Lancement discret d’un guichet numérique d’accès aux soins de première ligne

Le GAP numérique n’offre pas directement de rendez-vous avec un médecin de famille ou un professionnel de la santé.
Photo: iStock Le GAP numérique n’offre pas directement de rendez-vous avec un médecin de famille ou un professionnel de la santé.

Le gouvernement québécois vient de lancer discrètement une version numérique du guichet d’accès à la première ligne (GAP) destiné aux gens sans médecin de famille. Ce nouveau site Web invite les patients orphelins à répondre à un questionnaire afin de les diriger vers les « services de santé pertinents ». Les soins proposés demeurent par contre pour le moment limités.

Le GAP numérique (gap.soinsvirtuels.gouv.qc.ca) n’offre pas directement de rendez-vous avec un médecin de famille ou un professionnel de la santé. La plateforme recommande plutôt au patient orphelin de contacter la ligne téléphonique du GAP lorsqu’une consultation médicale s’avère nécessaire.

Les patients doivent répondre à un court questionnaire avant de se voir dirigés vers une autre ressource : ils y indiquent leur besoin et, selon la situation, leur statut (inscrit à un médecin de famille, à un groupe de médecins de famille, au guichet d’accès à un médecin de famille ou non-inscrit).

Le site prévoit actuellement sept cas de figure : demande d’information sur un médicament ou renouvellement d’ordonnance ; formulaire à faire remplir par un médecin ; prélèvement nécessaire ; consultation pour une grossesse, de l’infertilité, une interruption de grossesse ou de la contraception ; dépistage pour une infection transmissible sexuellement et par le sang ; besoin d’un vaccin ; soutien pour des problèmes de santé mentale ; et consultation pour des symptômes grippaux, de rhume, de COVID-19 ou de gastro-entérite.

Une huitième catégorie, intitulée « Obtenir un autre service », existe, mais mène à cette réponse : « Plusieurs autres services seront ajoutés au fil du temps. »

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le GAP numérique est un « moyen complémentaire » pour trouver le « bon soin, au bon moment, par le bon professionnel ». La plateforme est « évolutive », dit-on. « Les services qui s’y retrouvent en ce moment sont issus du vécu des GAP dans les derniers mois, donc des questions qui leur sont fréquemment soulevées », précise-t-on dans un courriel.

Le MSSS dit souhaiter que « le volet numérique du GAP contribue à diminuer le temps d’attente au service téléphonique, car plusieurs personnes appelaient pour obtenir de l’information générale ».

La Dre Ariane Murray, cheffe du Département régional de médecine générale de Montréal et responsable du déploiement des GAP de la métropole, salue cette initiative gouvernementale. Elle indique que le volume d’appels « a augmenté de façon significative » au cours des dernières semaines, ce qui « met de la pression sur les équipes ». L’offre de rendez-vous médicaux est toutefois suffisante, poursuit-elle.

Gagner du temps

 

Selon la Dre Murray, cette nouvelle plateforme fera gagner du temps au patient. Le GAP numérique dirige le patient vers un pharmacien communautaire lorsqu’il souhaite obtenir un renouvellement d’ordonnance pour une première fois. « Vous allez gagner les 10 minutes [d’attente à la ligne du GAP] », affirme-t-elle.

Des gens ayant besoin d’être « soutenu » pour un problème de santé mentale s’éviteront aussi un appel. Le GAP numérique conseille à ceux qui souhaitent « obtenir immédiatement une aide urgente » de contacter, selon leur situation, Info-Social 811, le service d’urgence 911 (si une assistance immédiate est requise) ou la ligne d’aide de prévention du suicide 1 866 APPELLE (si des idées suicidaires sont présentes).

D’après le MSSS, il est désormais plus simple de joindre le GAP de sa région. Le 811 donne maintenant accès à trois services : Info-Santé (option 1), Info-Social (option 2) et le guichet d’accès à la première ligne (option 3). Des transferts téléphoniques sont d’ailleurs possibles entre les lignes, ajoute la Dre Murray.

Le GAP a éprouvé des problèmes de fonctionnement dans certaines régions ces dernières semaines. Le Devoir rapportait en août le témoignage d’une dame qui avait attendu quatre heures à la ligne téléphonique du GAP de l’Estrie sans arriver à parler à quelqu’un.

En date du 8 septembre, 80 territoires sur 92 étaient desservis par un GAP dit « fonctionnel ». Le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait promis qu’ils le seraient tous d’ici le 1er septembre ; l’échéance a depuis été remise au 1er octobre.

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