Fermeture de lits - Une question d'efficacité, plaide la Régie de la santé

C'est pour utiliser de manière plus efficace les 25 millions investis chaque année dans le maintien de lits subaigus que la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal vient de fermer définitivement quelque 368 lits ouverts depuis quatre ans pour désengorger les urgences.

Cette mesure donne sans conteste une idée du nouveau style de gestion et de leadership qu'entend donner le nouveau président-directeur général, David Levine, à la gestion de la Régie régionale de la santé de la métropole.

Arrivé en poste depuis à peine deux semaines, l'ex-ministre délégué à la Santé a expédié la semaine dernière une lettre aux hôpitaux les avisant de l'abolition de ces lits de soins de longue durée et de réadaptation, aussi appelés lits de soins «subaigus». Ces lits, destinés à éviter les crises récurrentes dans les urgences, étaient financés depuis quatre ans, à hauteur de 25 millions par année, grâce à un plan de désengorgement mis en branle par l'ex-ministre de la Santé, Pauline Marois.

Or, quatre ans et deux ministres plus tard, le nouveau directeur de la Régie estime que ces sommes peuvent désormais être investies de meilleure façon. Hier, David Levine a dit être tout à fait en mesure de justifier auprès de la population, et des hôpitaux, la raison de la fermeture de ces 253 lits de longue durée et de 115 lits de réadaptation, qui accueillaient majoritairement des personnes âgées en attente d'hébergement.

«Nous croyons que nous ferons un meilleur investissement en utilisant ces sommes autrement. Je crois qu'on peut offrir un meilleur soutien aux salles d'urgence en transférant ces ressources vers des centres de jour ou d'autres types d'hébergement dans la communauté», a indiqué M. Levine.

Selon la Régie, le maintien de lits temporaires en institutions de longue durée s'est avéré coûteux et peu efficace, puisque 30 % de leurs patients finissaient par être réadmis à l'urgence. Selon David Levine, l'impact de ces lits était d'autant plus mince que seulement quatre nouveaux patients par jour étaient désormais admis dans ces 368 lits de «désengorgement des urgences».

Devant l'inquiétude manifestée par les personnes travaillant dans les centres de longue durée, le directeur de la Régie a indiqué hier que tous ces gens seraient rapidement replacés, compte tenu du manque criant d'infirmières et de personnel dans le réseau.