Que sait-on du sous-variant XBB.1.5 du virus de la COVID-19?

Une infirmière fait passer un test de dépistage à l’extérieur du Salt Lake County Health Department, dans l’Utah. Le sous-variant XBB.1.5 représente désormais plus de 27 % des infections aux États-Unis.
Rick Bowmer Associated Press Une infirmière fait passer un test de dépistage à l’extérieur du Salt Lake County Health Department, dans l’Utah. Le sous-variant XBB.1.5 représente désormais plus de 27 % des infections aux États-Unis.

Le sous-variant d’Omicron XBB.1.5, qui se propage rapidement aux États-Unis mais reste encore marginal au Québec, est à ce jour le sous-variant le plus transmissible du virus responsable de la COVID-19 et menace de devenir la souche dominante en Europe ces prochains mois. Voici ce que l’on sait de lui.

Où et quoi ?

Ce sous-variant a été détecté pour la première fois aux États-Unis en octobre et représente désormais plus de 27 % des infections du pays, selon le suivi des variants du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Au total, 38 pays ont signalé des cas de XBB.1.5, dont 82 % aux États-Unis, 8 % au Royaume-Uni et 2 % au Danemark, a déclaré mercredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans une évaluation rapide des risques.

Au Québec, il représentait 2,4 % des cas de COVID-19 entre le 25 et le 31 décembre, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a, lui, déclaré cette semaine que XBB.1.5 ne représentait pour l’heure que 2,5 % des cas en Europe. Mais les modèles mathématiques de l’agence de santé de l’Union européenne, basés sur le taux de croissance de ce sous-variant, montrent que celui-ci pourrait devenir la souche dominante en Europe d’ici un à deux mois, a-t-elle fait savoir vendredi.

XBB.1.5 ressemble beaucoup à son prédécesseur, XBB.1, mais présente une mutation supplémentaire de sa protéine spike, la fameuse clé d’entrée du virus dans les cellules, a expliqué à l’AFP Grace Roberts, virologue à l’université britannique de Leeds.

Contagion et gravité

Il s’agit du sous-variant le plus transmissible à ce jour, a indiqué cette semaine Maria Van Kerkhove, responsable technique de l’OMS sur la COVID-19. Il a clairement un « avantage de croissance ».

L’explication la plus probable de cet avantage est la mutation de la protéine spike, qui s’ajoute à une recombinaison d’une souche déjà très transmissible, a déclaré l’ECDC.

Aux États-Unis, XBB.1.5 se répand actuellement 12 % plus vite que les autres variants en circulation, selon l’ECDC.

Toutefois, « il n’y a aucune donnée laissant penser que XBB.1.5 est plus nocif — en termes de maladies graves et de décès — que les variants précédents », a indiqué la Dre Grace Roberts. L’OMS continue d’évaluer les données mais, pour le moment, XBB.1.5 ne porte aucune mutation connue pour augmenter la gravité de la maladie, a aussi jugé l’agence.

Résistance aux anticorps

 

Les sous-lignages « XBB » d’Omicron sont, aux côtés de BQ.1, les plus résistants aux anticorps accumulés lors de la vaccination et d’infections antérieures, selon l’OMS.

Une étude publiée dans la revue Cell le mois dernier a révélé que XBB.1 était ainsi 63 fois moins susceptible d’être neutralisé par des anticorps existants que le sous-variant d’Omicron BA.2.

Il est également 49 fois plus résistant que les sous-variants BA.4 et BA.5, qui sont actuellement dominants au Québec, au Royaume-Uni, ainsi que dans de nombreux autres pays. Selon l’expert américain Eric Topol, de nouvelles recherches ont toutefois montré que les vaccins bivalents de la COVID-19 pouvaient continuer de se montrer efficaces face à XBB.1.

À quel point est-il inquiétant ?

L’ECDC a déclaré que le niveau de risque global du sous-variant reste faible pour la population globale. Cependant, le risque est « modéré à élevé » pour les personnes vulnérables, comme les personnes âgées ou non vaccinées, a-t-il ajouté, appelant à davantage de tests et de vaccination.

Il n’y a « aucune raison de paniquer » à propos de XBB.1.5, a déclaré Grace Roberts.

« Je ne pense pas que nous ayons besoin de prendre des mesures drastiques pour le moment », a-t-elle déclaré, tout en jugeant important de continuer à surveiller sa progression.

Le nombre total de cas de COVID-19 dans le monde a chuté de 9 % la semaine dernière par rapport aux sept jours précédents et les nouveaux décès ont chuté de 12 %, selon l’OMS, une situation qui survient après une hausse constatée au cours de la période des vacances.

« Kraken »

L’OMS a décidé de ne pas nommer les sous-variants d’Omicron d’après les lettres de l’alphabet grec. Mais sur Twitter, il a été affublé de l’inquiétant surnom « Kraken ».

« Je pense que cela peut causer des inquiétudes inutiles d’associer un virus à une créature marine géante mythique ! » a réagi Grace Roberts.



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