74e Congrès - Le festin du savoir

L'université McGill est l'hôte pour la deuxième fois du congrès de l'Association francophone pour le savoir. La 74e édition du plus important rassemblement scientifique de langue française de la planète se déroulera durant cinq jours sous le thème «Le savoir, trame de la modernité».

Coprésident de cet événement majeur et vice-principal exécutif adjoint de McGill, Jacques Hurtubise cerne la signification de la thématique: «Il y a un tissu interdisciplinaire qui se crée et qui augmente à tous les jours; il relie les différentes disciplines entre elles et fait en sorte que le savoir devienne de moins en moins isolé.» Il précise son propos: «Il y a aussi des liens géographiques car le savoir est devenu un phénomène international qui transcende les frontières et qu'on ne peut ignorer; il nous place au centre d'un monde "global", voire même "globalisé", par où passent les échanges. Notamment avec Internet, il n'y a plus de frontières et ceux qui essaient d'en imposer se font rapidement contourner. Ce sont ces événements-là qu'on a choisi de souligner par le choix du thème.»

Le congrès couvre les champs de cinq secteurs au chapitre des disciplines scientifiques, soit ceux des sciences de la vie et de la santé, des sciences physiques, des mathématiques et du génie, des lettres, des arts et des sciences humaines, des sciences sociales et, finalement, de l'éducation. Quelque 200 colloques ou présentations se dérouleront dans chacune de ces sphères de connaissance et l'interdisciplinarité sera la marque de commerce de plus de 80 d'entre eux.

Parallèlement à la programmation scientifique, des activités spéciales, socioculturelles et touristiques seront présentées, au nombre desquelles figure la cérémonie d'ouverture, dont le déroulement servira à mettre en évidence le nouveau pavillon de l'école de musique Schulich. Le ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport profitera de cette occasion pour décerner ses prix soulignant le dévouement de membres du réseau universitaire. Le congrès sera de plus marqué par le lancement d'«Expertise recherche Québec», un outil informationnel mis au point par le ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, de même que par les trois fonds de recherche du Québec.

Sur le plan scientifique, il y a les grands thèmes qui sont couverts et les gens qui viennent de divers horizons: «C'est une conférence qui regroupe de nombreux éléments universitaires, mais il y a aussi un bon nombre de chercheurs du milieu industriel; plusieurs participants nous arrivent d'Europe et en particulier de France. Les attachés scientifiques du consulat de France nous fournissent un vigoureux appui dans l'organisation des colloques et des différentes sessions.» Il soulève un point important: «Je pense qu'il y a une chose qui est particulièrement présente et encourageante, et c'est le rôle que jouent les étudiants dans le présent congrès. C'est un rôle actif et, depuis quelques années, c'est un endroit privilégié pour nos étudiants de maîtrise et de doctorat, qui ont l'occasion de faire leurs premiers pas sur la scène scientifique internationale. Il y a un nombre respectable de nos scientifiques éminents qui ont connu leurs débuts sur cette tribune et ça se poursuit de nos jours. Des 200 colloques, il y en a une cinquantaine qui relèvent de McGill et nos étudiants sont impliqués.»

Appelé à dégager le caractère distinctif de cette 74e édition, Jacques Hurtubise revient sur l'interdisciplinarité: «Il y a 85 colloques qui sont classés de la sorte; c'est une démonstration assez frappante du fait que les barrières tombent, que les gens sont appelés à dialoguer et à se livrer à des échanges sur des sujets qui relient les scientifiques et les humanistes. Je regarde du côté de la "Formation et de l'éthique en nanotechnologie"; on ne croit pas qu'il y a de l'éthique dans cette science mais elle en renferme. Il y aura aussi un colloque sur la "Culture et le pluralisme médicamenteux", qui rejoint des questions culturelles et de santé, parce qu'on soigne des malades issus de différentes populations. On voit l'élargissement de nos horizons personnels à travers de nombreuses présentations. Dans la plupart des cas, ce sont les gens du milieu issus de diverses disciplines qui se rendent compte qu'un point de rencontre leur est nécessaire et utile dans leurs propres démarches. C'est assez excitant!»

Le choix de McGill

Entre 20 et 30 % de la population étudiante de l'université est francophone et celle-ci est située dans la deuxième plus importante ville francophone dans le monde; il n'est donc pas étonnant que McGill accueille le congrès: «Il a lieu à tour de rôle dans des universités du Québec et du Canada francophone; ça se déroule parfois à Moncton et l'Acfas a des satellites dans l'Ouest du pays. Il y a dix ans, l'institution a demandé qu'on l'insère dans le répertoire des universités hôtes. C'est une tâche que nous assumons avec plaisir pour la deuxième fois et c'est toujours bien plaisant de voir avec quel enthousiasme les gens ont répondu à l'appel. Les ressources humaines et physiques abondent pour cette grosse fête du savoir qu'il nous fait plaisir d'organiser.»

Le coprésident lance ce message aux participants: «Venez tous en grand nombre et profitez-en. Il y a une espèce de grand buffet qui a été préparé et la table a été mise. C'est une chance assez exceptionnelle de se promener et de goûter à différentes assiettes intellectuelles.» Il indique pour conclure de quelle façon l'Acfas est perçue dans le milieu universitaire: «Du côté francophone, c'est une organisation qui a une longue histoire qui est très positive. L'Association est moins connue du côté anglophone, mais je pense qu'il s'agit de l'une des sociétés savantes présentes en Amérique du Nord qui est assez reconnue dans les cercles universitaires. Celle-ci joue un rôle qui est toujours très pertinent pour augmenter la présence de la science et du savoir dans notre culture; elle souligne l'importance du fait scientifique et humaniste ou culturel sur la scène publique. Elle répond à un besoin.»

Collaborateur du Devoir