Université McGill - Des chaires pour les spécialistes étrangers

McGill maintient un ambitieux programme de titularisation. L'objectif à atteindre: 100 nouveaux professeurs par an, et ce pour les 10 prochaines années. L'un des nouveaux arrivés, Gary Jack Bennett, enseignait jusque-là à Philadelphie et vient poursuivre à Montréal ses recherches sur la douleur.

L'année dernière, pratiquement à pareille date, le gouvernement fédéral annonçait la mise sur pied du Programme des chaires de recherche du Canada. Cette initiative a permis à l'université McGill d'adjoindre quatre nouveaux chercheurs à son corps professoral, dont les membres proviennent du monde entier. Leurs domaines de spécialisation sont variés et comprennent la psychologie, la biochimie, la physique et le génie mécanique.

McGill a choisi de recruter les titulaires de ses chaires exclusivement à l'étranger, compte tenu de sa promesse de recruter au moins 100 nouveaux professeurs par an au cours des 10 prochaines années. L'université souligne avoir mis sur pied un programme parallèle de chaires James McGill et William Dawson pour conserver les meilleurs chercheurs qui font déjà partie de son personnel.

Tel que rendu public, le Programme des chaires de recherche du Canada créé en 2000, d'une valeur de 900 millions de dollars, a été institué par le gouvernement fédéral pour aider les universités canadiennes à attirer et à retenir les meilleurs chercheurs dans les domaines des sciences naturelles et du génie, des sciences de la santé et des sciences sociales et humaines. Pour les chercheurs de niveau supérieur nommés à des chaires de premier niveau, les universités reçoivent 200 000 $ par an pendant sept ans pour défrayer les charges salariales et les coûts se rattachant à la recherche, alors que 100 000 $ par an sont accordés pendant cinq ans pour les chaires d'autres niveaux, qui pourraient être dites «juniors».

Parmi les récipiendaires d'une bourse de niveau supérieur se trouve Gary Jack Bennett, Ph. D., titulaire d'une chaire de recherche du Canada en maîtrise de la douleur et professeur agrégé. Ce professeur, jusque-là rattaché à la MCP Hahnemann University de Philadelphie, mène des recherches qui permettront de comprendre les mécanismes nerveux à l'origine des douleurs chroniques chez les gens dont les nerfs ont été endommagés par un traumatisme, une maladie, des problèmes de métabolisme, et par certains médicaments et toxines. Il cherche à expliquer et à trouver des moyens de soulager les douleurs chroniques. Car il est dit que jusqu'à 33 % de la population souffrirait de douleurs chroniques, état qui affecte particulièrement les personnes âgées. Les recherches du Pr Bennett ont pour but de faire progresser le traitement et la maîtrise des douleurs chroniques.

«Notre recherche porte sur la douleur émanant du système nerveux. Nous travaillons tant avec des gens qu'avec des animaux pour tenter de mieux comprendre son fonctionnement. Notre but est de trouver des traitements plus efficaces et de mieux saisir ce qui occasionne ce type de douleur. Nous avons maintenant la preuve que le système immunitaire joue un rôle important, ce qui n'était pas envisagé il y a seulement quelques années. En effet, si un médicament qui fonctionne sur le système immunitaire permet de contrôler la douleur — et nous en avons la preuve préliminaire —, alors ce qui se profile est très excitant.» Bénéficiant également de l'appui de l'Institut national américain de la santé, le Pr Bennett nourrit de grands espoirs et souhaite que cette compréhension nouvelle du rôle du système immunitaire puisse conduire à de nouvelles thérapies.

Il explique que cette percée pourrait venir en aide aux gens souffrant de diabète, à ceux qui subissent les effets secondaires de la chimiothérapie, à ceux qui ont eu certains nerfs endommagés lors d'accidents, de traumatismes ou à la suite d'une chirurgie. Dans la plupart des cas, lorsque les nerfs sont atteints, la sensation diminue mais, paradoxalement, dans une minorité de cas, les nerfs endommagés ne répondent pas bien à la morphine ni aux autres drogues puissantes. «Jusqu'à tout récemment, nous n'avions rien à proposer à ces gens, mais nous pensons maintenant qu'une nouvelle génération de médicaments pourra voir le jour d'ici cinq ou dix ans.» En attendant, certains devront prendre leur mal en patience!