Publication d'articles de médias belges par Google News - Google.be publie le jugement du tribunal sur sa page d'accueil

Google fait valoir que Google News contribue à augmenter l’affluence sur les sites des médias dont il utilise les textes.
Photo: Agence Reuters Google fait valoir que Google News contribue à augmenter l’affluence sur les sites des médias dont il utilise les textes.

Les internautes belges qui se rendent sur Google sont accueillis depuis samedi par une longue copie du jugement prononcé contre le géant américain, un jugement qui a reconnu Google coupable d'avoir utilisé sans leur consentement des médias belges dans son service Google News.

Hier, en consultant «google.be» ou «news.google.be» on pouvait lire le jugement de 120 lignes défilant sur la page d'accueil belge du célèbre site.

Google avait contesté l'obligation de publier ce jugement sur sa page d'accueil, mais vendredi un tribunal belge a rejeté sa contestation. Google était menacé d'une amende d'un demi-million d'euros par jour s'il ne se conformait pas au jugement.

Le 5 septembre dernier, un tribunal de Bruxelles a exigé que Google News retire de son service tous les articles, photographies et graphiques qui appartiennent aux éditeurs belges. Le service Google News, lancé en début d'année, est offert dans 30 pays et il permet à l'internaute d'obtenir instantanément toutes les nouvelles du monde grâce à un énorme outil de recherche qui recense les principaux titres des médias.

Cette façon de procéder a été contestée par des journaux belges, qui faisaient valoir que Google indexait leurs articles sans avoir obtenu leur permission. Un tribunal belge a donc donné raison aux éditeurs. La semaine dernière Google s'était conformé à la partie du jugement exigeant qu'il retire de son service les références aux journaux belges, mais il contestait l'obligation de publier le jugement sur sa page d'accueil.

Une autre étape juridique doit se jouer le 24 novembre alors que Google entend contester le jugement sur le fond.

Cette histoire continue à provoquer la discussion dans le monde des médias. Google fait valoir qu'en indexant les articles des autres médias, il envoie les internautes qui veulent en savoir plus vers les sites Internet de ces médias, augmentant ainsi l'affluence sur ces sites. Cet argument est accepté par un journal comme Le Monde, qui estime en effet que lorsque Google indexe ses articles, les visites sur son propre site augmentent.

Mais d'autres journaux continuent la guerre. Réunis depuis cinq jours à Bucarest l'Union internationale de la presse francophone (UPF) a déclaré dimanche, par la voix de son président, Hervé Bourges, qu'il fallait créer «une alternative à la logique de Google».

Accompagné du secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, Hervé Bourges a soutenu que la «méthode d'indexation» de Google conduit «à une grégarisation croissante», les internautes s'informant sur un nombre de plus en plus réduit de médias et de sujets, cela au détriment des pays du sud, «sauf sur les rares sujets sur lesquels un grand nombre de médias internationaux s'expriment, et c'est alors rarement à leur avantage», soutient-il.