Grandes assemblées d'information - La FMOQ et la FMSQ veulent traiter l'anxiété des médecins

Alertés par les projets du ministre de la Santé, François Legault, des milliers de médecins du Québec se réuniront les 20, 21, 24 et 25 septembre à Montréal et à Québec pour en savoir plus long sur ce que leur réserve l'avenir.

Dès demain, on s'attend à ce qu'environ 1000 médecins convergent vers Montréal, où la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui regroupe 7500 membres, a convoqué en soirée une imposante assemblée d'information destinée à calmer l'inquiétude qui court chez les spécialistes. Une réunion similaire aura lieu à 9h le lendemain matin à Québec.

De son côté, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), qui poursuit aussi ses discussions avec les négociateurs du ministère de la Santé, prévoit réunir en assemblée d'information près de 500 médecins généralistes à Montréal le mardi 24 septembre et environ 300 médecins à Québec le lendemain. Cette fédération, qui réunit les 7500 omnipraticiens du Québec, affirme que tous les services essentiels à la population seront maintenus au cours de ces assemblées.

«Les omnipraticiens sont découragés de voir les problèmes aggravés par les mauvais choix du gouvernement. Ils éprouvent une vive inquiétude et la fédération n'a d'autre choix que de les réunir pour leur expliquer clairement les intentions du ministre, surtout leurs effets sur les conditions de pratique et l'accessibilité aux soins, et enfin discuter des actions à entreprendre», a fait valoir le président de la FMOQ, Renald Dutil.

En principe, on ne s'attend donc pas à ce que des résolutions soient adoptées pour embrayer des moyens de pression. Les médecins pourraient toutefois être appelés à se prononcer sur les pistes de solutions de remplacement proposées par leur fédération au ministre Legault, a indiqué hier un porte-parole de la FMOQ.

Après avoir assené un électrochoc en imposant la loi spéciale en juillet, le ministre Legault a déposé, en août, l'équivalent d'un avant-projet de loi qui propose de faire signer aux médecins des contrats d'engagement de deux ans dans des hôpitaux désignés par le ministère de la Santé. À défaut de signer ces ententes, les médecins n'auraient plus le droit de facturer à la Régie de l'assurance-maladie du Québec (RAMQ). Ces changements au statut professionnel du médecin inquiètent au plus haut point le monde médical.

Les discussions sur ces projets se sont poursuivies entre les fédérations et le ministère cette semaine. Selon la FMOQ, bien qu'on ne parle pas de «cul-de-sac» dans les négociations, la tenue d'assemblées s'impose compte tenu du niveau d'anxiété manifesté par les médecins. «Ils étaient déjà en colère avec la loi spéciale, et ce dernier projet n'a fait que mettre de l'huile sur le feu», fait valoir le Dr Jean Rodrigue, porte-parole de la FMOQ.

Pour l'instant, il semble qu'on s'entende de part et d'autre sur le fait qu'il y ait un réel problème de répartition médicale. Mais le différend demeure entier en ce qui a trait aux moyens choisis pour assurer une meilleure distribution des effectifs médicaux sur le territoire.