Un million de bouteilles de médicaments pour enfants bientôt au pays

Beaucoup de parents se sont heurtés à des étagères dégarnies en voulant acheter de l’acétaminophène ou de l’ibuprofène à la pharmacie au cours des derniers mois.
Joe O’Connal La Presse canadienne Beaucoup de parents se sont heurtés à des étagères dégarnies en voulant acheter de l’acétaminophène ou de l’ibuprofène à la pharmacie au cours des derniers mois.

Des contenants d’acétaminophène et d’ibuprofène pour enfants provenant de l’étranger arriveront dans les pharmacies du pays en début de semaine prochaine, a annoncé Santé Canada vendredi. D’ici la fin de la semaine prochaine, plus d’un million de bouteilles de médicaments devraient être fournies aux hôpitaux, aux pharmacies communautaires et aux magasins.

Les étagères présentant ces médicaments sont vides dans les pharmacies canadiennes depuis plusieurs semaines. D’après des représentants de l’industrie pharmaceutique et de la santé publique, la demande pour ces médicaments surpasse de loin l’offre. D’après le Dr Marc Berthiaume, directeur du Bureau des sciences médicales à Santé Canada, les manufacturiers du pays ont doublé leur production de médicaments cet été, mais cela n’a pas répondu à la demande.

Le gouvernement fédéral n’a pas précisé combien de bouteilles seront envoyées spécialement dans les pharmacies, ni le pays d’origine de ces médicaments. Les bouteilles pourraient aussi avoir des tailles différentes de celles habituellement vendues en magasin. « Pour les produits qui ne sont pas familiers, il y aura des feuilles détachables ou des codes QR et un identifiant indiquant que le produit vient de l’étranger », a expliqué la Dre Supriya Sharma, conseillère médicale en chef à Santé Canada.

Étiquetage en français

Le Dr Berthiaume a affirmé qu’Ottawa allait aussi s’assurer que la population puisse avoir accès dans la langue officielle de son choix « aux renseignements de sécurité cruciaux, comme les ingrédients, la posologie et les effets secondaires potentiels ». Au mois d’octobre, le ministre de la Santé fédéral, Jean-Yves Duclos, a laissé entendre que le gouvernement pourrait faire exception dans ses exigences en matière d’équité linguistique pour les médicaments provenant de l’étranger.

En conférence de presse jeudi, la ministre de la Santé de l’Ontario, Sylvia Jones, avait indiqué que les médicaments se faisaient attendre parce que le gouvernement exigeait l’étiquetage bilingue. L’exigence « n’a pas ralenti l’accès aux produits », a précisé le Dr Berthiaume vendredi.

L’annonce du gouvernement survient alors que les urgences pédiatriques débordent au pays. Selon le Dr Howard Njoo, le sous-administrateur en chef de la santé publique du Canada, c’est notamment en raison d’une circulation élevée du virus respiratoire syncytial (VRS) et de l’influenza. Le taux de positivité en laboratoire pour ces deux virus à l’échelle nationale est de 8 % et 16 % respectivement. Ces virus ont de « grandes répercussions chez les enfants », affirme l’expert en santé publique.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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