Centre hospitalier de Lachine - La fermeture de l'unité des soins intensifs pourrait être évitée

La fermeture appréhendée de l'unité de soins intensifs du Centre hospitalier de Lachine (CHL) pourrait bien être écartée grâce à la mobilisation efficace de ses médecins qui ont réussi à convaincre un premier interniste de se joindre à leur équipe grâce à une opération de recrutement musclée.

Cette nouvelle est un véritable soulagement pour l'équipe en place qui estime que la fermeture de cette unité serait une perte irrémédiable pour la communauté de Lachine. Prochain objectif: trouver un anesthésiste afin que le bloc opératoire puisse être pleinement fonctionnel.

L'artisan de cette opération, le Dr Paul Saba, s'est donné jusqu'au 15 novembre pour trouver cette perle rare, date fixée par la direction de l'établissement pour décider du sort de l'unité des soins intensifs. «Si un interniste a été recruté en moins de 24h, tout laisse croire que nous pourrons recruter un anesthésiste dans les prochaines semaines», a-t-il fait valoir.

Pour cela, le regroupement des médecins pour le maintien du rôle communautaire de Lachine, dont le Dr Saba est le porte-parole, a même décidé de recourir aux services d'un recruteur. Ce sont eux qui paieront de leur poche les honoraires de ce chasseur de têtes qui avait fait des merveilles pour l'hôpital de La Baie.

Pas la première fois

Ce n'est pas la première fois que l'existence de l'unité des soins intensifs de Lachine est remise en question. Le 16 août 2004, la direction avait déjà dû se résoudre à fermer son unité en raison d'un manque d'effectifs. Le 3 septembre 2004, le centre rouvrait ses portes grâce à l'embauche de deux internistes permanents et de cinq internistes temporaires.

Mais voilà, le 15 novembre prochain, la direction n'aura plus qu'un seul interniste dans son unité, alors que le petit hôpital de 118 lits a besoin de deux internistes pour assurer la liaison 24 heures sur 24 avec ses médecins et ses chirurgiens. L'arrivée inattendue de ce nouvel interniste devrait permettre à la direction de revenir sur sa décision, mais, hier, il a été impossible de le confirmer auprès d'elle.

La semaine dernière, le directeur des communications de l'hôpital, François Marcil, avait été clair: avec deux internistes, l'unité des soins intensifs devrait pouvoir être fonctionnelle. Le hic, c'est que, d'un autre côté, la direction ne cache pas son intérêt pour un changement complet de la vocation de centre hospitalier de Lachine.

Le Dr Saba, lui, croise les doigts. «Si le gouvernement et l'administration persistent à vouloir fermer les soins intensifs, ils mettront en péril la santé et la vie de milliers de citoyens», met en garde le Dr Saba qui entend se battre bec et ongles pour le maintien de cette unité qu'il qualifie de «coeur» de l'établissement.

Situé au sud-ouest de l'île de Montréal, le Centre hospitalier de Lachine a reçu cette année seulement 27 000 visites à l'urgence, un nombre appréciable sachant que, depuis janvier 2004, le centre est contraint de détourner toutes les ambulances transportant des patients qui ne sont pas en danger de mort, faute de personnel.