Les femmes enceintes atteintes de la COVID-19 sont 7 fois plus à risque d’en mourir

Les femmes infectées durant la grossesse étaient aussi 23 fois plus à risque de développer une pneumonie et 15 fois plus à risque d’être placées sous ventilation.
Getty Images Les femmes infectées durant la grossesse étaient aussi 23 fois plus à risque de développer une pneumonie et 15 fois plus à risque d’être placées sous ventilation.

Les femmes infectées par le coronavirus pendant la grossesse couraient un risque de décéder de la COVID-19 sept fois plus grand que le reste de la population, et elles et leur bébé à naître ont été exposés à un risque accru de complications.

C’est du moins ce que constate une méta-analyse publiée cette semaine dans le British Medical Journal Global Health, réalisée à partir de données récoltées auprès de plus de 13 000 femmes enceintes dans le cadre d’études menées dans 12 pays pour mieux évaluer le risque posé par la COVID contractée en cours de grossesse.

Les chercheurs, qui ont mesuré l’impact de la COVID sur les grossesses menées entre février 2020 et juillet 2021, concluent à un risque relatif de décès multiplié par sept chez les femmes enceintes infectées, et à un recours cinq fois plus fréquent aux soins intensifs.

Plus de 50 % des femmes enceintes recrutées — infectées et non infectées — dans ces études provenaient de la Suède, de l’Espagne, de l’Italie ou des États-Unis. Une plus faible proportion des données colligées venaient de la Chine, de la Turquie et de pays de l’Afrique subsaharienne. 

Les données ont été récoltées à une époque où la plupart des participantes à l’étude étaient non vaccinées. Ces résultats offrent donc un aperçu du risque que pose la COVID pour les femmes enceintes n’ayant pas développé d’immunité après un vaccin, une infection, ou les deux.

Risques de complications graves

Les femmes infectées durant la grossesse étaient aussi 23 fois plus sujettes à développer une pneumonie et 15 fois plus susceptibles d’être placées sous ventilation. L’infection augmentait aussi de façon significative le risque d’autres complications graves, notamment de prééclampsie et d’embolie dues à des thromboses. Les données démontrent qu’il y a eu plus de naissances prématurées et d’admission aux soins intensifs chez les nouveau-nés de mères infectées, mais pas plus de mortinaissances.

Selon la Dre Diane Francoeur, obstétricienne-gynécologue au CHU pédiatrique Sainte-Justine, cette étude vient confirmer le bien-fondé des recommandations prônant depuis longtemps la vaccination des femmes enceintes. Elles viennent attester les observations empiriques faites dans cet hôpital, selon lesquelles les femmes enceintes développent davantage de complications à la suite de l’infection que la population en général.

« Avec le recul, on se réjouit d’avoir été plus énergiques dans notre approche [en insistant sur la vaccination] pour protéger les femmes enceintes. On le voit depuis le début sur le terrain qu’elles sont plus à risque », affirme cette médecin spécialiste.

Si les chiffres rapportés dans cette étude sont inquiétants, la réalité a toutefois évolué depuis, soutient la Dre Francoeur. Les variants maintenant en cause dans la COVID entraînent des symptômes moins graves, et la vaccination a de beaucoup limité les complications chez les femmes enceintes, estime-t-elle.

Immunité hybride

En plus des vaccins, environ 75 % de la population a maintenant contracté le virus, ce qui confère à plusieurs futures mères une immunité hybride, explique-t-elle. Reste qu’on ignore exactement combien de femmes enceintes sont adéquatement protégées, aucune donnée n’étant recueillie à ce sujet lors de l’administration du vaccin au Québec, déplore la Dre Francoeur. Celle-ci estime que la moitié de ses patientes refusent toujours d’être vaccinées.

« Il y a des milieux où l’adhésion au vaccin demeure […] très faible et où la désinformation continue de sévir et de prévaloir sur les informations scientifiques », déplore cette spécialiste. « Même si on sait que l’infection ne cause plus autant de complications qu’avant, le vaccin permet toujours d’éviter la forme grave de la COVID, d’éventuelles hospitalisations et des séjours aux soins intensifs », dit-elle.

Selon elle, plusieurs femmes, craignant encore de nuire à leur enfant à naître, se mettent inutilement à risque en refusant le vaccin. « Même si elles ne sortent pas de chez elles pour se protéger, elles vont finir par être exposées au virus par leurs autres enfants qui ramènent le virus à la maison. »

À voir en vidéo