Près du tiers des cas de COVID-19 au Québec sont liés au sous-variant BQ.1.1

Le sous-variant BQ.1.1 assoit lentement mais sûrement sa domination au Québec, où lui et son aîné BQ.1 comptent désormais pour près du tiers des cas de COVID-19. Mais bonne nouvelle : des chercheurs québécois viennent de démontrer que le vaccin bivalent de Moderna augmente bel et bien la capacité du système immunitaire à reconnaître et à combattre ce descendant d’Omicron.

Des données de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) diffusées mercredi révèlent en effet que les lignées BQ.1 et BQ.1.1 comptaient pour 30,4 % des échantillons séquencés entre le 6 novembre et le 12 novembre dernier.

Ces nouveaux sous-variants sont arrivés sur le territoire québécois à la fin de l’été. Ils sont reconnus pour leur capacité accrue à contourner le système immunitaire de patients déjà infectés ou vaccinés comparativement à d’autres variants. Ils sont aussi résistants aux traitements aux anticorps monoclonaux administrés aux patients qui développent une forme grave de la COVID-19.

Ces descendants d’Omicron comptent déjà pour plus de 50 % des cas répertoriés aux États-Unis, et plus du tiers des cas signalés dans l’Hexagone.

Le portrait de famille des sous-variants d’Omicron en circulation au Québec dressé par l’INSPQ démontre ainsi clairement que la lignée BA.5 (48 % des cas, comparativement à 71 % à la mi-octobre), dominante depuis la septième vague, est maintenant en passe de se faire doubler par lignée BQ.1.1.

Le vaccin bivalent efficace

Toutefois, des tests in vitro réalisés avec les échantillons de sang de travailleurs de la santé québécois exposés à BQ.1.1 montrent que le vaccin bivalent de Moderna rehausse la capacité du système immunitaire à reconnaître et à neutraliser ce variant. L’administration d’un vaccin bivalent après trois doses du vaccin de Pfizer générerait ainsi une meilleure immunité contre BQ.1.1 que l’octroi de quatre doses du vaccin de Pfizer.

« Ce qu’on observe [avec le vaccin bivalent de Moderna], c’est un sursaut de la réponse immunitaire et une plus grande capacité à neutraliser BQ.1.1 qu’avec quatre doses [de vaccin de première génération] », explique Andrés Finzi, professeur et chercheur en infectiologie et immunologie au CHUM.

Bien que préliminaires, ces résultats confirment ceux obtenus récemment par d’autres équipes à travers le monde quant à la capacité du vaccin bivalent à renforcer la réponse immunitaire à BQ.1.1 et à d’autres descendants récents d’Omicron.

Si l’injection d’une quatrième dose de vaccin de première génération semblait aussi rehausser — bien que plus modérément — l’immunité contre le sous-variant BQ.1.1, le vaccin bivalent apporte « une bien meilleure réponse » qui justifie qu’on aille chercher cette dose de rappel, soutient le professeur Finzi.

« C’est sûr qu’avec le tout premier vaccin [formulé avec la souche originale], on avait une réponse immunitaire spectaculaire, mais ce virus n’existe plus. Les nouveaux variants sont plus résistants et continuent de muter. Malgré tout, le vaccin bivalent procure un avantage au système immunitaire », dit-il.

Sur le plan clinique, la montée de BQ.1.1 complique au surplus les choses dans les hôpitaux, ce sous-variant étant résistant à tous les anticorps monoclonaux utilisés au Canada pour traiter les patients les plus malades, dont l’Evusheld, explique le Dr Don Vinh, infectiologue au Centre universitaire de santé McGill. « On sait que BQ.1.1 n’est pas neutralisé par ces traitements et qu’on perd des options pour aider les patients hospitalisés. On donnait aussi ces anticorps [Evusheld] de façon préventive aux personnes immunodéprimées. Elles pourraient avoir en ce moment un faux sentiment de sécurité et ne pas être protégées contre BQ.1.1. C’est clair que l’avenir n’est plus aux anticorps monoclonaux. Seuls les antiviraux demeurent efficaces. »

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