Une première clinique d’infirmières praticiennes spécialisées à Montréal

La clinique d’IPS aura pour mission d’accueillir les cas non urgents redirigés par les urgences des hôpitaux.
Photo: iStock La clinique d’IPS aura pour mission d’accueillir les cas non urgents redirigés par les urgences des hôpitaux.

La première clinique d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) destinée à désengorger les urgences montréalaises ouvrira ses portes d’ici le 1er décembre. Elle sera située au CLSC Olivier-Guimond, à proximité des hôpitaux Maisonneuve-Rosemont et Santa Cabrini. Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal fera appel aux IPS de groupes de médecine familiale (GMF) pour y travailler, le temps que les postes permanents soient pourvus.

« Notre objectif, c’est d’ouvrir [la clinique] sept jours par semaine, dit le p.-d.g. adjoint du CIUSSS, Jonathan Brière, qui a accordé une entrevue au Devoir. Mais ça va vraiment dépendre de notre recrutement et de comment on va construire la clinique, aussi. »

Les quelque 40 IPS de première ligne du CIUSSS ont été sollicitées pour pratiquer au sein de la clinique sur « une base volontaire », assure-t-il. La direction de l’établissement souhaite qu’elles y travaillent en duo et fassent équipe avec une infirmière auxiliaire et un agent administratif.

« Actuellement, on a quand même des IPS qui sont prêtes à donner des quarts de travail supplémentaires, qui ont une bonne volonté à venir travailler à cette clinique-là parce que pour elles, c’est très mobilisateur [et ça leur permet de] vraiment jouer leur rôle comme infirmière praticienne en première ligne », affirme M. Brière.

Le projet pourrait aussi séduire, selon lui, des IPS « qui font parfois des heures [supplémentaires] au privé ou dans d’autres secteurs ». « Elles seraient prêtes à venir donner des heures à la clinique », indique-t-il.

L’établissement de santé se dit « confiant » concernant l’ouverture de la clinique au début de décembre, « minimalement de 8 h à 16 h » cinq jours par semaine — « peut-être jusqu’à 20 h », précise Jonathan Brière. « Est-ce qu’on va être capables d’aller à sept jours ? Je pense que ça va peut-être prendre un certain temps. Il va falloir roder un peu la clinique pour voir après ça comment on est capables d’étendre nos heures, d’aller vers le week-end, et comment on développe cette clinique. »

La clinique d’IPS, qui pourra bénéficier du service de prélèvements du CLSC Olivier-Guimond, aura pour mission d’accueillir les cas non urgents redirigés par les urgences des hôpitaux (les P-4 et les P-5, dans le jargon), ainsi que les patients orphelins aiguillés par le guichet d’accès à la première ligne ou Info-Santé 811.

L’appui du syndicat

Le Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal appuie le projet et assure mettre « le pied sur l’accélérateur » pour que les postes d’IPS de la clinique soient affichés rapidement. « C’est un projet qui emballe tout le monde, dit son président, Denis Cloutier. Pour une IPS, c’est un peu le summum de son autonomie professionnelle. »

Selon lui, cette nouvelle clinique permettra au CIUSSS d’attirer de nouvelles IPS dans ses rangs.

M. Cloutier ne s’indigne pas que le CIUSSS ait recours à des IPS de première ligne en heures supplémentaires le temps que les postes soient pourvus. « Les IPS en GMF [au CIUSSS] travaillent déjà tous à temps complet, indique-t-il. Là où on a une marge de manoeuvre, en attendant d’avoir recruté assez d’IPS sur des postes stables, c’est par le temps supplémentaire. »

La cheffe du Département régional de médecine générale de Montréal, la Dre Ariane Murray, se réjouit que des IPS de première ligne n’aient pas été réaffectées par le CIUSSS dans la nouvelle clinique au détriment des GMF. « Pour l’instant, je suis quand même rassurée de sentir et de voir qu’on va respecter le deal de ne pas sortir les IPS en première ligne, dit-elle. Ça n’aurait pas été une plus-value. » Elle croit qu’il faut « laisser la chance » à ce type de projets « d’avancer ».

Deux autres cliniques à venir

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal prévoit lui aussi ouvrir une clinique d’IPS, au CLSC de Verdun, à la fin novembre. Il compte en mettre sur pied une deuxième cet hiver, celle-là à l’hôpital Notre-Dame. L’établissement de santé n’était pas en mesure de fournir davantage d’information à ce stade-ci.

Ces cliniques d’IPS sont l’une des trois mesures annoncées il y a une dizaine de jours par le ministre de la Santé Christian Dubé qui visent à désengorger les urgences dans la grande région de Montréal.

Une cellule de crise formée par Québec et regroupant une vingtaine de membres, dont des médecins et des infirmières, tient deux réunions par semaine afin de trouver des solutions à la situation critique des urgences. Des recommandations sont faites au ministre Dubé.

Le taux d’occupation sur civière s’élevait à 129 % mercredi à 11 h dans les urgences montréalaises, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux. Il était de 201 % dans Lanaudière, de 145 % dans les Laurentides, de 141 % en Montérégie et de 124 % à Laval.

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