Malbouffe - Plaidoyer pour la liberté de choix... à risques

Les mesures coercitives pour lutter contre l'obésité et les mauvaises habitudes alimentaires conduisent les gouvernements sur un terrain glissant. Pis, au nom de la santé publique, plusieurs États s'arrogent désormais «le droit illimité de se mêler de la vie privée des gens» alors que la solution se trouve peut-être ailleurs, estime Jacob Sullum, journaliste au magazine californien Reason, de passage à Montréal, hier.

Invité par l'Institut économique de Montréal, un groupe de réflexion conservateur, à livrer le fond de sa pensée devant un parterre de sympathisants, l'homme est loin d'acheter le concept de taxe sur la malbouffe mise de l'avant depuis quelques années pour combattre l'élargissement des tours de taille. Pour les activistes, «si les taxes sur les cigarettes sont des outils légitimes en matière de santé publique pour décourager la consommation d'un produit qui contribue à la morbidité et la mortalité, il n'y a pas de raison pour qu'une taxe sur la malbouffe ne puisse pas avoir le même effet, a-t-il expliqué. Mais en fait, [cette idée] rencontre plusieurs problèmes pratiques.»

Tabac et aliments vides ne sont pas, selon lui, à mettre dans le même panier. Car si l'un entraîne la dépendance et peut également ruiner la santé du voisinage, l'autre est aussi consommé par des gens en bonne santé. «Au lieu de taxer la crème glacée et les cheeseburgers, qui sont consommés par des gens minces comme par des gens gros, pourquoi ne pas imposer une taxe pour chaque livre au dessus du poids santé d'un individu?», s'est-il demandé à la blague.

À la coercition, M. Sullum oppose donc la liberté de choisir ses «comportements à risque» qui «ne peuvent pas être transmis à d'autres personnes contre leur volonté», dit-il. Il varlope au passage les gouvernements qui explorent à l'heure actuelle la voie de la législation stricte autour de la malbouffe afin de «protéger les citoyens contre eux-mêmes». Car, avant tout, «nous avons à nous questionner un peu plus profondément sur le fait de vouloir vivre ou non dans un monde où nos comportements à risque sont l'affaire des autres», a-t-il conclu.

Et le Québec, où récemment le ministre Jean-Marc Fournier a fait peser le spectre de la taxe à la malbouffe pour financer des programmes de prévention, semble d'ailleurs donner en partie raison à l'idéologue californien. Dans un sondage commandé par Le Devoir en avril 2004, 66 % de la population s'est en effet dite opposée à l'introduction d'une telle mesure fiscale. À l'inverse, les deux tiers des répondants appuyaient, dans ce même coup de sonde, l'introduction de messages de mise en garde sur l'emballage d'aliments à l'origine de l'obésité quand on en abuse. Histoire de faire des choix éclairés.
1 commentaire
  • Kaomax - Inscrit 22 juillet 2010 17 h 05

    Allemagne: un responsable politique veut taxer les gros

    Un article d'aujourd'hui, sur Yahoo.ca indique une intention allemande de taxer les personnes obèses, car par négligences personnelles, elles coûtent près de 17 milliards en soins de santé à l'état.

    L'idée fait son chemin, comme ce fut le cas pour le début des taxes astonomiques sur les produits de tabac.

    Pourquoi pas, sinon ce serait de faire du deux poids, deux mesures. Beaucoup de personnes causent des frais de santé par leurs négligences et leurs mauvaises habitudes de vies.

    Même que la réflexion devrait se diriger et davantages sur les consommations d'alcool. L'alcool, comme les autres drogues, amènent des situations pyramidales de divers problèmes sociaux en plus des frais exhorbitants qui font impact sur les coûts du système de la santé. Il faudrait surtaxer l'alcool, dans le même ordre que les produits du tabac et pourquoi pas les consommateurs de malbouffes.

    La SAQ verse-t-elle un pourcentage de ses profits dans les coffres du ministère de la santé ? J'en serais surpris.

    De même que les jeux de lotteries et casino, ces sociétés d'état remettent-elles un pourcentage des profits dans le ministère de la santé.

    Nous savons très bien que les problèmes reliés aux jeux, se répercutent directement sur la vie sociale et psychologique des gens.

    Pour qu'une société soit équitable, ça demande des citoyens équilibrés et qui dit équilibré, indique que les personnes agissent en connaissances des impacts reliés à chacun de leur geste, qu'il s'agissent de consommation, de tendance alimentaire ou encore de choisir de fumer, en devant payer à la source l'impact de leur choix.