Montréal InVivo - L'économie du savoir soutient le développement de la métropole québécoise

Le Centre Innovation Génome Québec de l’université McGill
Photo:  Genome Québec
Photo: Le Centre Innovation Génome Québec de l’université McGill Photo: Genome Québec

Les sciences de la vie dans la région du Montréal métropolitain poursuivent leur progression. Cette grappe industrielle constitue l'un des trois pôles économiques, avec l'aérospatiale et les technologies de l'information, de la nouvelle économie du savoir au Québec. Portrait de cette grappe industrielle.

Depuis 2002, les sciences de la vie dans la grande région de Montréal se sont dotées à la fois d'un outil de concertation et d'une nouvelle vitrine. Il s'agit de Montréal InVivo. «Montréal InVivo a été mise en place de concert avec Montréal International, explique Paul L'Archevêque, président et directeur général de Génome Québec. L'association regroupe autour d'une même table environ 25 personnes représentant tous les acteurs de la grappe. On y trouve évidemment les grandes industries, les universités et les centres de recherche, mais aussi les bailleurs de fonds et les PME du secteur.»

La mission de Montréal InVivo est fort simple. «Le but est de faire avancer et progresser la grappe des sciences de la vie dans la région montréalaise. Et pour y arriver, il faut en premier établir un dialogue entre les différents acteurs et ensuite favoriser une meilleure synergie entre eux. C'est ce que permet Montréal InVivo.»

Montréal InVivo sert aussi de vitrine à cette grappe industrielle dont on tient à faire la promotion. Elle a donc créé son propre logo, qu'elle met à la disposition de tous ceux qui oeuvrent au sein de la grappe des sciences de la vie. «En utilisant le logo de Montréal InVivo sur ses outils de communication, une entreprise ou un organisme peut à la fois faire sa propre promotion et aussi la promotion de la grappe.»

Le choix du nom n'est pas le fruit du hasard. «Nous avons choisi le terme "in vivo" parce que, pour les scientifiques, il s'agit d'une façon de mener une expérience, et pour le grand public, "in vivo" représente le vivant, donc les sciences de la vie.»

De la biopharmaceutique à la recherche

Selon les plus récentes statistiques, datant de juin 2004, la grappe des sciences de la vie compte au Québec 661 entreprises ou organismes de recherche et crée 37 250 emplois directs. «Cela s'est accru depuis, précise Paul l'Archevêque. Présentement, on compte un peu plus de 41 000 emplois pour environ 700 entreprises.»

Au départ, Montréal InVivo s'était donné pour objectif de faire augmenter le nombre d'emplois de 2000 par année. «On maintient le cap. On a connu des périodes de création d'emplois plus accélérées que d'autres, mais dans l'ensemble, on suit la courbe qu'on s'était donnée.»

La grappe des sciences de la vie se divise en quatre groupes ou secteurs d'activité: les centres de recherche, la recherche à contrat, la biopharmaceutique et l'équipement médical, chaque secteur ayant ses propres particularités.

Premier en importance, toujours selon les chiffres de 2004, est le secteur biopharmaceutique, dont les 117 établissements créaient 14 500 des 37 250 emplois directs. C'est dans ce secteur que l'on retrouve les grandes multinationales pharmaceutiques, telles Merck-Frosst, Pfizer Canada, etc. Ce sont ces grandes entreprises, la plupart des filiales de compagnies étrangères, qui créent le plus d'emplois dans ce secteur. S'y trouvent aussi les PME québécoises du domaine de la biopharmaceutique.

Bon second: le secteur de l'équipement médical, qui compte 403 établissements pour un total de 10 000 emplois. Fait à noter, c'est ce secteur qui a connu dernièrement la plus importante augmentation en nombre d'emplois, ayant plus que doublé ses effectifs entre 2002 et 2004.

En troisième place se trouve le secteur des centres de recherche, dont la majorité sont des organismes publics, la plupart du temps affiliées aux universités montréalaises. On y dénombre 125 établissements qui créent 9125 emplois.

Le secteur de la recherche à contrat arrive en dernier avec 16 établissements et 3625 emplois.

Stratégie de développement

Cette situation fait en sorte que la grande région de Montréal demeure le chef de file canadien dans le domaine des sciences de la vie quant au nombre d'emplois créés, au montant des investissements publics en recherche-développement, et au montant des investissements en capital de risque.

Bien qu'il soit difficile de comparer Montréal aux métropoles américaines, en général plus populeuses et plus riches, Montréal là aussi maintient une position de chef de file et se place au huitième rang en Amérique du Nord.

Cette position plutôt enviable ne permet pourtant pas de se reposer sur ses lauriers. «Aujourd'hui, il y a de plus en plus d'agglomérations métropolitaines qui misent sur l'économie du savoir pour leur développement économique et qui, par conséquent, s'intéressent davantage aux sciences de la vie. Par exemple, depuis cinq ans, des villes comme Toronto et Vancouver ont consenti d'importants investissements dans le domaine des sciences de la vie. La barre est donc haute si Montréal tient à conserver son "leadership".»

Selon Paul L'Archevêque, l'enjeu n'est plus la mise en place d'une grappe des sciences de la vie. «La grappe existe déjà et nous disposons de tous les chiffres pour en faire la preuve. Non, l'enjeu, c'est ce que l'on fait maintenant avec cette grappe.» La réponse passe par un développement stratégique de la grappe. «Le développement économique ne peut plus se faire uniquement par des actions individuelles. Il doit venir des secteurs économiques, donc des grappes.»

La mise en place d'une stratégie de développement de la grappe des sciences de la vie exige au préalable une analyse pointue de cette dernière. Devrait-on alors se concentrer sur les secteurs les plus forts quitte à abandonner les plus faibles? «Non, répond Paul L'Archevêque. Il y a de la place pour toutes les activités et je ne voudrais pas choisir entre le secteur biopharmaceutique et l'équipement médical.»

Il propose plutôt une analyse basée sur quatre piliers de développement la recherche, le transfert technologique, le financement et enfin, la commercialisation. «Il faut analyser chacun de ces piliers et trouver la meilleure façon d'être le plus efficace possible. Il faut éviter la duplication et chercher à travailler davantage conjointement.» Il cite l'exemple d'un projet de recherche sur les champignons financé conjointement par Génome Québec et Merck Frosst. «Cela a permis la mise en place d'un nouveau pôle de développement.»

D'autres initiatives similaires verront sans doute le jour. «Les sciences de la vie sont un secteur stratégique pour le développement économique de la grande région montréalaise. Au fond, nous sommes condamnés à avoir du succès.»

Collaborateur du Devoir