Couillard va réglementer la publicité sur les médicaments

Québec — Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, s'apprête à légiférer pour réglementer le marketing et la publicité que se paient les compagnies pharmaceutiques afin de stimuler leurs ventes.

C'est ce que Philippe Couillard a indiqué hier, au cours d'un point de presse, alors que s'amorçaient les travaux de la commission parlementaire qui se penche sur son projet de politique du médicament. «Toutes ces pratiques s'ajoutent au coût global du médicament et menacent les fondements mêmes du régime général d'assurance médicaments», a-t-il dit.

Cette réglementation encadrera les pratiques commerciales dont certaines sont douteuses et qui visent principalement les médecins et les pharmaciens. Elle fera partie intégrante du projet de loi qui mettra en oeuvre la politique du médicament et que le ministre projette de présenter à l'automne. M. Couillard entend non seulement éliminer les pratiques douteuses mais aussi réduire les dépenses en marketing et en publicité des fabricants pharmaceutiques «parce que ç'a un impact de plusieurs façons sur le coût du régime», a-t-il précisé.

Selon des études américaines citées dans le document de consultation sur la politique du médicament, les dépenses de mise en marché des médicaments visant les professionnels de la santé s'élèvent à 12 % de la valeur des ventes des compagnies pharmaceutiques, ou entre 8000 et 13 000 $US par médecins. La distribution d'échantillons est une technique de marketing très répandue, note-t-on dans le document.

Le ministre a donné quelques exemples des pratiques qu'il veut voir disparaître, comme ces encarts publicitaires que l'on retrouve dans les périodiques destinés aux professionnels de la santé et préconisant un usage d'un médicament qui ne correspond pas à son utilisation optimale. Un fabricant est souvent porté à vanter les vertus de son nouveau produit beaucoup plus cher alors qu'un médicament qui existe depuis des années fait tout aussi bien l'affaire. Il a cité également ces «activités d'éducation continue», conçues pour les médecins et payées par les compagnies pharmaceutiques, qui font la promotion de l'utilisation de nouveaux médicaments en première ligne alors qu'ils ne devraient être prescrits qu'en deuxième ou troisième lignes.

Les compagnies pharmaceutiques obtiendront en revanche la fin du gel du prix des médicaments, gel qui existe depuis 1994. Le gel des prix, «c'est un dispositif assez artificiel qui accentue l'écart international entre le Québec et les autres juridictions», estime M. Couillard. Le gel est partiel, a ajouté le ministre, soulignant que le prix des nouveaux médicaments, introduits depuis 1994, sont fixés par les fabricants. Le gel a aussi un effet pervers: certains fabricants ont retiré du marché «certains bons vieux médicaments qui sont aussi efficaces que des médicaments plus coûteux», a-t-il signalé.