Juliano, 20 ans, atteint de déficience intellectuelle

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Juliano, le fils d’Isabelle Plamondon, a une déficience intellectuelle jugée moyenne à sévère.

Deux familles qui ont confié leurs enfants en urgence aux soins de résidences d’assistance continue ont raconté au Devoir le calvaire qu’elles ont traversé. Au point de ramener leurs enfants à la maison. Portraits.

Juliano a une déficience intellectuelle jugée moyenne à sévère. Il ne parle pas et souffre de troubles graves du comportement. Au pied du mur, sa mère a décidé de le placer en hébergement. « On n’avait aucun soutien, au répit, aucune aide, du moins pas adaptée. Il était rendu violent contre nous. On n’avait aucune autre ressource, personne vers qui se tourner. C’était rendu qu’on en avait peur », lâche Isabelle Plamondon.

« On a été mis sur la liste d’attente. Cela a pris environ deux mois malgré l’urgence de la situation. La police venait chez nous deux fois par semaine », se rappelle-t-elle.

Après deux placements successifs dans des ressources de type familial, Juliano est hospitalisé en raison d’épisodes d’agressivité.

« Il ne s’en est pas pris aux personnes, mais a lancé la table de salon et une chaise dans sa ressource. La propriétaire a appelé la police. On ne pouvait pas le reprendre », se rappelle Mme Plamondon.

Une place dans une résidence en assistance continue (RAC) de Lanaudière est finalement attribuée à Juliano.

Dormir par terre

 

« Cela a été un autre épisode d’horreur ! C’était le rez-de-chaussée d’un CHSLD. Rien n’avait été fait dans les locaux. Il y avait des trous dans les murs, c’était sale, pas adapté, avec des lits d’hôpital », se rappelle Mme Plamondon, qui a documenté la situation en prenant de nombreuses photos des lieux.

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« Ils ont enlevé son lit d’hôpital parce que c’était dangereux pour quelqu’un de violent. Ils ont décidé que tout le monde dormirait par terre, sur un matelas très mince. Ça n’avait aucun sens. Ils enfermaient Juliano dans sa chambre », précise Mme Plamondon tout en pointant l’inexpérience des jeunes intervenants de la nouvelle RAC et le roulement de personnel de façon générale.

En décembre 2021, elle décide de ramener son fils à la maison.

« J’étais trop découragée. C’est sûr qu’il va falloir le placer. Il y a quelques semaines, il nous a attaqués chez Walmart. Combien de temps serons-nous capables de nous occuper de lui ? Mais qui va en vouloir ? Il va aller dans un CHSLD, surmédicamenté dans son lit ? Il est agréable, rieur. Mais quand les fils se touchent, on ne sait pas ce qu’il va faire. Mon fils a besoin de professionnels d’expérience », estime Mme Plamondon.

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