Nouvel espoir pour les cancéreux

Souffrant d'un cancer depuis 1999, Micheline Trahan s'est retrouvée au pied du mur en octobre 2004. Plusieurs chimiothérapies et une autogreffe douloureuse n'avaient rendu son lymphome non hodgkinien (LNH) que plus fort, forçant ses médecins à passer aux soins de fin de vie, n'eût été la vision du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) qui a donné à Mme Trahan ce qu'elle n'espérait plus: la rémission.

Quand la chimiothérapie, la radiothérapie et l'immunothérapie atteignent leurs limites, il faut se résoudre à se tourner vers les soins palliatifs. L'arrivée récente de la radiothérapie liquide pourrait toutefois changer la donne. Utilisée par mesure de compassion par le Dr Ahmed Galal auprès de 13 patients atteints d'un lymphome non hodgkinien (LNH) réfractaire aux traitements traditionnels, cette nouveauté a su apporter de l'espoir là où il n'y en avait plus.

Et quel espoir! Pour Micheline Trahan, le recours à la radiothérapie liquide s'est soldé par une rémission complète de son lymphome. «Quand le Dr Galal m'a proposé le Zevalin, en octobre 2004, c'était ça ou les soins palliatifs. Dès janvier 2005, mes cellules cancéreuses avaient disparu. Je suis aujourd'hui en rémission complète», se réjouit-elle, la tête pleine de projets.

Mme Trahan n'est pas la seule à avoir vu son horizon s'élargir de la sorte. Les essais cliniques ont démontré que 80 % des patients souffrant d'un LNH ne répondant plus aux autres traitements ont répondu positivement à la radiothérapie liquide utilisant le Zevalin. Mieux, 30 % ont obtenu une rémission complète.

Le médicament fonctionne sur deux fronts: d'abord celui de la recherche, puis celui de la destruction. «Il cherche des sites particuliers sur les cellules cancéreuses et, quand il les trouve, il s'y lie et y administre une dose mortelle de radiations, détruisant ainsi les cellules malignes», explique le Dr Galal.

Contrairement aux autres traitements plus répandus, la radiothérapie liquide a peu d'incidence sur le quotidien des malades. Deux visites en clinique externe suffisent. Le premier jour, on fait une injection qui prend une dizaine de minutes. Le patient reste en observation une heure, puis rentre à la maison. Il revient huit jours plus tard et refait le même traitement. Et c'est tout!

Ce répit a été d'autant plus apprécié par Mme Trahan que les effets secondaires de la chimiothérapie — perte de cheveux, fatigue, nausées, anémie — lui ont également été évités avec le Zevalin. C'est qu'à la différence des rayons externes, la radiothérapie liquide se concentre sur les foyers cancéreux pour réduire «au minimum les dommages aux organes et aux tissus distants», explique le Dr Galal.

Approuvé en catimini cet été par Santé Canada, le Zevalin n'est pour l'instant autorisé que comme médicament de dernier recours. Mais cela pourrait changer, croit le Dr Galal, qui suit de près les bancs d'essais cliniques européens et américains qui en sont à évaluer l'efficacité du médicament au stade précoce. «On pourrait même penser à d'autres types de cancer», raconte le Dr Galal, qui espère que le coût de cette technologie, 23 400 $, n'agira pas comme un frein.

Le lymphome non hodgkinien (LNH) est une forme de cancer qui affecte certains globules blancs, les lymphocytes. Ceux-ci se mettent alors à se multiplier de façon incontrôlable pour former des tumeurs qui causent des noeuds lymphatiques, de la fièvre, de l'anémie, une perte de poids et de la fatigue.

Le LNH est un des rares cancers dont le nombre de cas et le taux de mortalité augmentent toujours au Canada. Chaque année, 6400 Canadiens reçoivent un diagnostic de LNH tandis que 3000 en meurent.