75e congrès de l'Acfas - L'excellence pour une région

C'est à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) que le congrès annuel de l'Association francophone pour le savoir (Acfas) avait eu lieu pour la première fois en région et c'est à cet endroit également que l'événement fêtera son 75e anniversaire cette année. L'occasion est idéale pour mettre à l'honneur les secteurs particulièrement dynamiques de l'UQTR et ses initiatives de recherche les plus prometteuses. Entrevue avec le recteur.

Du 7 au 11 mai, l'UQTR accueillera le congrès annuel de l'Acfas avec ses 5000 délégués et près de 150 colloques. Depuis déjà plusieurs mois, la faune qui gravite autour de l'université est en pleine effervescence.

«Un événement comme le congrès annuel de l'Acfas mobilise tout le monde à l'université autour d'un même objectif. L'événement est important et motivant pour les professeurs-chercheurs, mais aussi pour les étudiants à la maîtrise, au doctorat et au postdoctorat qui auront la chance d'être en contact avec des chercheurs influents de leur domaine d'études et d'autres plus ou moins connexes, ce qui enrichit et dynamise considérablement les travaux de recherche», explique le recteur de l'UQTR, Ghislain Bourque.

Énergie verte et écologie

Considérant que plus du quart des colloques présentés lors du congrès de l'Acfas sont l'oeuvre de chercheurs rattachés à l'UQTR, l'événement offrira une vitrine extraordinaire sur les travaux de recherche menés sur le campus. Au fil des ans, l'UQTR a su développer des champs d'expertise dans des domaines de pointe très pertinents pour le monde actuel et pour celui de demain.

La recherche sur l'hydrogène en est un bon exemple. Dans un contexte d'accroissement constant de la demande en énergie et, d'un autre côté, vu l'importance accordée à la protection de l'environnement, l'hydrogène pourrait s'avérer être un carburant d'avenir. «Nous sommes un véritable chef de file au Canada, avec Vancouver, en ce qui a trait à la recherche sur l'hydrogène. Grâce à notre institut de recherche, nous travaillons beaucoup sur le stockage de la molécule, mais aussi sur la sécurité et sur les différentes utilisations de l'hydrogène», indique M. Bourque.

L'écologie des eaux douces est également un domaine d'études important à l'UQTR. «Nous avons fait l'acquisition d'un navire de recherche, il y a deux ans, que nous avons baptisé le Lampsilis. Il explore les eaux de Tadoussac aux Grands Lacs», poursuit-il.

La santé pour une région

Certainement considérée comme un secteur névralgique à l'UQTR, la santé n'est toutefois pas abordée de façon classique sur le campus. «Nous avons un créneau de disciplines dans le domaine de la santé qui est exclusif à l'UQTR. Nous donnons des formations qui ne se donnent nulle part ailleurs au Québec, comme la chiropratique et la podiatrie. Nous formons aussi les sages-femmes. De plus, nous sommes en train de développer une clinique multidisciplinaire pour arriver à offrir aux patients un diagnostic qui inclura de multiples volets en se rendant à un seul endroit. Ainsi, le secteur de la santé en est un de haute visibilité à l'UQTR et très à l'avant-garde», soutient M. Bourque.

De plus, toujours dans le domaine de la santé, l'établissement sert de prolongement à la faculté de médecine de l'Université de Montréal (UdeM). En plus d'héberger les étudiants et de donner les cours de première année, l'UQTR reçoit des professeurs de l'UdeM qui viennent donner les cours de médecine dès la deuxième année de formation des futurs médecins. D'ailleurs, en permettant à ces étudiants d'acquérir leur formation en région, l'UQTR crée un effet de rétention. «Les étudiants s'habituent à travailler en région et développent une sensibilité particulière. Parmi les étudiants formés en région, 65 % d'entre eux continueront d'y travailler une fois leurs études complétées», précise M. Bourque.

Contexte de mondialisation

Secteur critique pour la province et où plusieurs défis seront à relever dans les prochaines années, les pâtes et papiers sont également

un important pôle de recherche, mais également d'enseignement à l'UQTR. «Sur notre campus, nous avons le Centre de recherche en pâtes et papiers qui permet de former les étudiants sur de véritables presses. C'est unique au Canada. De plus, grâce à nos industries partenaires, de véritables contrats de recherche sont confiés aux professeurs et étudiants-chercheurs», précise le recteur.

Enfin, dans le contexte de mondialisation qui affecte le monde du travail de différentes façons, l'Institut de recherche sur les PME de l'UQTR travaille à faciliter le développement de ce type d'entreprises québécoises. «Nous sommes très préoccupés par les entreprises du secteur manufacturier et celui des services. Nous tentons, par nos recherches, de favoriser le positionnement des entreprises sur le marché international dans un contexte de concurrence», affirme M. Bourque.

Des domaines particulièrement observés

Un événement comme le congrès annuel de l'Acfas est toujours une bonne occasion d'échange entre les chercheurs de différentes universités pour qu'ils voient ce qui se fait ailleurs, et ainsi, qu'ils puissent ouvrir leurs horizons. L'UQTR, qui souhaite être en mesure d'offrir prochainement une formation en ergothérapie, accordera certainement une attention particulière aux colloques qui porteront sur le domaine. «Nous regarderons comment d'autres établissements conçoivent la formation en ergothérapie pour essayer d'offrir la formation la plus complète et la plus complémentaire possible», soutient M. Bourque, qui espère accueillir les premiers étudiants en ergothérapie en septembre prochain.

Les différents domaines de génie sont également en forte ébullition à l'UQTR. «Nous travaillons beaucoup en interdisciplinarité et le génie est un champ d'études qui peut servir dans plusieurs autres disciplines. Nous souhaitons que nos professeurs de génie ciblent, lors des

colloques, des thématiques qu'ils pourraient développer davantage à l'UQTR. Nous avons espoir qu'il y ait entre autres des avancées dans le secteur des nanotechnologies», soutient le recteur, avant de rappeler toutefois que le congrès ira réellement dans diverses directions et que c'est justement cette caractéristique qui en fait la richesse.

Collaboratrice du Devoir