour passer de l'une à l'autre. C'est peu fréquent, mais cela se voit dans l'architecture traditionnelle japonaise, mentionne l'architecte. «C'est un peu comme si l'extérieur faisait partie de la maison.»

Le «trou» de la maison permet de révéler le paysage, dit Gavin Affleck. En architecture, certaines particularités, dont celle-ci, peuvent découler de hasards plutôt qu'avoir été planifiées dès le départ, mentionne-t-il. «Souvent les concepts sont des occasions qui se présentent.»

De la même manière, les symboles ne sont pas forcément le fruit d'un acte réfléchi. Ce sont les enfants de l'architecte qui lui ont fait remarquer que le toit de la maison, plus haut sur les côtés qu'au centre, ressemblait à des ailes. Symbole de liberté, les ailes peuvent représenter l'occupant, dit Gavin Affleck, qui affirme avoir eu un très bon client, Steven Marien. Si ce n'est pas le cas, les architectes ne peuvent pas être finalistes à des concours, estime-t-il.

La maison est pourvue, côté sud, de grandes fenêtres et, côté nord, de panneaux d'ardoise, fraîche en été et chaude en hiver. Côté sud, le toit est prolongé de façon à couper le soleil l'été. «La maison de ferme de l'Estrie était très écologique aussi. On ne vient pas d'inventer l'architecture verte au XXIe siècle. Ça a toujours existé, on l'a perdue simplement pendant quelques générations au XXe siècle», dit l'architecte.

À l'image des clients

L'agence Affleck + de la Riva conçoit des maisons et des ensembles d'habitation, travaille à des projets institutionnels, restaure des bâtiments anciens et modernes, et produit des études urbaines et des plans d'aménagement.

«Dans notre travail contemporain, on peut voir certaines choses qui se répètent, mais on a plus tendance à faire des maisons qui reflètent nos clients», dit Gavin Affleck. Selon lui, les très bons architectes actuels, dont Rem Koolhaas, n'imposent pas leur signature. «L'idée de M. Koolhaas, c'est qu'il est passé et qu'il a aidé les gens qui sont là à marquer leur place. C'est beaucoup plus fort comme idée d'architecture que

la signature.»

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Collaboratrice du Devoir