Priorité aux tout-petits aux soins intensifs

Les hôpitaux généraux de toutes les régions ont reçu le mot d’ordre de « protéger » les lits de leur unité pédiatrique.
Getty Images Les hôpitaux généraux de toutes les régions ont reçu le mot d’ordre de « protéger » les lits de leur unité pédiatrique.

Face à la vague d’infections respiratoires qui frappent les jeunes enfants, les hôpitaux généraux de toutes les régions ont reçu le mot d’ordre de « protéger » les lits de leur unité pédiatrique et de diriger dorénavant les jeunes de 16 à 18 ans qui requièrent des soins intensifs vers les hôpitaux pour adultes.

Une directive du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) en ce sens a été édictée lundi, prônant le transfert des jeunes plus âgés en milieu adulte afin de « permettre une meilleure disponibilité pour la très jeune clientèle ».

« Ce sont les très jeunes enfants, de moins de 2 ans, qui requièrent plus de soins intensifs et d’hospitalisations », précise la directive envoyée par le MSSS.

Les hôpitaux généraux en région ont aussi été pressés de garder disponibles en tout temps tous les lits dont disposent leurs unités de pédiatrie ainsi que le personnel spécialisé s’y rattachant, a indiqué jeudi la Dre Marie-Claude Roy, présidente de l’Association des pédiatres du Québec.

« La situation est la même partout au Québec, nos soins intensifs sont pleins, sans relâche. La consigne qui a été donnée, c’est de protéger les lits pédiatriques pour les enfants qui ont besoin de soins spécialisés », dit-elle.

Selon cette médecin, la vague d’hospitalisations qui frappe les enfants en bas âge depuis quelques semaines touche toutes les régions, à l’exception de celles de l’extrême est du Québec.

Priorité aux enfants

Depuis le début de la pandémie de COVID-19, de nombreux hôpitaux régionaux « empruntent » des lits aux unités pédiatriques afin d’accueillir plus de patients adultes. Mais ce ne sera plus le cas, dit-elle. Le mot d’ordre est maintenant de « redonner la priorité aux soins pédiatriques », explique la Dre Roy.

Selon la Dre Lise Bélanger, cheffe du département de pédiatrie au CISSS de Chaudière-Appalaches, le taux d’occupation des unités de pédiatrie de la région est passé de 30 % à 50 % et a même doublé certaines journées. « Nous avons dû recruter un pédiatre de plus pour accélérer l’octroi des congés le matin. On a régulièrement des enfants qui requièrent des soins spécialisés et qu’on place sous oxygénothérapie à haut débit par lunette nasale et qui sont sous la supervision continue d’infirmières », explique-t-elle.

Dès qu’un enfant ou un parent a des symptômes, il faut porter le masque

 

Selon ce médecin, certaines des visites à l’urgence pourraient être prévenues si les parents prodiguaient certains soins de base préventifs, aux nourrissons et aux petits de moins de 4 ans, notamment le maintien d’une hygiène nasale quotidienne effectuée avec une solution saline.

« Ce qu’on voit, c’est beaucoup de co-infections, et ce sont les plus jeunes qui sont les plus malades. Il y a des choses importantes à faire en prévention, dit-elle, dont les soins de base, donner à boire plus fréquemment et surélever la tête de l’enfant pendant le sommeil. »

Limiter les risques

Selon la présidente de l’Association des pédiatres du Québec, les virus respiratoires en cause dans l’épidémie actuelle ne sont pas plus virulents qu’avant, mais surviennent cette année tous au même moment, ce qui contribue à la surcharge inédite vécue dans les unités et les hôpitaux pédiatriques.

Les pédiatres Lise Bélanger et Marie-Claude Roy saluent les recommandations prônant le retour du masque pour limiter le risque d’infection, et préconisent l’octroi du vaccin contre l’influenza aux enfants de plus de six mois.

« Le message à passer, c’est que dès qu’un enfant ou un parent a des symptômes, il faut porter le masque. On n’en est pas à ramener le masque dans les écoles, mais il faut se responsabiliser comme citoyens et développer des réflexes pour protéger les petits », soutient la Dre Roy.

La cheffe du département de pédiatrie du CISSS Chaudière-Appalaches rappelle quant à elle que les nourrissons, particulièrement à risque de complications en cas d’infection respiratoire, doivent être mieux protégés. « Il faut rappeler aux parents qu’avec un nourrisson, il faut éviter les lieux publics, les commerces, les centres commerciaux, et limiter les visites par des personnes qui ont des symptômes, souligne-t-elle. On en est là ! »

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