L’APTS exige de meilleures conditions de travail

Pierre Vallée
Collaboration spéciale
L’APTS se bat afin d’obtenir des jours de congé et des primes supplémentaires pour ses membres.
Graham Hughes La presse canadienne L’APTS se bat afin d’obtenir des jours de congé et des primes supplémentaires pour ses membres.

Ce texte fait partie du cahier spécial Syndicalisme

Le syndicat vient de déposer ses demandes sectorielles au gouvernement.

« Lorsque nous avons dressé la liste de nos demandes, souligne Josée Fréchette, première vice-présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), nous sommes demeurés réalistes et raisonnables, tout en nous assurant que ces demandes contribueraient grandement à l’amélioration des conditions de travail de nos membres. »

Une demande concerne le nombre de semaines de vacances, aujourd’hui établi à 4 semaines après un an de service. Après 17 ans de service, un jour de vacances s’ajoute par année, ce qui mène à 5 semaines de vacances après 25 ans de service. Le syndicat aimerait passer à 5 semaines après une année de service pour atteindre 6 semaines après 25 ans. De plus, sur les 10 jours de congé familiaux prévus, le syndicat voudrait que 5 d’entre eux soient rémunérés.

« L’entente sur les vacances remonte à 1975, il est temps pour une mise à niveau, précise Mme Fréchette. De plus, 80 % de nos membres sont des femmes et ce sont souvent les femmes qui assument le fardeau de prendre soin des enfants ou des parents malades. Une rémunération pour la moitié de ces congés serait une reconnaissance de cette contribution. »

La question des primes

 

Présentement, les employés qui travaillent le soir, la fin de semaine et la nuit ont droit à une prime. L’APTS aimerait voir ces primes augmenter afin de se situer dans la fourchette de 8 à 16 %, selon les circonstances. « On le sait, ce sont les quarts de travail les plus difficiles à combler, et rehausser les primes les rendrait plus attractifs et inciterait davantage de personnes à les choisir. De plus, cela pourrait avoir pour effet de rendre moins fréquent le recours aux heures supplémentaires obligatoires. »

Il existe aussi, dans le réseau de la santé et des services sociaux, une prime aux soins critiques et psychiatriques. Présentement, seuls certains types d’emplois ont droit à cette prime et uniquement si les soins sont dispensés dans certaines unités de soins : par exemple, un psychologue à l’unité des grands brûlés. « Cette façon de procéder crée des incohérences, avance Mme Fréchette. Ce que l’on souhaite, c’est que la prime ne soit plus rattachée au type d’emploi ou à l’unité de soins, mais plutôt au patient. Si un patient exige des soins critiques ou psychiatriques, la prime devrait s’appliquer, peu importe qui donne le soin et où ce soin est donné. »

Jours fériés et temps supplémentaire

 

L’APTS souhaite que tous ses membres qui doivent travailler lors d’un jour férié puissent obtenir une rémunération à temps double en plus d’une journée de congé compensatoire. « La journée de congé compensatoire dans un réseau qui fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et qui connaît une pénurie de main-d’oeuvre est souvent théorique », souligne-t-elle.

De plus, le syndicat voudrait que le temps supplémentaire, aujourd’hui à temps et demi, devienne à temps double, et ce, pour toutes les catégories d’emplois, que ceux-ci soient cliniques ou non. L’APTS souhaite aussi que les employés qui sont de garde à la maison, c’est-à-dire en disponibilité de rentrer au travail si on les appelle, reçoivent une compensation de deux heures de salaire au lieu d’une heure, comme c’est le cas présentement.

Autres revendications

 

L’APTS demande aussi à l’employeur d’octroyer un montant annuel pour le développement professionnel, montant qui pourrait servir à assumer les frais associés aux formations et aux colloques professionnels. « La moitié de nos membres est aussi un membre d’un ordre professionnel, précise Josée Fréchette, ce qui implique une obligation de formation continue. Or, soutenir la formation continue représente un bénéfice pour les usagers qui reçoivent les services. »

Répondre favorablement à ces demandes serait une façon pour le gouvernement de reconnaître à sa juste valeur la contribution des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. « Le ministre Dubé, dans son plan de refondation du système de santé, rappelle la première vice-présidente, a indiqué qu’il voulait que le réseau devienne le meilleur employeur au Québec. À lui maintenant d’en faire la preuve. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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