Discovery réussit son retour dans l'espace

La navette Discovery a décollé à 14h38 pour une mission de ravitaillement de la Station spatiale internationale.
Photo: Agence Reuters La navette Discovery a décollé à 14h38 pour une mission de ravitaillement de la Station spatiale internationale.

Cap Canaveral — Après deux reports consécutifs de son lancement ce week-end en raison des mauvaises conditions météorologiques, Discovery a réussi son décollage hier du Centre spatial Kennedy en Floride, avec à son bord sept membres d'équipage.

Discovery, qui a décollé à 14h38 locales avant d'être mise en orbite, doit acheminer du ravitaillement à la Station spatiale internationale (ISS). C'est le premier lancement d'une mission spatiale habitée américaine le jour de la fête nationale des États-Unis et seulement le deuxième depuis la catastrophe de Columbia, qui avait tué sept astronautes en 2003.

Les ingénieurs de la NASA avaient décidé de maintenir le lancement de la navette hier malgré la découverte d'une fissure sur la mousse isolante du réservoir externe. Une vidéo du lancement n'a pas révélé dans l'immédiat d'anomalie, de débris ou de mousse qui se seraient détachés. Mais sur des photos, en revanche, on pouvait voir de petits morceaux se détacher du réservoir, dont au moins un qui a heurté la navette. Des ingénieurs de la NASA vont passer les jours à venir à examiner les images.

Lundi, une fissure de 12,7 cm de long et 20,3 cm de profondeur a été découverte sur la mousse isolante recouvrant le réservoir externe de la navette, plongeant le décollage de Discovery dans l'incertitude. Mais après avoir examiné la question, les responsables de la NASA ont décidé de maintenir le lancement hier, estimant qu'il n'y avait pas de danger réel pour la navette. «La mousse est acceptable et prête à voler», a affirmé Bill Gerstenmaier, administrateur associé de la NASA.

L'agence spatiale américaine a dépensé des millions de dollars pour empêcher que des morceaux de mousse ne se détachent du réservoir au décollage, un problème qui avait causé la perte de Columbia. Le phénomène s'était à nouveau produit lors de la mission de Discovery l'an dernier, au grand dam des ingénieurs mais sans conséquence pour la navette.

Un autre problème technique est apparu hier matin dans un circuit de secours lié au fonctionnement de radiateurs sur les fusées de propulsion. Une équipe a été envoyée pour régler cette défaillance mineure qui, de toute façon, n'aurait pas empêché la navette d'effectuer sa mission normalement, a indiqué la NASA.

Discovery doit acheminer du ravitaillement à l'ISS. Parmi ses sept membres d'équipage, le spationaute allemand Thomas Reiter, de l'Agence spatiale européenne, fera uniquement le voyage aller. Il séjournera en effet à bord de la Station spatiale internationale au cours des six prochains mois.

La mission devrait donner lieu à deux, voire trois sorties dans l'espace, assurées par l'Américain Piers Sellers et le Britannique Mike Fossum. La NASA espère pouvoir ajouter une journée à la mission afin de tester des techniques de sortie dans l'espace pour réparer d'éventuels dommages causés au revêtement thermique de Discovery.

Selon la NASA, la chute éventuelle de morceaux de mousse isolante au décollage ne devrait pas menacer l'équipage de Discovery, même s'ils venaient à endommager le revêtement de la navette. L'agence spatiale américaine a en effet conçu de nouvelles techniques d'inspection et de réparations en orbite. Et, en cas de nécessité, les astronautes pourront rester à bord de l'ISS en attendant l'arrivée d'une navette de secours.

Steve MacLean

Par ailleurs, l'astronaute canadien Steve MacLean estime que le lancement de la navette spatiale Discovery semble s'être bien déroulé, mais il préfère attendre quelques jours pour avoir l'assurance qu'il n'y a pas de problème.

M. MacLean, qui a observé le décollage de la navette depuis l'Agence spatiale canadienne à Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal, a expliqué que les huit minutes écoulées avant que Discovery ne se sépare des propulseurs d'appoint étaient cruciales. Il souhaite consulter les données des caméras qui ont filmé le vol, a-t-il dit, ajoutant que cela prendrait environ quatre jours.

Le bras canadien à bord de la Station spatiale internationale sera également utilisé pour vérifier la présence d'éventuels dommages à la navette.

Si tout se passe bien avec Discovery, M. MacLean montera à bord du prochain vol de la navette Atlantis, prévu pour la fin août.