L'acide folique, une protection contre la maladie d'Alzheimer?

Une nouvelle étude révèle que la consommation d'acide folique, la forme synthétique des folates qui constituent une des formes de la vitamine B présentes dans maints fruits et légumes, diminue significativement le risque de souffrir de la maladie d'Alzheimer.

Les folates sont reconnus pour prévenir les anomalies du système nerveux chez le foetus ainsi que les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux. Cette fois, l'étude menée par deux chercheuses de l'Institute for brain aging and dementia de l'université de Californie à Irvine qui ont analysé le régime alimentaire (y compris les suppléments alimentaires et la quantité de calories) de 579 personnes âgées de 60 ans et plus pendant sept ans souligne leur effet protecteur sur le cerveau vieillissant.

Parmi 579 volontaires qui ne présentaient aucun signe de démence au début de l'étude, 57 ont développé la maladie d'Alzheimer, sept ans plus tard. Selon les chercheuses, les individus qui avaient ingéré au minimum les doses journalières recommandées de 400 microgrammes de folates voyaient leur risque de souffrir de la maladie d'Alzheimer réduit de 55 % comparativement à ceux dont la consommation de folates n'atteignait pas ces niveaux.

Les chercheuses, Maria Corrada et Claudia Kawas, qui avaient commencé leur étude longitudinale à l'université Johns Hopkins de Baltimore, ont remarqué que les folates avaient un impact nettement plus marqué sur le risque de développer la maladie d'Alzheimer que la vitamine E, dont on célèbre les vertus antioxydantes, et la vitamine B 6. De plus, les deux scientifiques n'ont relevé aucune association entre l'ingestion de vitamine C, de caroténoïdes, tels que le bêta-carotène, ou la vitamine B 12 et l'occurrence de la maladie dégénérative du cerveau.

Des suppléments

Dans le bilan de l'étude qui fait l'objet d'un article dans la revue Alzheimer's & Dementia éditée par The Journal of the Alzheimer's Association, on souligne que la plupart des participants ayant bénéficié d'un effet protecteur prenaient toutefois des suppléments d'acide folique, ce qui laisse entendre que maintes personnes ne trouvent pas les quantités préconisées dans leur alimentation. Bien que les folates abondent dans le foie, les reins, les levures, les fruits, comme les bananes, les oranges et les citrons, les légumes verts, les fèves de Lima, le pain de blé entier, les oeufs et le lait, ils sont souvent détruits lors de la cuisson ou de la transformation.

Même si les folates semblent plus bénéfiques que les autres éléments nutritifs étudiés, le message essentiel demeure qu'un régime alimentaire équilibré contribue à réduire le risque de la maladie d'Alzheimer, n'a pas manqué de souligner Maria Corrada, qui a dirigé cette étude. Sa collègue, Claudia Kawas avoue également que d'autres facteurs qui n'ont pas été mesurés dans l'étude peuvent aussi être responsables de la réduction du risque de démence qui a été observée, puisque les personnes qui absorbaient de fortes doses d'acide folique avaient probablement inclus de bonnes quantités d'autres éléments nutritifs dans leur assiette et qu'elles adoptaient vraisemblablement une bonne hygiène de vie.

Selon Medical Study News, les observations relatées dans la présente étude confirment celles relevées récemment par des scientifiques hollandais montrant que les adultes qui avaient consommé chaque jour 800 microgrammes d'acide folique voyaient leurs performances à des tests de mémoire s'améliorer, indiquant par le fait même que les folates pouvaient ralentir le déclin des facultés intellectuelles.