La Terre est en danger de surchauffe

Pour les quelque 300 scientifiques qui ont participé, à Paris cette semaine, à la révision du quatrième rapport sur l'état du climat planétaire, ce dossier entre dans une nouvelle phase où les chercheurs seront de moins en moins le centre d'intérêt, au profit des politiques. Un moment historique, ont déclaré plusieurs.

Le quatrième bilan scientifique de l'ONU sur le climat accouche d'une conclusion péremptoire. En effet, le doute n'est plus permis sur le plan scientifique: les changements climatiques et la réalité de l'impact des émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine humaine, qui poussent à la hausse le thermostat de la planète, sont désormais un fait «indéniable» («unequivocal»), a conclu hier la Conférence de Paris sur les changements climatiques.

Ces changements, mesurés partout sur la planète, notamment la hausse de la température moyenne du globe, le relèvement des mers, la fonte des glaciers terrestres et la diminution de la calotte polaire, démontrent que la Terre est en danger de surchauffe, estime la communauté scientifique. Cette conclusion est émise avec un degré de fiabilité de 90 %, ont affirmé à l'unanimité les quelque 300 évaluateurs scientifiques réunis à Paris pendant toute une semaine pour éplucher, amender et approuver, mot à mot, le Résumé à l'usage des décideurs d'une vingtaine de pages, un texte proposé par le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC).

Pour Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), ce rapport fera des assises de Paris une «borne historique» qui démarquera l'ère des débats ou du doute «du temps de l'action». L'ampleur du risque que court la planète si l'humanité ne réagit pas, a-t-il dit, est telle que «quiconque décidera de prendre le risque de ne pas agir après ce rapport entrera dans les livres d'histoire comme un irresponsable».

Pour le commissaire européen à l'Environnement, Stavros Dimas, «les récentes observations et mesures présentées dans ce rapport ne permettent plus de douter que le climat de la planète est en train de changer et que la plupart des changements observés depuis 50 ans sont attribuables à l'activité humaine». M. Dimas a invité la communauté internationale à «engager des négociations internationales sérieuses en vue d'adopter au niveau mondial un nouvel accord de large portée qui permettra de mettre un terme au réchauffement de la planète». Il a réitéré la proposition de l'Union européenne, formulée il y a un mois, d'engager les pays développés à réduire leurs émissions de 30 % sous le niveau de 1990 d'ici 2020.

Quant au grand patron du dossier climatique à l'échelle planétaire, Yvo de Boer, il a déclaré hier au Devoir depuis Paris que la négociation de la phase 2 du protocole de Kyoto, c'est-à-dire les engagements à prendre pour l'après-2012, devrait être précédée d'une vaste conférence internationale réunissant non pas les ministres de l'Environnement mais, en priorité, les chefs de gouvernement, une idée évoquée plus tôt cette semaine.

«Quand la convention de Rio a été signée, en 1992, a expliqué M. de Boer lors de cet entretien [voir autre texte en page A 3], c'était un enjeu purement environnemental. Mais la question des changements climatiques s'est complexifiée, et elle est désormais intimement liée aux questions de sécurité énergétique, de politique économique et de coopération internationale en matière de commerce. C'est pourquoi l'action dans ce dossier doit désormais provenir d'un signal des chefs de gouvernement, un signal nécessaire avant d'aller plus loin dans ce dossier.» Yvo de Boer a ajouté que les ministres de l'Environnement qui se réuniront en Indonésie au début de décembre 2007 pour poursuivre les travaux des conférences internationales de Montréal et de Nairobi ont par ailleurs besoin de ce mouvement de fond pour empêcher l'enlisement des pourparlers dans les détails et les intérêts particuliers.

Un bilan élargi

Le bilan dressé par les chercheurs réunis à Paris englobe à quelques détails près tous les chiffres et la quasi-totalité des conclusions contenues dans le projet de conclusion, publié samedi dernier en primeur dans Le Devoir. Ce document résume les conclusions de 600 auteurs répartis dans 40 pays et des travaux qu'ils ont menés depuis six ans. Ces travaux ont été soumis à 600 examinateurs au cours de la dernière année et le bilan qu'en a tiré le GIEC a été passé à la loupe par les gouvernements signataires de la Convention sur les changements climatiques, dont les États-Unis et le Canada. Les 300 spécialistes dépêchés à Paris par les gouvernements ont finalement approuvé — à l'unanimité — la version finale de la synthèse scientifique mise au point cette semaine. Cette synthèse constitue le squelette du bilan scientifique final — près de 400 pages — qui sera publié en mai. Cette synthèse servira par ailleurs de base scientifique au deuxième rapport du GIEC, attendu en avril, qui portera sur les impacts du réchauffement climatique, ainsi qu'à un troisième rapport, à être publié en mai, qui désignera les mesures possibles de contrôle ou de mitigation du mégaphénomène et certains moyens d'en atténuer les séquelles pour l'humanité et les écosystèmes.

Le bilan final déposé hier confirme l'accroissement considérable des GES dans l'atmosphère terrestre depuis l'ère préindustrielle, au point où cette hausse dépasse toutes les variations naturelles depuis 650 000 ans. Ce constat amène les scientifiques à prédire une hausse moyenne de la température terrestre de 3 °C d'ici la fin du siècle, dans une fourchette allant de 2 à 4,5 °C. La hausse maximale serait atteinte si les concentrations de CO2 passaient de 379 parties par million, comme c'est le cas à l'heure actuelle, à 750 ppm.

Les chercheurs ont révisé leurs calculs sur la hausse réelle de la température de la planète depuis 100 ans. Elle atteint désormais 0,74 °C et non pas 0,6 °C, comme on le pensait jusqu'ici. Cette très forte hausse — près de 25 % de plus que les chiffres du dernier rapport, en 2001 — s'explique par le fait que 11 des 12 dernières années ont été les plus chaudes depuis 1850. Ce dernier siècle a en fait été le plus chaud dans l'hémisphère Nord depuis 1300 ans. La température de l'Europe s'est d'ailleurs élevée plus qu'ailleurs sur la planète, gagnant un plein degré centigrade depuis l'ère préindustrielle.

Le bilan définitif du GIEC confirme que si on ramenait immédiatement les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) au niveau de l'an 2000, la température du globe augmenterait néanmoins de 0,1 °C pendant les deux prochaines décennies. Mais comme un tel scénario est purement théorique, la réalité sera fort différente: les 23 modèles mathématiques mis à contribution prévoient une hausse moyenne de 0,2 °C pour chacune des deux prochaines décennies (total: 0,4 °C), soit une augmentation de près de 50 % en 20 ans par rapport à celle survenue au cours des 250 dernières années (0,7 °C).

Le bilan du GIEC prévoit par ailleurs le recul des glaces arctiques, la réduction des couverts neigeux partout sur la planète, l'écourtement de la saison de gel hivernal, le dégel progressif du pergélisol, l'augmentation des précipitations dans les régions nordiques ainsi que l'arrivée dans ces zones plus nordiques de phénomènes climatiques comme les tornades et les ouragans de type tropical. La plupart des régions de la planète situées plus au sud vont s'assécher davantage alors que, partout, le dérèglement du climat va multiplier les chaleurs extrêmes, tout comme l'étendue et la durée des sécheresses.
15 commentaires
  • David Prince - Inscrit 3 février 2007 06 h 35

    Ça va mal

    Un de mes collègues m'a traité de fou lorsque je lui ai dit que j'allais m'acheter un véhicule hybride (pas un hummer hybride, mais une Prius). Il m'a dit que les économies d'essence ne compenseraient pas le prix supplémentaire payé. Combien vaut l'avenir de la planète? Il faut tous se prendre en main!

  • Lise Jacques - Inscrite 3 février 2007 09 h 14

    On s'y attendait

    Aucune surprise dans ce quatrième rapport!Il reste à voir quelles mesures nos gouvernements vont prendre.

    Avec les pétro dollards qui mènent le monde, il y a tout un revirement à faire de toute urgence.

    Sont-ils d'accord pour trouver des alternatives au pétrole et au charbon? Des moyens de transports non polluants. Surement pas notre gouvernement fédéral actuel...ni celui de nos voisins...

    Tant et aussi longtemps que nos gouvernements en place resteront inactifs, en ne prenant pas toutes les mesures pour remédier à la situation actuelle, nous courons vers le pire.

    (...) C'est que contrairement aux scientifiques expérimentateurs, qui peuvent se débarrasser de leurs éprouvettes quand elles s'enflamment, nous sommes, nous, dans l'éprouvette avec nos enfants et nos petits-enfants Cette situation fait porter sur nos futurs députés et nos futurs gouvernements les plus lourdes responsabilités. Jamais les élus des générations précédentes n'eurent à en assumer de telles. »Hubert Reeves.

    Chateaubriand disait; « Les forets précèdent les hommes, les déserts les suivent. »

    Lise Jacques

  • Jean-Pierre Aubry - Abonné 3 février 2007 10 h 24

    Un gouvernement qui ne met pas les cartes sur la table

    Une des premières étapes de la lutte contre les effets des gaz à effet de serre est de reconnaître qu'il y a une menace sérieuse devant nous. Le dernier rapport du GIEC est très clair. Seuls ceux qui ne veulent pas comprendre ou qui s'en foutent ignoreront ce message. La seconde étape est celle où les gouvernements doivent mesurer l'ampleur présente et future de cette menace et définir une stratégie de lutte. Il est clair que le gouvernement fédéral doit prendre la position de commande dans ce dossier. Le laissez-faire n'a pas fonctionné et ne fonctionnera pas. La troisième étape est la mise en place par les gouvernements de cette stratégie, le suivi des progrès et l'ajout de corrections au fur et à mesure que de nouvelles informations sont disponibles.

    Jusqu'à date, il est extrêmement malheureux que le gouvernement canadien n'ait pas assumé son rôle, pire encore, il semble incapable de bien informer les citoyens canadiens sur ce dossier et sur les décisions qu'il a prises ou s'apprête à prendre comme en fait foi le reportage de Radio-Canada (Zone libre) sur l'exploitation des sables bitumineux.

    Ce qui m'a renversé dans le reportage présenté à l'émission Zone libre (le vendredi 19 janvier 2007, Du sable dans l'engrenage, fait par le journaliste Guy Gendron et réalisé par Jean-Luc Paquette), ce n'est pas la stratégie des pétrolières de développer le plus rapidement possible les sables bitumineux. Elles agissent pour maximiser leurs profits et l'avoir de leurs actionnaires. Ces agissements ne semblent pas avoir violée les lois et la réglementation canadiennes.

    Ce qui m'a renversé dans ce reportage, ce n'est pas le comportement du gouvernement américain et de son président qui veulent sécuriser à long terme les approvisionnements de pétrole dont les États-Unis sont dépendants. Ce comportement est d'autant plus logique si ces derniers croient qu'il n'y aura pas d'effets négatifs importants, pour l'environnement climatique des Américains, causés par l'exploitation intensive des sables bitumineux au nord de l'Alberta.

    Ce qui m'a renversé, c'est le manque de transparence du gouvernement fédéral. Ce gouvernement devrait informer régulièrement les citoyens canadiens de ses prévisions à long terme sur les émissions canadiennes de gaz à effet de serre et sur l'impact de divers projets majeurs faits par les entreprises privées et des divers programmes gouvernementaux. Si le gouvernement permet et prévoit le développement des sables bitumineux à un certain rythme, il doit informer les citoyens des implications de cette prévision sur l'émission des gaz à effet de serre et sur toutes autres émissions importantes de polluants. Le gouvernement a une obligation de transparence. S'il pense que l'accélération du rythme de développement des sables bitumineux est bénéfique pour le Canada, malgré l'émission de gaz à effet de serre et autres polluants, il a l'obligation de rendre des comptes à la population sur ses décisions et de les expliquer à la population.

    L'impression que j'ai eue en écoutant ce reportage, c'est que le gouvernement joue à la cachette avec les citoyens et que, malgré les beaux discours, il évalue à un faible coût les effets négatifs de la pollution générée par l'exploitation des sables bitumineux et, en général, par l'émission de gaz à effet de serre. Si c'est cela qu'il croit, qu'il le dise et qu'il présente les arguments qui justifient ses décisions. C'est une question d'intégrité et de crédibilité.

    Le gouvernement fédéral doit également informer la population des implications de quintupler le niveau d'exploitation des sables bitumineux sur l'économie des provinces canadiennes, en tenant compte des implications significatives de ce projet sur la valeur de la devise canadienne. Il doit finalement expliquer quels seront les effets de cet énorme projet sur la redistribution de la richesse nationale entre les provinces.

    Jean-Pierre Aubry
    Président du Comité des politiques publiques
    Association des économistes québécois

  • Yvon Dionne - Inscrit 3 février 2007 11 h 28

    Un risque de refroidissement sous-estimé

    Le «résumé pour décideurs» du GIEC : quelques questions aux «décideurs» :


    Comme en 2001 et antérieurement, le GIEC (Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat) a fait du climat une affaire politique au lieu de s'attarder aux données scientifiques. Le résumé rendu public aujourd'hui s'adresse d'abord aux «décideurs», en particulier aux chefs d'État du monde entier, y compris une majorité de dictateurs, d'oligarques, etc. Tous ces pays ont droit de vote. Le rapport viendra plus tard en mai et sera probablement galvaudé comme l'a été celui de 2001 pour que les faits correspondent au... résumé. C'est particulièrement préoccupant quand des politiciens, tel Stéphane Dion, proclament que leur foi en Kyoto est justifiée par les activistes Stephen Guilbault et Jean Lemire.

    Même si je suis loin du processus de décision et que je n'ai aucune influence sur le mouvement des nuages, des plaques tectoniques, sur l'activité solaire, etc. j'aimerais néanmoins poser quelques questions à ces décideurs qui croient mordicus à l'Évangile selon le GIEC.

    1. Personne ne conteste qu'il y a un réchauffement climatique et l'activité humaine, comme les animaux en général, la décomposition organique, les feux de forêt, a une part à ce réchauffement. Mais comment peut-on dire que cette part est déterminante? La hausse des gaz à effet de serre depuis un siècle n'est pas plus accentuée que plusieurs hausses précédentes depuis environ 500 000 ans. La présente période est similaire à celle qu'a connue le Moyen Âge vers l'an 1100. Comment ces scientifiques kyotistes expliquent-ils la fonte de la calotte sud polaire (CO2 solide) sur Mars, où il n'y a pas de Martiens?
    2. Comment espérez-vous pouvoir contrôler le climat alors que vous n'arrivez même pas à bien gérer toutes les responsabilités que vous vous êtes données depuis 50 ans?
    Oseriez-vous dire qu'il n'y a pas de bénéfices au réchauffement climatique (agriculture, tourisme, transport, moins d'accidents, moins de chauffage, etc.) et qu'il y en aurait au refroidissement? Comment expliquer alors pourquoi près d'un million de Québécois vont dans le sud en hiver?
    3. Il est indéniable que le Soleil constitue notre principale source de chaleur, que cette chaleur stimule la production de CO2 et de méthane (c'est pourquoi les GES succèdent au réchauffement, et non l'inverse), et que l'énergie venant du Soleil augmente depuis les origines de la Terre. Cette irradiation fluctue aussi, sans compter l'irradiation cosmique. Nous aurions atteint le maximum d'une activité solaire intense (dont les effets vont se poursuivre pendant quelque temps) et plusieurs scientifiques pensent (ce sont les hérétiques, tel Henrik Svensmark, ou du moins les sceptiques) que nous entrons dans une période de refroidissement qui pourrait être similaire au Petit Âge Glaciaire connu comme le minimum de Maunder (1645-1715), soit un minimum de taches solaires et de champ magnétique solaire. Le GIEC, avec tous ses scientifiques-fonctionnaires, ne croit pas que le Soleil joue un rôle déterminant. Curieux.
    Ma question : Puisque vous êtes les «décideurs» êtes-vous prêts (et prêtes) à mettre votre tête sur le billot (selon l'expression d'un politicien qui lui aussi nous a coûté cher) si vous nous avez conduits dans une aventure coûteuse de contrôle du climat qui s'avère une catastrophe ? (en fait, à mon avis, c'est la seule réelle catastrophe non prédite par le GIEC !).
    4. Comment vous, les «décideurs», pouvez-vous prêter foi à des prévisions climatiques à très long terme (100 ans), alors qu'il manque de l'information et de la recherche et qu'on n'arrive même pas à savoir ce que sera la météo dans quelques jours, ce que coûtera le baril de pétrole dans un an, ou ce que seront les taux d'intérêt ?
    5. Une dernière question, pour le dessert... Le chef du parti libéral du Canada, M. Stéphane Dion, de même que le chef du parti libéral du Québec, M. Jean Charest, et plusieurs autres chefs et petits chefs d'autres groupes et partis, croient fermement qu'il faut réaliser les objectifs posés par Kyoto pour 2012. Pouvez-vous nous chiffrer les coûts économiques pour tous les secteurs de l'économie, ainsi que le coût pour les payeurs de taxes, de la «réalisation» de vos croyances ? Auriez-vous l'honnêteté d'exposer objectivement à tous vos électeurs le coût de la réalisation de vos croyances dans les objectifs de Kyoto ?
    («Eppur si muove!» Galilée)

    Merci.

    Yvon Dionne
    St-Damase-de-L'Islet (ou Ashford, Qc)
    G0R 2X0
    http://pages.globetrotter.net/yvon_dionne

  • Fernand Trudel - Inscrit 3 février 2007 11 h 35

    Le GIEC ne nous dit pas toute la vérité

    Aux dernières nouvelles, le quatrième rapport du GIEC / IPCC (AR4 2007) sera publié en pièces détachées, le Résumé pour décideurs étant pendant trois mois le seul document accessible au public. Une procédure critiquable, puisque ce Résumé a montré ses faiblesses dans le passé. Concrètement, cela signifie que l'auteur principal (et son équipe réactionnelle restreinte) d'un chapitre peut être amené à modifier légèrement le contenu scientifique du rapport en vue de le faire coïncider avec la synthèse politique. Et ces changements ne sont pas seulement grammaticaux ou de styles. Entre temps les médias se font les haut-parleurs du résumé.

    Dans son résumé, avant le rapport complet publié plus tard, on peut lire ceci:

    GIEC : La concentration atmosphérique de dioxyde de carbone (CO2) est passée de 280 ppm (1750) à 379 ppm (2005), aboutissant à un taux de concentration atmosphérique supérieur à celui des 650.000 dernières années. La hausse des dix dernières années (1995-2005) est de 1,9 ppm/an, supérieure à celle de la moyenne depuis le début des mesures (1,4 ppm/an).

    Or, la réalité est tout autre et un rapport récent contrarie cette assertion. En voici un extrait :

    Il convient de noter que la hausse des émissions CO2 rapportée au nombre d'habitants (per capita) semble avoir atteint un plafond au début des années 1980, plafond que n'a pas remis en cause le développement rapide des pays émergents dans cet intervalle (figure ci-dessous). Cette observation permet quelqu'optimisme sur l'avenir, puisque la part relative des énergies nucléaires et renouvelables est appelée à croître dans le mix énergétique. Cela n'empêchera pas bien sûr la progression en terme absolu du CO2 atmosphérique. Mais cela autorise à douter du réalisme des scénarios d'émission (SRES) les plus pessimistes utilisés par le GIEC. (Source CDIAC, Marland 2006)»

    Le GIEC rapplique avec le méthane et erre en plus. Voici un extrait du résumé.

    GIEC : La concentration atmosphérique de méthane (CH4) est passée de 715 ppb (1750) à 1732 ppb (2005), aboutissant à un taux de concentration atmosphérique supérieur à celui des 650.000 dernières années. Le taux de croissance a diminué depuis le début des années 1990, ce qui est consistant avec des émissions totales (anthropiques et naturelles) constantes au cours de cette période.

    Voici quelques commentaires de scientifiques qui sont sceptiques face à cet énoncé.

    Cette stagnation des concentrations de méthane est actuellement incomprise par les chercheurs et représente une surprise.

    · Les scénarios d'émissions du GIEC (SRES) prévoient tous une hausse du méthane, même les plus optimistes. Ces scénarios sont donc déjà faux pour la décennie en cours et totalement incertains pour le siècle en cours. Ainsi, les scénarios prévoyaient tous une concentration de 1760 ppb en 2000 (déjà supérieure à la réalité 2007) et de 1816 à 1964 ppb pour 2010, chiffres dont on est bien loin.

    · Le CH4 est un gaz à effet de serre 22 fois plus puissant que le CO2 et représente environ 20% du forçage anthropique attendu en 2100. Si le méthane en venait à se stabiliser durablement ou à ne progresser que modérément, les projections de température 2100 seraient donc à revoir entièrement.

    Alors qui dit vrai ! ! !

    Déjà on prépare l'après Kyoto sans nous dire qu'il fut un fiasco.