Enquêtes de Statistique Canada - Les immigrants sont en meilleure santé que les Canadiens de souche

Ottawa - Deux études récentes réalisées par Statistique Canada tendent à démontrer que les gens qui immigrent au pays sont en meilleure santé que les Canadiens de souche.

Ils souffrent moins d'affections chroniques, boivent et fument moins, se nourrissent mieux et sont moins enclins à la dépression.

Les études terminées en 2000-01, qui portaient à la fois sur la santé physique et mentale de plus de 131 000 Canadiens, semblent contredire un vieux préjugé selon lequel les immigrants abuseraient du système de soins de santé.

Elles ont permis de constater que 59,6 % des immigrants souffraient de problèmes de santé chroniques — allergies, arthrite, migraines, cancer et maladies cardiaques —, comparativement à 65,2 % des répondants canadiens.

Huit pour cent des répondants nés au Canada ont dit souffrir de dépression, comparativement à 6 % des immigrants, alors que la population existante risquait cinq fois plus que les nouveaux arrivants d'avoir des problèmes de dépendance à l'alcool.

L'état de santé des immigrants est cependant moins bon lorsqu'ils séjournent au pays depuis quelque temps. «Certains présument que ce phénomène est partiellement attribuable au fait qu'à la longue, les immigrants adoptent certaines habitudes nord-américaines néfastes à la santé, comme l'usage du tabac ou une mauvaise alimentation», souligne Claudio Perez, de Statistique Canada.

Les récents sondages ne semblent pas confirmer cette théorie. En fait, précise M. Perez, les immigrants ne modifient pas forcément leurs habitudes de vie au point de ressembler, tôt ou tard, aux autres Canadiens. «En matière d'activité physique, la population née au pays a un comportement plus favorable à la santé, dit-il. Mais en ce qui a trait à la dépendance à l'alcool, à l'obésité, au tabagisme et à la consommation de fruits et légumes, les immigrants ont de meilleures habitudes.»

Comme les données démontrent que les nouveaux immigrants sont en meilleure santé que ceux qui ont immigré il y a plus longtemps, il est possible que les immigrants de la dernière vague représentent un groupe plus en santé que celui de la première génération, peut-être en raison des examens médicaux plus sévères imposés pour l'obtention d'un visa.

Par ailleurs, il est également possible que les immigrants les plus en santé finissent par quitter le Canada tandis que ceux qui sont en moins bonne santé y demeurent.