L’EFT, ou l’acupuncture psychologique

Carolyne Parent
Collaboration spéciale
L’EFT consiste à tapoter des points précis sur le visage, le hautdu corps et les mains, tout en se concentrant sur un événementqui nous a bouleversés, et sur l’émotion négative qui en a résulté.
iStock L’EFT consiste à tapoter des points précis sur le visage, le hautdu corps et les mains, tout en se concentrant sur un événementqui nous a bouleversés, et sur l’émotion négative qui en a résulté.

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Née il y a 30 ans, cette méthode de réduction du stress a le grand mérite d’être à la portée de tous.

« Introduction au tapping », annonçait le programme d’activités. C’était il y a quelques semaines, au Spa Eastman dans les Cantons-de-l’Est. N’écoutant que sa curiosité et mettant son scepticisme sur pause, votre dévouée a assisté à la conférence que donnait Martine Gariépy*, praticienne certifiée par l’association EFT International.

Proposées depuis environ une décennie, « par intermittence, selon la disponibilité des praticiens », m’explique-t-on au spa, les Emotional Freedom Techniques (EFT) n’ont rien de nouveau. « Ces techniques de réduction du stress par la libération des émotions datent des années 1990, note Mme Gariépy. C’est un psychologue américain qui en a développé les protocoles d’usage. »

Déçu par la psychologie traditionnelle, cet Américain, Gary Craig, s’est inspiré des travaux d’un compatriote, le Dr Roger Callahan, pour développer l’EFT. « En étudiant les méridiens d’énergie, Dr Callahan découvre par hasard que la stimulation de certains de leurs points a des effets sur les émotions ! » relèvent Agnès Bévierre et Jean-Michel Gurret dans leur livre La sérénité au bout des doigts (First Editions, 2020).

On pourrait ainsi décrire l’EFT comme étant une sorte d’acupuncture psychologique. « Sa théorie stipule que notre mal-être dans la vie provient d’un déséquilibre du flot de l’énergie à travers notre organisme, et propose d’en rétablir l’harmonie par le biais des méridiens de l’acupuncture chinoise, dont l’EFT est une version émotionnelle », écrit Sophie Merle dans EFT Psychologie énergétique (Éditions Médicis, 2008).

Pour Martine Gariépy, la méthode libère cette énergie et élimine les blocages en donnant au système nerveux le signal de se calmer. Mais tant Mme Gariépy que les auteurs cités plus haut insistent pour dire que l’EFT ne doit jamais être envisagé comme le substitut d’un traitement médical ou psychologique.

Comment fonctionne l’EFT ? Par tapotement de certains points précis sur le visage, le haut du corps et les mains, tout en se concentrant sur un événement, tout aussi précis, qui nous a bouleversés, et sur l’émotion négative qui en a résulté.

L’éventail de problèmes que ces tapotements peuvent traiter serait infini, qu’il s’agisse d’une phobie, d’une douleur physique, d’un souvenir traumatique ou d’une accoutumance dont on souhaite se débarrasser. « Gary Craig a démontré l’efficacité de sa méthode chez des vétérans du Vietnam qui souffraient de symptômes de stress post-traumatique », affirme Mme Gariépy. Elle-même, ex-fiscaliste du Cirque du Soleil, confie avoir réglé un problème d’insécurité financière grâce à l’EFT.

Un outil de mieux-être

 

Une séquence d’EFT se réalise en moins d’une minute. « Il nous faut d’abord identifier un événement spécifique et l’émotion correspondante et les dire à voix haute, dans des mots qui nous font vibrer », explique la praticienne. Un exemple de formulation ? « Même si l’événement X m’a fait ressentir l’émotion Y dans mon coeur (ou mon plexus solaire), je m’accepte totalement et profondément. » On dirait une formule magique ! « Oui, et ça marche ! »

Sophie Merle soutient que cette phrase fait cesser « la lutte intérieure un moment, le temps d’effectuer une ronde libératrice de tapping, sans interférence du subconscient ».

Avant de commencer les tapotements, on évalue d’abord le niveau de souffrance ressentie sur une échelle de 0 à 10. Ensuite, on répète la phrase trois fois, tout en tapotant rapidement le côté d’une main, puis à nouveau, une fois et de façon abrégée (cette peur, cette angoisse, cette colère, bref, le problème en question), en tapotant chacun des huit points de la séquence. Une fois la ronde terminée, on évalue à nouveau le degré de souffrance ressenti afin de prendre note des progrès réalisés. Ou pas.

En fin de ronde, il arrive qu’on se mette à rire ou à pleurer, et il arrive aussi qu’on n’ait pas fait de progrès. « Dans ce cas, c’est souvent parce que la formule manquait de précision, et c’est l’erreur numéro un, dit Mme Gariépy. On ne peut pas dire : “Même si je suis stressé…”, car une foule de raisons — les factures qui s’accumulent, un collègue avec lequel vous ne vous entendez pas, la planification des vacances — peuvent vous stresser ! Il faut alors recommencer en reformulant le tout de façon plus pointue. » En fait, on recommence tant et aussi longtemps qu’on n’a pas « traité » toutes les facettes du problème qu’on tente de régler, chacune d’elles représentant un blocage à dissoudre.

Si votre dévouée sceptique n’a pas été confondue cette fois-ci, il n’en demeure pas moins que des études sérieuses en rapportent les bienfaits et qu’on ne perd rien du tout à tâter de l’EFT !

*Martine Gariépy (solutioneft.ca) anime régulièrement des ateliers d’EFT au Spa Eastman ainsi que des retraites. La prochaine aura lieu du 26 au 29 janvier 2023.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part. 

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