Le port du masque recommandé dans les lieux achalandés

Pour affronter le « cocktail épicé » de virus respiratoires qui frappe le Québec, le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau, recommande à tous les Québécois de porter le masque dans les lieux publics achalandés, à l’exception des écoles et des garderies.

Avec la COVID-19, le début de la saison grippale et le virus respiratoire syncytial, qui touche particulièrement les enfants, « on a un cocktail épicé pour les prochaines semaines, sinon les prochains mois », a-t-il affirmé en point de presse.

Il recommande donc à la population « de revenir aux bonnes habitudes » de prudence et de vigilance en portant le couvre-visage dans les lieux publics achalandés, comme les magasins ou bien les files d’attente au cinéma ou au théâtre, afin de tenter de diminuer la pression exercée sur les hôpitaux du Québec.

Cette mesure concerne « tout le monde, peu importe l’âge », a précisé le ministre de la Santé Christian Dubé. Elle n’est toutefois pas obligatoire, comme l’avait déjà dit le premier ministre François Legault mardi. « Nous n’avons pas du tout l’intention de proposer au gouvernement le retour de mesures obligatoires », a assuré le directeur national de santé publique.

Des recommandations sont toutefois nécessaires, car « notre réseau de santé est fragile en ce moment, particulièrement avec le trio de virus dont l’effet commence à s’additionner sur nos hôpitaux », a souligné M. Dubé.

Pour cette raison, le ministre a rappelé l’importance de se laver les mains afin de limiter la propagation de l’influenza. Les personnes qui font de la fièvre doivent rester à la maison, a-t-il ajouté. Celles qui présentent des symptômes comme la toux, un mal de gorge ou une congestion nasale sont invitées à porter un couvre-visage.

Désormais, « ce n’est plus vivre avec le virus, c’est vivre avec les virus », a affirmé Christian Dubé.

Le Dr Boileau a ainsi recommandé à la population d’aller chercher une nouvelle dose de vaccin contre la COVID-19 lorsque possible. Si M. Dubé a affirmé que la vaccination allait bon train pour les groupes plus vulnérables, il souhaite « que les plus jeunes » retroussent leur manche.

Avec le début de la saison grippale, Luc Boileau a aussi invité les personnes à risque de développer des complications à se prémunir contre l’influenza par la vaccination.

« Il ne faut pas attendre d’être rendu à Noël pour dire : “Tiens, je vais aller me faire vacciner”, a averti le directeur national de santé publique. On va être dedans en masse. »

Vers un vaccin gratuit contre la grippe ?

Le vaccin contre la grippe n’est toutefois pas administré gratuitement à l’ensemble de la population. Le Comité sur l’immunisation du Québec ne le recommande pas pour le moment, a expliqué le ministre Dubé. « La réponse qu’on vous donne aujourd’hui, c’est celle-là. Est-ce que la réponse pourrait changer dans les prochains jours ? Je ne suis pas fermé à ça. »

Le gouvernement doit aller de l’avant avec une campagne de vaccination universelle contre l’influenza, a pour sa part soutenu le député libéral André Fortin, critique en matière de santé pour l’opposition officielle.

« Il n’y a pas de raisons à ce moment-ci de ne pas procéder, a fait valoir M. Fortin lors d’une mêlée de presse au parlement. S’il y a un impact direct du vaccin sur la diminution de l’achalandage aux urgences, la moindre des choses de la part du gouvernement est de se lancer dans une opération comme celle-là. »

Dans le contexte actuel « un peu exceptionnel », la vaccination gratuite contre l’influenza pour tous les Québécois pourrait « possiblement aider nos hôpitaux », soutient Alain Lamarre, chercheur et professeur en immunologie et en virologie à l’Institut national de la recherche scientifique. « Mais je comprends que ça prend de l’organisation », ajoute-t-il.

Donner la possibilité aux citoyens allant se faire vacciner contre la COVID-19 de recevoir aussi une dose contre la grippe permettrait de faire « d’une pierre deux coups », souligne M. Lamarre.

« Améliorer la situation dans les urgences »

Christian Dubé est revenu sur l’implantation de mesures visant à « améliorer la situation dans les urgences » au Québec. Elles ont été proposées par la nouvelle cellule de crise, composée notamment de médecins, d’infirmières, de gestionnaires du réseau de la santé et de responsables du ministère de la Santé et des Services sociaux.

La ligne permettant d’obtenir un rendez-vous médical pédiatrique — et qui est joignable au 811 — est désormais offerte aux parents de la Montérégie, de la région de Laval et de Montréal. Les familles de Lanaudière auront accès au service dès jeudi, puis celles des Laurentides pourront en bénéficier à compter du 21 novembre.

Trois cliniques d’infirmières praticiennes spécialisées ouvriront leurs portes prochainement à Montréal. Initialement, seules deux d’entre elles devaient voir le jour.

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