La nouvelle console de Nintendo a volé la vedette au festival Arcadia

De toutes les attractions et les nouveautés disponibles sur les lieux du festival Arcadia, cette fin de semaine au stade Uniprix, c'est sans contredit la nouvelle console de Nintendo qui a volé la vedette.

Aux heures d'affluence du festival, le délai d'attente pour entrer dans la zone de Nintendo était de deux heures. Et même une fois dans la zone, il fallait encore faire la queue pour essayer la nouveauté. Est-ce que le jeu en valait la chandelle? La nouvelle technologie de contrôle, répondant au déplacement du joueur, est au point. Les mouvements sont fidèlement reproduits à l'écran. Au dire de la plupart des festivaliers rencontrés à la sortie, la fameuse Wii répondait bien aux attentes.

Pour le directeur du marketing chez Nintendo Canada, Pierre-Paul Trépanier, les commentaires reçus sont positifs. «Pendant le Sommet international du jeu de Montréal, les développeurs sont tombés en amour avec notre console. Avec le festival Arcadia, les joueurs ont pu découvrir pourquoi notre produit est différent.» Il y a fort à parier que les consoles, mises en marché dimanche prochain, ne resteront pas sur les tablettes bien longtemps.

Optimiste pour le succès planétaire de son nouveau jouet, Pierre-Paul Trépanier se permet quelques pointes incisives à l'endroit de la Playstation 3 de Sony. «On veut que l'expérience soit plaisante, même si on n'a pas les moyens de se payer un téléviseur de 4000 $», dit-il, en faisant référence à la capacité de haute définition de Sony, qui n'est disponible qu'avec un téléviseur HD.

Des parents impliqués

Denis Vadnais est père de trois enfants. Il n'est pas un grand amateur de jeu vidéo. Il se rappelle avec nostalgie l'époque de Pacman et celle de Mario Bros. Ses trois enfants jouent régulièrement à des jeux. «Je parle souvent avec mes enfants, pour leur expliquer la différence qui existe entre la réalité et le jeu vidéo. Ils sont conscients que la violence qu'ils voient dans le jeu n'est pas réelle». Cet enseignant à la Commission scolaire de Laval depuis plus de 20 ans note un changement de comportement chez ses enfants à la suite d'une partie.

«Ma fille de 9 ans est trisomique, et ça lui fait du bien de jouer. C'est une excellente source de stimulation». Selon lui, les parents doivent s'intéresser aux jeux vidéo, puisqu'ils ont une responsabilité par rapport au contenu visionné par leurs enfants.

Du côté de l'industrie, même son de cloche. Pour Maxime Carrier, créateur principal 3D (lead 3D) et concepteur de jeux électroniques (game designer) pour la compagnie Sarbakan, le développeur n'a aucune responsabilité sociale quant au contenu de ses jeux. Étant donné qu'il n'y a aucune réglementation pour l'achat d'un jeu, la responsabilité de superviser les achats de jeu de leurs enfants incombe aux parents. La décision des parents peut être guidée par un système de classification américain, l'Entertainment software rating board (ESRB). «Il n'y a aucune loi qui oblige les commerçants à respecter la classification du ESRB. Certains détaillants demandent une preuve d'âge, mais ils ne peuvent légalement refuser une vente, sous prétexte que l'acheteur est trop jeune.»

Retour vers le passé

La section «Flashback» a été particulièrement appréciée par les parents et les jeunes enfants. Edgar Parente, un collectionneur qui a fourni la majorité des consoles de jeu pour l'événement, s'explique facilement cet engouement. «Pour les plus petits, c'est beaucoup plus facile, étant donné que les contrôles sont simples et que l'histoire est à la portée de tous.» Le jeune homme de 25 ans, qui possède plus de 1200 jeux dans sa collection est satisfait de l'événement, qui lui a permis de communiquer sa passion et de mettre des sourires nostalgiques sur le visage de plusieurs parents.

Des compétitions étaient également au menu du festival. La plus impressionnante a été celle de Dance Dance Revolution (DDR), où les participants exécutent des pas de danse sur un tapis spécialement conçu pour le jeu. La forme physique est un préalable pour cet exercice qui ressemble beaucoup plus à une séance d'aérobie intensive qu'à une partie de jeu vidéo.

Lena, l'hôtesse virtuelle du festival, bombardée de questions aussi loufoques que variées, a su brillamment répondre, souvent avec un brin d'humour. Certains festivaliers se sont même liés d'amitié avec cette cyberguide.

Assez satisfaits

Le directeur général de l'événement, François Décarie, croit que l'objectif du festival a été atteint. «Les festivaliers, tout comme les gens de l'industrie, sont assez satisfaits du résultat qu'on a réussi à obtenir, pour une deuxième année.» Celui qui est également président du festival concède par contre qu'il y a quelques défauts à corriger pour l'an prochain.

«Il n'y aura pas une Wii chaque année», rappelle-t-il, ajoutant qu'il se pourrait que le volet musical soit beaucoup plus marqué l'an prochain. Bien que la superficie du festival ait quadruplé, les organisateurs ont réussi le pari de remplir le stade Uniprix. La pluie a malheureusement découragé ceux qui attendaient à l'extérieur. Comme quoi ce festival a été victime, à certains égards de son propre succès.

Collaborateur du Devoir