Haro sur les crèmes antirides

Les crèmes dites «face-lifts instantanés» qui font disparaître les rides en l'espace d'une heure ne font pas leur miracle sans conséquences. Selon des chercheurs de l'Université Laval, elles interrompent la division des cellules épidermiques et provoquent même la mort de plusieurs d'entre elles, révèlent-ils dans la plus récente publication du British Journal of Dermatology.

C'est en étudiant d'autres problèmes de pharmacothérapie que le chercheur de l'Université Laval François Marceau a observé que le 2-diméthylaminoéthanol (ou DMAE) utilisé dans certaines crèmes antirides vendues comme des face-lifts instantanés provoquait une pathologie cellulaire.

L'application de DMAE provoque un gonflement rapide et spectaculaire des nombreuses vacuoles des cellules épidermiques ainsi que des fibroblastes du derme, la couche la plus profonde de la peau. Ces petits réservoirs qui interviennent dans les échanges entre l'intérieur et l'extérieur se remplissent d'eau et, de ce fait, font gonfler anormalement les cellules qui les contiennent ainsi que l'ensemble de l'épiderme, la couche superficielle de la peau où se situent les cellules affectées, explique le professeur de pharmacologie expérimentale. «L'épaississement de la peau provoqué par le gonflement pathologique des vacuoles expliquerait l'effet antirides du DMAE», résume-t-il avant d'ajouter que dans les heures qui suivent l'apparition de ces transformations, la division des cellules épidermiques et des fibroblastes est ralentie, voire arrêtée, et un nombre significatif d'entre eux meurent. Ces manifestations observées in vitro laissent présager des effets néfastes à plus long terme, souligne le scientifique, qui poursuit ses recherches sur ce composé.

«Nous ne partons pas en croisade contre les marques de cosmétiques contenant ce composé», se défend François Marceau, qui insiste par ailleurs sur le fait que «cette substance et de multiples autres composés chimiquement comparables se comportent de façon aussi complexe que des médicaments alors qu'ils n'en sont pas selon la définition légale d'un médicament».

«Il faudrait étudier leur mode d'action et leur effets toxicologiques au même titre que n'importe quel médicament», clame-t-il, d'autant que ces composés qui échappent à la Loi des aliments et drogues sont légion.

En effet, plusieurs autres produits chimiques de la même famille que le DMAE et portant des noms tels que triéthanolamine et méthyldiéthanolamine sont présents dans une grande variété de crèmes, rouges à lèvres, shampooings, savons et lotions pour bébés.

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